Du mal d'un écrivain peut surgir l'histoire la plus sublime, de la souffrance d'un de ses protagonistes le personnage le plus singulier. Certains livres sont ainsi les géniaux effets collatéraux de douleurs inavouables, démangeaisons secrètes, virus pervers et autres pathologies. Diego Vecchio, jeune et brillant auteur argentin en parfaite santé, l'a bien compris et a entrepris, dans cette anthologie imaginaire de corps aux prises avec l'ennemi intérieur, de nous exposer neuf cas cliniques, sorte de vade-mecum de maladies produites par la littérature. Fantastique et réalisme s'y conjuguent pour nous offrir un vertigineux et hilarant voyage, remède souverain contre l'ennui. A lire sans ordonnance et sans retard.
Diego Vecchio est né à Buenos Aires en 1969 et réside à Paris depuis 1992.
Après des études à l'Université de Buenos Aires, il soutient en 2001 une thèse de doctorat sur l'oeuvre de Macedonio Fernàndez à l'Université Paris VIII. Il est l'auteur de Historia Calamitatum (roman, 2000) et d'Egocidios : Macedonio Fernàndez y la liquidation del yo (essai, 2003). Son recueil de nouvelles Microbios est paru en 2006 dans la collection "Ficciones" chez Beatriz Viterbo Editora. Il prépare actuellement un nouvel ouvrage intitulé Osos (Ours).
La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 17 juin 2010
Dans l'histoire compliquée des liens entre science et littérature, Microbes, de l'Argentin Diego Vecchio né en 1969, est un événement. On connaît les écrivains médecins (Tchékhov, Céline). Mais la question est ici : comment guérir par la littérature ? Pas psychiquement mais bien organiquement. Avec une érudition humoristique et une imagination aussi fantaisiste que rigoureuse, les neuf nouvelles du recueil présentent des cas rares. Chacune découvre une maladie dans une région du monde différente pour mieux arriver à une ironie universelle qui ne laisserait aucune littérature debout (ni la scandinave, ni la russe, ni la nord-américaine, ni la japonaise, ni l'argentine...)...
L'inventive drôlerie de Microbes tient du tour de force. Il s'agit d'une reconstruction du monde effectuée juste à travers la médecine et la littérature et d'où tout le reste découle. La première phrase de «L'homme au tabac» raconte que la Southern Tobacco Company a été condamnée à payer deux millions de dollars à Joshua Lynn. La deuxième phrase est : «Cette sentence crée un précédent sans pareil dans l'histoire pénale de la littérature, faisant naître l'espoir de milliers d'écrivains fumeurs.»