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Auteur : Claire Blanche-Benveniste
Date de saisie : 16/06/2010
Genre : Langues
Editeur : Ophrys, Paris, France
Collection : L'essentiel français
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 9782708012783
GENCOD : 9782708012783
Sorti le : 07/06/2010
Grâce aux nouveaux instruments techniques (enregistrements sonores, analyse automatique de la prosodie, stockages informatiques, constitution de grands corpus), les langues parlées sont devenues, depuis quelques années, un nouveau terrain d'investigation pour les linguistes et pour les informaticiens.
Mais que sait-on vraiment du fonctionnement du français parlé, et comment faut-il s'y prendre pour l'étudier de façon scientifique ? C'est à ces deux questions que le présent ouvrage entend répondre.
S'opposant à l'idée reçue selon laquelle la langue parlée et la langue écrite n'auraient pas la même grammaire, l'auteur s'emploie à montrer que les deux se laissent globalement décrire avec les mêmes règles syntaxiques, à l'exception de deux secteurs particuliers : la morphologie et la prosodie. La langue parlée utilise en effet des procédés différents de ceux qu'indique l'orthographe de la langue écrite ; par ailleurs, la prise en compte de l'intonation permet de postuler l'existence d'une «macro-syntaxe» riche et complexe, qui met en jeu d'autres unités que celles de la phrase.
Le français parlé ne constitue donc pas une sorte de dégénérescence du français écrit, dont il menacerait l'évolution future, mais un système dont l'étude nécessite la maîtrise de procédures techniques de transcription ainsi que le recours à des méthodes d'analyse particulières, ici présentées. De plus, le parlé des conversations familières n'est pas le même que celui des discours publics, des récits, des argumentations ou des explications techniques : un échantillon des textes choisis permet d'appréhender cette diversité des usages.
Cet ouvrage est une nouvelle édition réactualisée de celui qui a été publié sous le même titre en 1997.
Claire BLANCHE-BENVENISTE a été professeur des linguistique françaises à l'Université des Provence et directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études à Paris. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont Le français parlé : études grammaticales (2000, édition du CNRS) et, en collaboration, Choix de textes en français (2002, Champion).
Extrait de l'introduction
Voici une nouvelle version de l'ouvrage publié, sous le même titre, en 2000. Durant cette dizaine d'années, le domaine s'est tellement développé qu'il pourrait maintenant sembler absurde de justifier l'intérêt d'études sérieuses portant sur le français parlé. Un très grand nombre de thèses, d'articles, d'ouvrages, de colloques, de congrès, de numéros de revues ont été consacrés au français parlé. Du reste, il ne s'agit pas seulement du français mais d'un engouement beaucoup plus général pour la linguistique du parlé. De nombreuses langues d'Europe sont maintenant étudiées dans leur forme orale, à partir de vastes corpus de données, avec l'appui d'outillages électroniques très sophistiqués et selon des perspectives très variées. Cet intérêt est tout de même assez récent.
Auparavant, nous avions cherché à comprendre pourquoi il avait fallu si longtemps pour intégrer le français parlé dans le domaine de la linguistique (Claire Blanche-Benveniste et Colette Jeanjean, 1986). Les raisons techniques y étaient certes pour beaucoup. Avant l'invention du magnétophone dans les années 1930', on ne pouvait citer les données de la langue parlée que par l'intuition (nombreux essais sur le français populaire, après la guerre de 1914-1918) ou par les notes que de bons observateurs savaient saisir sur le vif, comme l'avaient fait Damourette et Pichon, entre les années 1914 et 1940, dans un travail de pionniers. Mais les exemples notés au vol ne pouvaient être que très brefs (pas plus d'une vingtaine de secondes) et il n'était pas possible de les vérifier ni de restituer leurs contextes. Il a fallu le développement des grands corpus électroniques pour qu'on puisse envisager de vastes stocks de données. Et pour l'étude contrôlée de la prosodie, il a fallu attendre le développement d'outils spécifiques, rendus disponibles depuis les années 1980 (Mertens, Morel, Martin).
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