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Dans l'actuel climat de détresse spirituelle, parmi les ruines des idéologies dont celles de la psychanalyse, un astre poursuit sa montée silencieuse et sûre : celui de Carl-Gustav Jung, le père de la psychologie des profondeurs. Le présent volume vise à faire mieux connaître la figure de celui en qui Hermann Hesse voyait «une montagne immense, un extraordinaire génie» et à fournir aux lecteurs une introduction à son oeuvre qui soit à la fois claire, centrale et sans concession aux modes passagères de pensée et de langage. Pour le réaliser, Etienne Perrot et Francine Saint René Taillandier se sont assuré le concours de spécialistes internationaux hautement qualifiés, dont certains, comme Marie-Louise von Franz, Aniela Jaffé et Gerhard Adler, sont déjà bien connus du public francophone.
Trois évocations de la personnalité de Jung encadrent un récit de la lutte courageuse de ce dernier contre le nazisme. La voie junguienne est ensuite examinée sous des formes variées, mais toujours reliées à ce qui en est le centre et le but : le Soi, réalité transpersonnelle au coeur de l'homme. Sont étudiés successivement le processus d'individuation, l'imagination active, la synchronicité (unus mundus), le lien avec l'alchimie etc... Etienne Perrot et son épouse Francine Saint René Taillandier (qui collaborent également à l'ouvrage) se sont voués à la diffusion de l'enseignement dispensé par le maître de Küsnacht et ils ont fondé à cette fin les éditions de La Fontaine de Pierre. Le livre qu'ils font paraître aujourd'hui - le neuvième - est destiné à occuper une place de choix dans le nouveau «printemps junguien».
Les courts extraits de livres : 05/07/2006
La psychologie des profondeurs a pour premier objet le destin de l'individu. La vision qu'elle nous fournit de la vie individuelle est limitée à une période si brève de l'histoire qu'elle ne peut guère nous fournir de prévision sur l'évolution de l'humanité dans son ensemble, évolution dont nous savons que, si elle existe, elle doit s'étendre sur des millénaires. Si nous nous penchons sur les expériences vitales qui ont l'individu pour théâtre, il ne fait aucun doute qu'on y assiste à une évolution. C.G. Jung a donné à celle-ci le nom de processus d'individuation. Ce processus a d'une part l'aspect d'un courant vital inconscient ; c'est le passage au stade d'adulte, l'arrivée à la maturité et l'acheminement vers la mort. Il ne diffère pas alors de celui par lequel le gland devient chêne, la génisse se change en vache et l'enfant en vieillard. Mais d'autre part - et c'est là l'individuation au sens strict -, c'est un passage à la conscience qui, élargissant constamment son cercle, conduit à la réalisation consciente et à l'actualisation d'une totalité originelle. En tant que totalité virtuelle, celle-ci fait son apparition dès la petite enfance dans les rêves et les phantasmes sous forme de symboles qui se manifestent à nouveau au cours des périodes de transformation, telles que la puberté, le milieu de la vie ou encore les phases critiques de l'existence.