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Auteur : Ignacio Martinez de Pison
Traducteur : Gabriel Iaculli
Date de saisie : 31/05/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Serpent à Plumes, Monaco, France
Collection : Fiction. Domaine étranger
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 9782268069555
GENCOD : 9782268069555
Sorti le : 03/06/2010
1937. Raffaele l'Italien s'exile en Espagne. La guerre civile fera de lui un fasciste décoré. Et Isabelita l'Espagnole fera renaître en lui l'amour.
Deux générations, deux épouses et deux familles plus tard, Raffaele vit en vieillard solitaire. Qu'a-t-il fait pour être aussi détesté par ses propres enfants ? Quels sont les désaccords et les disputes qui ont chamboulé la vie paisible de ses trois fils ? Et quel est ce secret qu'il porte tel un lourd fardeau ?
Année par année, photo par photo, voici le portrait d'une famille singulière, qui se dispute, qui se déchire et, parfois, se réconcilie. Un roman tendre et divertissant, rempli de ces petits moments mémorables et émouvants qui composent l'histoire d'une famille, l'histoire de l'Espagne du XXe siècle.
Ignacio Martinez de Pisón, né en Saragosse en 1960, est écrivain et scénariste. Il a publié une dizaine de romans et des recueils de nouvelles. Chemin de traverse (Gallimard) a été adapté au cinéma par Manuel Poirier. Il est traduit au Brésil, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie et au Portugal.
Parmi les photos de son enfance que Juan Cameroni avait conservées, il y en avait une sur laquelle on le voyait en compagnie de son grand-père Raffaele et où tous deux, souriants, avec leurs chemises noires, faisaient le salut fasciste. Quel âge avait-il, à cette époque-là ? Quatre ans ? Dans ce cas, la photo datait de 1972. Et, s'il avait cinq ans, de 19 73. Une chose ne faisait aucun doute : elle avait été prise un 2 novembre, parce que c'était le seul jour de l'année où le grand-père et son petit-fils mettaient leur uniforme fasciste pour se rendre à la cérémonie en l'honneur des Italiens morts pendant la guerre civile.
A ce moment-là, Juan devait être le seul enfant fasciste espagnol, et l'on avait gardé dans l'armoire du couloir ses uniformes successifs de balilla jusqu'à la mort de son grand-père. L'uniforme de la photo prise en 1972 ou 1973 avait été le plus complet et le plus tape-à-l'oeil de tous, parce que c'était son premier, peut-être : bonnet d'inspiration africaine avec pompon, chemise de soie noire sur laquelle se croisaient deux larges bandes blanches, ceinturon tout aussi large et tout aussi blanc, pantalon puce, chaussettes jusqu'aux genoux. Les uniformes suivants, sur les autres photos, suggéraient une évolution progressive vers l'austérité. La chemise noire n'était plus en soie, les bandes avaient été remplacées par un foulard noué autour du cou, la ceinture voyante devenait chaque fois plus étroite et plus discrète, et le bonnet, qui avait vite perdu son pompon, s'aplatissait, perdait du volume et finissait par se changer en un simple calot. Les seuls ajouts un peu originaux avaient été, une année, un coutelas non affûté qu'il avait porté glissé sous la ceinture et des gants noirs qui montaient jusqu'aux coudes et qu'il n'avait mis qu'une fois (qui aurait l'idée de mettre des gants au début du mois de novembre ?).
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