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.. Photo de groupe au bord du fleuve

Couverture du livre Photo de groupe au bord du fleuve

Auteur : Emmanuel Dongala

Date de saisie : 11/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 22.80 € / 149.56 F

ISBN : 978-2-7427-8930-6

GENCOD : 9782742789306

Sorti le : 14/04/2010

Il m'a semblé important de parler ici de cet ouvrage. L'histoire parle d'une femme, d'un groupe de casseuses de pierre au Congo ou en Afrique. Ces ouvrières entrent en résistance contre leurs clients entrepreneurs, afin qu'ils les payent enfin à des prix décents. Au fur et à mesure que leur lutte avance, leurs portraits sont dessinés ; c'est à travers ces femmes issues de tous les milieux sociaux que l'Afrique et la domination masculine sont dénoncés.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole dans cette négociation.
L'enjeu de ce qui devient rapidement une lutte n'est pas seulement l'argent et sa faculté de transformer les rêves en projets - recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille... Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l'oppression au travail et dans la famille, les "casseuses de cailloux" découvrent la force collective et retrouvent l'espoir. Cette journée ne sera pas comme les autres, c'est sûr, et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde.
Par sa description décapante des rapports de pouvoir dans une Afrique contemporaine dénuée de tout exotisme, Photo de groupe au bord du fleuve s'inscrit dans la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus.

Né en 1941 d'un père congolais et d'une mère centrafricaine, Emmanuel Dongala a quitté le Congo au moment de la guerre civile de 1997. Il vit actuellement aux États-Unis, où il enseigne la chimie et la littérature africaine francophone à Bard College at Simon's Rock.
Son oeuvre est traduite dans une douzaine de langues et son roman Johnny chien méchant (Le Serpent à plumes, 2002) a été adapté au cinéma par Jean-Stéphane Sauvaire sous le titre Johnny Mad Dog.



  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 24 juin 2010

A près de 70 ans, Dongala enseigne la chimie et la littérature dans les universités américaines. Grâce au soutien de Philip Roth, il a fui le Congo et la guerre civile en 1997. On peut donc penser qu'il sait de quoi il parle quand, dans ce roman en forme de chorale gospel, il laisse quelques pages à chacune pour évoquer un calvaire personnel composé de maris infidèles, de déclassement social et de viols. Ce devrait être sinistre, c'est aussi souvent burlesque, et toujours tendu comme un livre à suspense.


  • La revue de presse Dominique Quinio - La Croix du 26 mai 2010

Tous les malheurs des femmes et toute leur fabuleuse énergie. Le roman de l'écrivain congolais Emmanuel Dongala est un hommage inconditionnel aux femmes d'Afrique. Le livre raconte un épisode de la vie de l'une d'entre elles, Merenéa - dans un pays d'Afrique dont on ne dit pas le nom -, à qui il s'adresse avec tendresse à la deuxième personne du singulier. Pas de fioritures, pas d'effets de style, mais des faits, des histoires personnelles et une aventure collective. Elles sont rudes, ces destinées de jeunes filles, de mères, de veuves.....
Emmanuel Dongala dresse avec humour une série de portraits sensibles et admiratifs. Les hommes, sauf un, n'ont pas le beau rôle. Aucune de ces femmes n'est insignifiante. Certaines sont allées à l'école, d'autres pas ; certaines parlent le français, d'autres seulement la langue du pays ; les unes sont jeunes et coquettes, les autres plus âgées. Elles sont amoureuses ou l'ont été, ont été violentées, ont subi les injustices familiales. Toutes croulent sous les tâches quotidiennes qui n'incombent qu'aux filles.


  • La revue de presse François Busnel - Lire, avril 2010

Avec ce superbe roman, Emmanuel Dongala porte un coup terrible au pouvoir des hommes en Afrique. Il dénonce les violences sexuelles, l'hypocrisie religieuse, la tyrannie du mariage, l'oppression domestique. Parfois, ce roman ressemble à un Germinal africain. Il y a du Zola chez Dongala, l'un des meilleurs romanciers de langue française, né au Congo d'une mère centrafricaine, que la France a refusé d'accueillir lorsqu'il en fit la demande (tandis que la guerre civile ravageait son pays) et qui enseigne aujourd'hui... aux Etats-Unis.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 28 avril 2010

Au plus près des femmes, dont il dénonce l'exploitation au travail comme à la maison, Emmanuel Dongala manie à merveille l'humour, cette politesse des désabusés. Agité de mouvements d'épaules et de regards complices, même au plus noir de l'adversité, son livre est un bel hymne à la solidarité.


  • Les courts extraits de livres : 28/07/2010

Tu te réveilles le matin et tu sais d'avance que c'est un jour déjà levé qui se lève. Que cette journée qui commence sera la soeur jumelle de celle d'hier, d'avant-hier et d'avant-avant-hier. Tu veux traîner un peu plus au lit, voler quelques minutes supplémentaires à ce jour qui pointe afin de reposer un brin plus longtemps ton corps courbatu, particulièrement ce bras gauche encore endolori par les vibrations du lourd marteau avec lequel tu cognes quotidiennement la pierre dure. Mais il faut te lever, Dieu n'a pas fait cette nuit plus longue pour toi.

Tes trois enfants dorment encore, deux garçons et une fille. Les deux garçons partagent un matelas étalé sur un contreplaqué à même le sol, dans la pièce qui sert de salon. La fille dort avec toi. Tu l'as recueillie, il y a un peu plus d'un an, après le décès de sa mère, ta sceur cadette. Morte du sida. Injuste mort. C'est à peine si elle y avait cru, lorsqu'elle s'était aperçue que tous les symptômes de sa maladie pointaient vers le sida : le zona, l'amaigrissement, le début des diarrhées et la toux tuberculeuse.
Lorsqu'elle avait reçu les résultats des tests et qu'elle t'avait dit qu'ils indiquaient de façon irréfutable qu'elle était malade du sida, une soudaine peur panique t'avait saisie avant de se transformer en une virulente colère envers son mari, et pour cause !
Tamara ta soeur n'avait jamais eu de transfusion sanguine, et les rares fois que ses crises de paludisme ne passaient pas avec des comprimés de chloroquine et qu'il lui fallait des injections à base d'artémisinine ou de quinine, elle avait toujours utilisé des seringues à usage unique.


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