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.. Le temps suspendu

Couverture du livre Le temps suspendu

Auteur : Valeria Parrella

Traducteur : Dominique Vittoz

Date de saisie : 30/07/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 16.50 € / 108.23 F

ISBN : 978-2-02-098500-0

GENCOD : 9782020985000

Sorti le : 01/04/2010

Le temps suspendu, c'est celui que passe Maria devant la vitre de la couveuse où est sa petite fille, grande prématurée. Suspendu comme l'existence de ce bébé dont on ne sait pas, selon la belle formule de l'auteur, si elle va naître à la vie ou naître à la mort.
Ce temps est celui où Maria dévide le fil de sa vie. Elle a 42 ans, le père de l'enfant brille par sa lâcheté, et ce qui l'a tenue hors de l'eau jusque là ce sont les adultes défavorisés à qui elle donne des cours du soir un camionneur, des ménagères qui sont à l'âge, comme dit Brel, «où l'on regrette d'avoir manqué l'école».
Tout cela est terriblement humain, et que ça se passe à Naples, dans ce Sud italien déshérité et gangrené, ne compte pas pour rien dans la leçon de vie qu'insuffle ce beau livre si fort ancré dans le monde qui est le nôtre.


  • Les présentations des éditeurs : 04/06/2010

Attendre n'est pas mon fort. Attendre sans savoir a été la plus grande incapacité de ma vie», déclare l'héroïne de ce roman. Et pourtant. Enseignante en formation continue, Maria se dépense sans compter pour ses classes de camionneurs et de femmes de ménage en quête d'une seconde chance. Enceinte à quarante-deux ans, elle accouche d'une grande prématurée. Commence alors la traversée d'un temps suspendu : pendant deux mois, derrière le hublot de la couveuse, Maria observe Irène sans comprendre si son bébé est en train de mourir ou de naître. Autour d'elles, un monde insolite, les banquettes de la salle d'attente et le langage crypté des machines de réanimation, les infirmières, les autres mères; et un médecin plus humain ou juste plus jeune. Un peu plus loin, le centre d'enseignement pour adultes, où immigrés et autres laissés-pour-compte du système scolaire essaient tant bien que mal de jouer les bons élèves. Enfin, en toile de fond, Naples, impitoyable mais captivante, est pour Maria tantôt la meilleure des compagnies, tantôt le pire obstacle. Dans un style rapide et allusif, Valeria Parrella invente une voix pour l'espoir et la hargne d'une femme devenue mère en sursis.

Valeria Parrella, née à Naples en 1974, est une des plumes les plus novatrices de la littérature italienne. Ses nouvelles et son roman sont traduits dans de nombreux pays. Francesca Comencini a tiré du Temps suspendu un film très bien accueilli à la Mostra de Venise 2009.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 5 mai 2010

Comme dans ses nouvelles rassemblées dans Le Ventre de Naples (éd. du Seuil, 2009), Valeria Parrella oscille entre gravité et légèreté...
Par touches subtiles, elle fait entrer la société italienne dans ce roman intimiste, porté par une écriture allusive, ironique et rigoureuse.


  • Les courts extraits de livres : 04/06/2010

Extrait du prologue

J'ai essayé. Tous les jours en attendant le métro pour l'hôpital, j'ai essayé de lire de la philo. Les premiers temps, ça marchait, parce que je ne pouvais compter que sur ma tête. Et question lecture, c'était une tête bien rodée.
Dans les après-midi interminables de mes années de collège, les devoirs finis et la soirée encore loin, ma chambre se dilatait : le silence du temps arrêté résorbait tous les bruits montant des usines de conserves qui nous asphyxiaient, tous les reproches que mes parents se renvoyaient d'un bout du couloir à l'autre. Je lisais.
Ma tête s'était rodée ainsi, ne se fiant qu'à elle-même. Alors, chaque fois qu'elle se sentait trahie par la réalité, elle se ralliait à cette équivoque : se suffire à elle-même.
Mais cette fois, impossible de lire. Chaque mot bien écrit était une faille, je trébuchais sur les lignes des romans, j'étais dans tous mes états. J'ai cherché refuge ailleurs, dans des pages qui ne laissent pas affleurer la douleur, je lisais de la philo. J'avais choisi une question aussi précise qu'un problème de maths et aussi sanglante qu'une révolution. C'était la laïcité, mais j'aurais pu en prendre une autre. J'étais entrée dans une librairie de la vieille ville où je n'avais pas mes habitudes, où personne ne me demanderait comment j'allais, et j'avais acheté cet ouvrage.


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