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Auteur : Israël Adam Shamir
Date de saisie : 25/05/2010
Genre : Guides Tourisme, Voyages
Editeur : Oser dire, Esch-sur-Alzette, Luxembourg
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782919937134
GENCOD : 9782919937134
Sorti le : 05/05/2010
Le Pin et l'Olivier est un livre que l'on utilise comme un Road Book; c'est un guide complet pour qui visite Jérusalem et la Terre sainte, guide qui fut d'abord rédigé en russe, pour les Russes. Du succès rencontré découlèrent des éditions en anglais et maintenant en français. Outre son activité d'écrivain, Shamir accompagne des touristes et des pèlerins en Israël/Palestine. Il nous fait partager ainsi son expérience de tous les accidents du terrain, connaît toutes les cicatrices de ces lieux et répond avec sagesse et honnêteté aux questions les plus difficiles des voyageurs curieux. Ainsi la méditation poétique sur les paysages s'accompagne d'un retour historique sur les différentes étapes qu'a vécu la Terre sainte, depuis l'origine de l'humanité. La critique intransigeante de l'actualité brûlante va de pair avec des approfondissements théologiques comparatifs entre les trois religions du Livre. En outre, sur le ton de la confession voilée, Shamir, le «Khalil Gibran de notre temps», le prophète, polémiste, journaliste et érudit, laisse entrevoir le cheminement personnel qui l'a fait passer d'une identité russe soviétique au sionisme romantique puis à la construction acharnée des bases conceptuelles du seul projet qu'il entend comme déterminant pour une paix demain : un seul État pour tous, en Palestine-Israël.
«Shamir n'écrit pas pour se mettre en valeur, mais pour nous soutenir dans nos élans les plus purs, et même quand nous ne sommes pas d'accord avec lui, nous nous sentons poussés par lui vers de nouvelles idées, meilleures que celles dont nous partions.»
Michael Neumann.
«C'est en tombant par hasard sur les écrits prophétiques et éloquents du dissident juif Israël Shamir que j'ai compris ce qui se passe en Palestine dans toute sa profondeur historique, et pourquoi, comme le dit John Pilger, la Palestine est le véritable enjeu majeur pour le monde.»
Owen Owens.
Israël Adam Shamir se décrit dans sa propre biographie comme intellectuel russo-israélien, écrivain, traducteur et journaliste, né à Novossibirsk, en Sibérie et petit-fils d'un professeur de mathématiques et le descendant d'un rabbin de Tibériade, en Israël. Après l'armée, il aurait repris des études de droit à l'Université Hébraïque de Jérusalem, mais aurait laissé la carrière juridique pour se consacrer au journalisme et à la littérature.
Le Pays des Collines
La source des montagnes
«L'été, notre pays se dessèche et c'est seulement dans les vallées profondes, lovées entre les montagnes, que continuent à sourdre les sources. En automne, les paysans battent les oliviers et font les vendanges. L'hiver, le désert reverdit et les Bédouins emmènent leurs troupeaux vers l'Orient. Au printemps fleurit l'amandier, et on dirait que les collines se couvrent de neige. Les rues de nos villes sont étroites, les maisons sont en pierre et les châteaux des chevaliers dominent les sommets.»
Je jette la plume, désespéré. Qui pourrait comprendre les charmes obscurs, insaisissables, secrets, de la Terre sainte que je m'apprête à décrire ? Car ce ne sont pas les sanctuaires célèbres et bien connus, où se pressent des millions de pèlerins, que je vais évoquer, mais le pays réel, pas très bien tenu, que l'on découvre dès qu'on quitte les routes principales. Qui pourrait comprendre ce que j'éprouve pour lui, la communion de mon âme avec lui, mon attachement amoureux, ma fascination pour ses oliviers, ses figuiers, ses sources, ses terrasses, ses habitants autochtones, tout cela mêlé d'un sentiment d'exotisme radical, de dépaysement, de présence temporaire ? Peut-on même l'exprimer en russe ? C'est seulement depuis peu, grâce aux efforts de Chinghiz Aïtmatov que le russe est devenu une langue universelle, capable de décrire les sentiments ordinaires des habitants de lieux extraordinaires. Je ne crois pas non plus à la communauté d'expérience quotidienne entre mon lecteur et moi, pourtant si nécessaire depuis qu'on a cessé d'écrire des livres en langues mortes et immortelles, universelles et cosmopolites; il y a trop longtemps que je vis dans ce pays où l'on mange le lotus avec du homos. Mais je ne peux pas non plus adopter une autre langue car ce serait renier une partie de mon être, celle qui est née à l'étranger et fait de moi un membre de la communauté russe de Palestine.
Car comme toi, lecteur, je suis né dans ce froid pays du seigle, de la pomme de terre et du lait, et je suis étranger au pays des olives, du raisin et des figues. Puis j'ai été un jeune parachutiste courant dans la vallée de Mardj-Sannour, balayée par les vents et couverte, à l'aube, d'un brouillard blanc semblable à la ouate blanche qui décore les maisons au Nouvel An : c'est là, derrière les barbelés d'un camp militaire, que j'ai vu un paysan labourer la terre, à la charrue.
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