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Auteur : Linda Lê
Date de saisie : 03/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Litterature Francaise Bourgois
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 9782267017588
GENCOD : 9782267017588
Sorti le : 04/03/2005
Hugo, Amiel, Steiner, Sa-Carneiro, Andreïev, Hermann Broch... Ce sont les quelques compagnons qu'évoque ici Linda Lê. Ce livre est un essai sur la lecture. Lectures d'enfance, lectures de l'âge adulte. Comment un écrivain qui a adopté une autre langue conçoit-il son rapport à la littérature oe
Comment une lectrice qui a forgé son destin en lisant rend-elle hommage aux maîtres et à quelques esprits plus méconnus ? Cet essai est avant tout une invitation à la lecture, cette activité illicite où le moi le plus secret trouve dans le miroir de l'imprimé son double.
Le prix Wepler, décerné l'an dernier à Cronos, a sans doute contribué à mieux faire connaître Linda Lê, l'un de nos plus grands écrivains vivants, que sa discrétion a conduite à bâtir une ½uvre monumentale loin des médias. Originaire de Dalat, au Vietnam, Linda Lê éprouve depuis toujours un amour infini pour la langue française et la littérature. Dès Les Évangiles du crime (1992), l'originalité de son style se déploie pour associer une sorte de lucidité immédiate, une vérité rigoureuse et une élégance verbale qui n'appartiennent qu'à elle. Dans chaque roman de Linda Lê se met en scène un combat, personnel ou imaginaire (Les Trois Parques, Les Aubes, Lettre morte), où la sérénité de l'écriture contraste avec la brutalité de la situation. La puissance de son analyse la campe résolument dans le monde contemporain alors que ses intrigues, ses personnages et sa mythologie héritent clairement de sa passion pour la littérature de l'âge classique. Animée d'une liberté intransigeante, Linda Lê aura peu à peu tissé son univers où les thèmes de l'amour et de la mort (In Memoriam) et de la prise de pouvoir (Cronos) se retrouvent ainsi, culminants, dans À l'enfant que je n'aurai pas. Abondamment traduite en anglais, en néerlandais et en portugais, son ½uvre a été publiée quasi intégralement par les Éditions Christian Bourgois, dont elle est sans nul doute la figure de proue de la littérature française contemporaine.
De Cioran, elle nous dit que c'était l'homme le plus accueillant qui fût. Sauf qu'il n'accueillait pas n'importe qui, et en cette Linda il avait reconnu quelqu'un dans son genre, qui par exemple savait mieux écrire le français que «l'indigène», une métèque digne de l'Académie française. La petite Vietnamienne privée de jouets avait établi avec les livres un rapport qui ressemble à celui de l'enfant des «Mots», le nommé Jean-Paul Sartre. Mais vint la révolution culturelle à la mode de l'oncle Hô : il fallut rendre tous ces livres, produits de la culture occidentale décadente... Mais elle est incorrigible, Linda Lê, elle a gardé sa foi dans les livres, elle laisse même entendre que les livres l'ont sauvée. Elle rend aujourd'hui un splendide hommage à la littérature, puisse-t-il ne pas toucher que les vieux rats de bibliothèque de mon acabit. Elle n'est jamais lasse de quérir le sens, quitte à être déçue... Notre liseuse qui nous initie si bien à tant d'auteurs est aussi l'écrivaine venue de loin qui sait ce qu'Occident veut dire : que les dieux y trouvent la mort, et qu'aussi bien casser les dragons est inutile. Mais à notre tour lisons-la, même si elle se compare implicitement au rossignol qui ne se soucie pas d'être entendu...
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