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Auteur : Julien Pichené
Date de saisie : 02/06/2010
Genre : Sports
Editeur : Publibook.com, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 9782748353501
GENCOD : 9782748353501
Sorti le : 20/05/2010
Et si le tennis était un art ?
Il est des tournois qui suscitent, comme toute oeuvre d'art, d'intenses émotions. Sur le court, dans les gradins ou derrière son écran, on s'exaspère, on polémique, on espère. Dès lors, pourquoi ne pas voir du Faulkner dans le Lendl/McEnroe de Roland-Garros 1984, du Jean-Pierre Léaud chez Henri Leconte, du Alberto Sordi chez llie Nastase, ou de l'art antique dans le service de John McEnroe ?
Entre coups de gueule, bruits de couloir et balles perdues, ces Carnets de balles vous invitent à revisiter quarante ans de tennis. Chroniques de duels, anecdotes sur le sport qui lave plus blanc que blanc et ses figures légendaires, void une véritable bible qui dévoile enfin les multiples visages de la petite balle jaune.
S'adressant aussi bien aux passionnés qu'aux néophytes, cet ouvrage rythmé, truffé d'humour et de clins d'oeil cinéphiles est avant tout une déclaration d'amour au tennis, un hommage rendu à ces champions qui nous ont fait hurler de rage ou sauter de joie.
Après quelque mille heures de travail acharné, Julien Pichené nous régale d'un service gagnant et remporte le match en signant une oeuvre colossale, incontournable et indispensable.
Julien Pichené : 31 ans, joueur modeste et journaliste, Julien Pichené couvre notamment Roland-Garros pour Nostalgie. Accro depuis son plus jeune âge, possédé, irrécupérable et incollable, il décide avant l'arrivée d'Internet d'entretenir un cahier par joueur puis se constitue une imposante collection de vieux matches en DVD. Ses préférences ? Les attaquants, les gauchers et les forts en gueule.
Extrait de l'avant-propos
Mercredi 25 mai 1994. C'est bientôt l'heure de dîner. J'ai 15 ans. France 2. Roland-Garros. Un match entre Muster et Agassi. Michel Drhey et Jean-Paul Loth aux commentaires. Le son est à fond et les fameux râles de Thomas Muster résonnent dans tout l'appartement. Debout devant la petite télévision familiale, je reproduis les cris que pousse l'Autrichien à chaque frappe de balle en même temps que lui. Et comme mon idole, je fais bien attention à produire un son plus grave et plus sourd côté revers... Le match est sublime et le fait de voir tous les gosses assis dans les tribunes supporter André Agassi me rend encore plus fiévreux. Pendant une, deux, trois heures, j'éructe à chaque coup droit pénétrant de Muster et je beugle à chaque revers gagnant d'Agassi. La table basse a été balancée dans un coin du salon, des fois que je passe par là pour faire un passing de revers. Mais j'ai oublié de planquer le fauteuil en osier ! Et c'est lui qui a tout pris lorsque j'ai couru avec Thomas pour intercepter un passing de revers plutôt bien touché d'Agassi. Une étagère a tremblé et un bibelot ou deux sont tombés, mais je n'y prête aucune attention. Des gouttes de sueur coulent jusque dans ma bouche lorsque je me relève de ma chute. Que s'est-il passé ? Muster a de nouveau une balle de 6 jeux à 5 dans la 5e manche sur le service d'Agassi. À genoux, je serre le poing comme n'aurait même pas osé faire Connors, et hurle comme n'aurait même pas osé faire Klaus Kinski. C'est à ce moment précis, alors que je sentais que plus rien ne pouvait arriver à Muster, que ma mère, effrayée par le bruit, est intervenue. Elle évoqua tour à tour l'éventualité d'éteindre la télévision, d'appeler les pompiers, de m'administrer des calmants, ou d'acheter une camisole. C'est finalement l'option qui consistait à terminer de regarder le match en silence qui fut retenue. Je parvins à le faire mais pour elle, les choses étaient claires : j'étais passé dans le camp «des cinglés du tennis». Impression confortée lorsque pendant l'été, je m'enfermais chaque matin dans une chambre avec une pile de vieux magazines de tennis et une foultitude de «vieux résultats» que j'avais chopés avant les vacances à la bibliothèque municipale, dans les archives du Figaro, de Libération ou de L'Est Républicain. Objectif : répertorier tous les résultats de tous les joueurs et les recopier dans des cahiers d'écolier, un par artiste.
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