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.. Pleure, ô reine de Saba

Couverture du livre Pleure, ô reine de Saba

Auteur : Khadija al- Salami

Traducteur : Céline Schwaller

Date de saisie : 21/05/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France | Leméac, Montréal, Canada

Collection : Babel, n° 1013

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 9782742791361

GENCOD : 9782742791361

Sorti le : 09/05/2010

  • Les présentations des éditeurs : 21/05/2010

PLEURE, Ô REINE DE SABA !
Histoires de survie et d'intrigues au Yémen

Femme au caractère bien trempé, Khadija al-Salami a été formée à la rude école des décapitations publiques et des roquettes qui fauchent des innocents. Dans une société maîtrisée par les hommes, elle a su se faire une place et être respectée au point de représenter aujourd'hui son pays à l'étranger.
C'est sa vie qu'elle retrace ici : une enfance pauvre à San'â, des études suivies avec acharnement, des bourses pour l'étranger, un travail à la télévision yéménite... Qu'elle évoque des moments burlesques dans les villages de montagne ou des dettes de sang réglées en territoire bédouin, le mariage forcé des petites filles ou la condamnation à mort d'une femme violée, la position du Yémen dans le conflit irakien ou la révolution des années 1960, l'auteur nous fait découvrir un pays méconnu, dans toute sa complexité.
A la fois récit historique, document autobiographique, roman d'aventures, Pleure, ô reine de Saba ! est aussi un hommage vibrant à un territoire magnifique : les maisons superbes de San'â, les villages perchés, la plaine étouffante de la Tihâma, et le désert des environs de Ma'rib, là où vivait la reine de Saba.

Née en 1966, Khadija al-Salami vit à Paris, où elle est directrice du Centre communication et culture du Yémen. Réalisatrice de documentaires, elle a reçu plusieurs prix internationaux pour son film Une étrangère dans sa ville (2005). Pleure, ô reine de Saba !, son premier livre, a été écrit en collaboration avec son mari, Charles Hoots.


  • Les courts extraits de livres : 21/05/2010

ENCENS ET INSURRECTION

Mon Yémen natal, l'ancien royaume de Saba, évoque des images mystérieuses et exotiques à la fois en Occident et en Orient. Les Européens et les Américains le connaissent à travers l'histoire de la reine de Saba telle qu'elle est racontée dans la Bible, tandis que les Arabes, du Nord-Ouest de l'Afrique au golfe Persique, voient dans le Yémen l'origine d'une grande partie de la population arabe du monde actuel.

L'âge d'or du Yémen culmina il y a environ deux mille ans, grâce aux exportations massives d'oliban, de myrrhe et d'encens de toutes sortes. La résine, récoltée sur des arbres et des plantes aromatiques d'une façon assez semblable à celle dont on récolte la sève des pins, dégage un parfum fort et agréable lorsqu'on la fait brûler. Dans l'Antiquité, ces plantes poussaient en Arabie du Sud et à la pointe de l'Afrique, située à quelque cinq cents kilomètres de l'autre côté de la mer Rouge, ainsi que sur quelques îles isolées entre les deux.

L'étincelle qui déclencha ce commerce semble avoir jailli il y a environ six mille ans, quand l'Egypte pharaonique se mit à utiliser l'huile de myrrhe pour embaumer ses morts. On l'acheminait à dos d'âne dans le Nord jusqu'en Égypte, en Méditerranée et en Mésopotamie (l'Irak), et son transport était long et fastidieux. Mais une révolution survint entre 1500 et 1000 avant Jésus-Christ avec la domestication du chameau. Ces animaux étaient capables de transporter des charges plus lourdes et d'emprunter des itinéraires plus directs en traversant des étendues désertiques arides. Ce nouveau mode de transport, ainsi que la demande croissante de la Grèce et plus tard de l'Empire romain, dont les religions païennes considéraient que brûler de l'encens était indispensable pour s'attirer les bonnes grâces des dieux, donna une nouvelle impulsion à ce commerce.


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