Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Dans un village de la Nièvre des années 1900, un jeune Parisien en villégiature, Frédéric Loiseau, fait la connaissance de Charles Loridaine, le fils du grainetier.
Loridaine, qui n'a jamais beaucoup lu, croit avoir des dispositions littéraires, au grand amusement de Frédéric. La surprise de ce dernier est donc totale, lorsqu'un soir il entend le provincial donner lecture d'un poème de son cru, dont la force le stupéfie. Sa perplexité s'accroît quand il découvre que ce poème est en fait de Victor Hugo, ce que Loridaine paraît, de bonne foi, ignorer. Mais la confusion atteindra son comble les jours suivants, à mesure que Frédéric découvrira l'étendue des chefs-d'oeuvre que le fils du grainetier, dans un état de complète innocence, semble produire comme il respire : un Hamlet, une Madame Bovary, d'autres encore.
L'explication du prodige sera à la hauteur d'un roman qui séduit de bout en bout par l'ingéniosité de son récit, la subtilité de ses rebondissements, son style savoureux.
Cependant, la redécouverte, en 2010, d'Un coco de génie pose elle-même une énigme.
Comment l'obscur Louis Dumur a-t-il pu anticiper - avec quarante ans d'avance ! - la vertigineuse réflexion sur le génie littéraire menée par Jorge Luis Borges dans son célèbre Pierre Ménard, auteur du " Quichotte " (1939) ? Borges lecteur de Dumur ? Ou Dumur plagiaire " par anticipation " de Borges ?
La revue de presse Frédérique Roussel - Libération du 27 mai 2010
Des romans resurgissent parfois des oubliettes de la littérature. S'ils ont disparu, ce n'était pas toujours pour leur inanité. Un Coco de génie, par exemple. Paru en 1902, ce roman de Louis Dumur était épuisé depuis belle lurette. Son histoire parle pourtant de littérature, ou plutôt d'un étrange littérateur. Un auteur malheureux, peut-être à l'image de son créateur, Louis Dumur, dont ce Coco-là reste le meilleur livre...
Si son Frédéric est méprisant, il est aussi philosophe. Car la certitude du talent ne se bouscule pas à la hâte, sans dégâts. Le style date un peu, mais la petite leçon fonctionne encore. Le génie et l'inspiration ne supposent-t-ils pas une forme de somnambulisme ? Se demande Louis Dumur.