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.. Dans la nuit brune

Couverture du livre Dans la nuit brune

Auteur : Agnès Desarthe

Date de saisie : 25/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782879296975

GENCOD : 9782879296975

Sorti le : 19/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 21/09/2010

Jérôme est un homme calme. C'est du moins ce qu'il croit. Lorsque l'amoureux de sa fille Marina meurt dans un accident, il tombe dans une profonde agitation. Que faire du chagrin de Marina ?
D'autres secousses, de plus en plus fortes, viennent ébranler la vie de Jérôme. Il doit alors se rendre à l'évidence : de lui-même et de ses origines, il ne sait rien, sinon qu'il fut recueilli jadis, errant dans les bois, par un couple qui l'adopta. D'où vient Jérôme, l'enfant sauvage ?
Pour le savoir, il lui faudra plonger à nouveau dans la nuit brune, guidé par un étrange mentor. Dans ce livre, un homme doit se confronter à des forces qui le dépassent, et qui portent des noms si anciens qu'ils ont presque perdu leur sens, comme Éros ou Thanatos. Pour lui, l'Histoire est vraiment un cauchemar dont il essaie de s'éveiller. Usant de toutes les ressources du romanesque, sans se priver de celles du conte, Agnès Desarthe ne cesse de nous surprendre et de nous enchanter.

Agnès Desarthe est née en 1966 à Paris. Romancière, elle a notamment publié un secret sans importance (prix du Livre Inter 1996), mangez-moi (2006) et Le remplaçant (prix Virgin-Femina 2009). Agrégée d'anglais, traductrice, elle a cosigné avec Geneviève Brisac un essai sur Virginia Woolf, V.W. ou le mélange des genres. Elle est également l'auteur de nombreux livres pour la jeunesse.



  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 18 novembre 2010

Le leitmotiv de Jérôme, son «motif», dirait son ami de la police, appartient à la nature, ce sont les feuilles et les brindilles, les promenades «à la recherche d'une clairière, d'un sous-bois où régnait une paix parfaite, une lumière veloutée, un silence de nef ponctué par les menues paroles incompréhensibles des oiseaux». Agnès Desarthe ne perd jamais de vue la couleur des saisons, la tonalité du soleil. Dans ce paysage, les jeunes gens endeuillés ont une place de rois. «Tous sont d'une incroyable gentillesse, serviables, polis, tendres. Ils appellent Jérôme par son prénom et, il ne sait pourquoi, ça le bouleverse.» Mais ce n'est pas ce seul regard bienveillant qui a valu à Dans la nuit brune le prix Renaudot des lycéens la semaine dernière. Le chagrin a révélé Jérôme à lui-même, il l'a rendu fréquentable, mieux, séduisant.


  • La revue de presse Fabienne Dumontet - Le Monde du 5 novembre 2010

Son dernier roman, Dans la nuit brune, reprend avec profondeur cette question de l'amour par substitution. Mais il tire sa propre aura de son héros, Jérôme, un enfant des bois trouvé en 1956 par Annette et Gabriel, qui l'adoptent et mènent avec lui une vie de "bohème"...
En réponse à ce questionnement sur la compassion, Dans la nuit brune esquisse une délicate et étrange "écologie du chagrin", notamment par de superbes scènes d'errance dans la forêt, matrice de l'ancien enfant des bois. Mais le roman construit aussi son univers à partir des signes infimes captés dans les paysages et les coeurs par le regard atypique de Jérôme, signes de tristesse et d'allégresse confondus, détails palpitants d'un "saccage sans importance, (de) la fin de la perfection. Les enfants font ça. L'amour fait ça. Du désordre". Et nous ramène ainsi, tous âges confondus, devant ce "territoire de grande sauvagerie" que révèlent les marques de l'enfance et de l'adolescence dans l'oeuvre d'Agnès Desarthe.


  • La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 22 octobre 2010

Le dernier roman d'Agnès Desarthe explore l'inconscient mutilé d'un enfant trouvé, et on s'apercevra en cours de route qu'il est le fruit gâté de l'histoire...
La force de Dans la nuit brune tient à cet entrelacs d'histoires individuelles et de causes historiques profondes. L'auteur parvient ainsi, à travers l'histoire d'un homme, à laisser entendre la tragédie de millions d'autres.


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 15 septembre 20115

Romancière, essayiste et traductrice, déjà couronnée par le prix du livre Inter en 1996, Agnès Desarthe signe un très beau roman sur l'énigme de l'existence et les non-dits d'une vie...
Agnès Desarthe entraîne le lecteur au coeur d'un voyage, onirique et réaliste, qui passe de la mort à la vie, en suivant des chemins initiatiques, jalonnés de bifurcations décisives autant que surprenantes, qui, peu à peu, révèlent la réalité des mots, le langage des sensations, le miracle d'une rencontre. D'une plume douce, très féminine, Agnès Desarthe signe un beau roman des origines où la mort qui s'invite trop souvent sans être conviée, jetant son terrible voile noir sur les espérances des vivants, ouvre pourtant la voie à des renaissances imprévues.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 29 août 2010

Agnès Desarthe (Un secret sans importance, prix du livre Inter 1996) publie peu. Mais elle écrit juste. Dans la nuit brune - elle aurait pu trouver un titre moins banal - est l'une des plus convaincantes réussites de la rentrée parce que la romancière y déploie un talent tout en nuances, en retouches, en clair-obscur...
Surtout, ne pas croire que toutes les pistes ouvertes par Agnès Desarthe, qu'elles soient policières ou forestières, aboutiront. Les indices trop voyants sont trompeurs. Pour trouver il faut plus creuser dans les archives que dans la terre. La vérité ne sortira pas du puits convoité par l'Ecossaise. Sauf qu'elle y a trouvé un homme, un vrai, qui lui plaît. Mais comment vivre "quand on ne peut pas vivre ce qu'on doit vivre" ? Surtout quand un passé tragique s'en mêle ? La réponse d'Agnès Desarthe n'est cependant pas pessimiste. Subtile romancière, elle a su "comment s'y prendre ".


  • Les courts extraits de livres : 21/09/2010

«Une boule de feu qui valdingue d'un côté à l'autre de la nationale et puis, à un moment, après le virage, vlan ! dans l'arbre. La boule de feu s'écrase contre le tronc et brûle tout, les feuilles, les branches, même les racines. J'ai cru que c'était un phénomène paranormal. Mais non, c'était le gamin. Le gamin sur sa moto. Y paraît que ça n'arrive jamais des motos qui prennent feu comme ça, pour rien, mais là c'est arrivé. J'y étais. Je regardais d'en haut, sur le pont par-dessus la nationale. C'est là que je l'ai vue. Une boule de feu.»
Jérôme relit le témoignage paru dans le journal local. Ses mains tremblent. Son ventre aussi. Il lit une nouvelle fois, se demande pourquoi le journaliste n'a pas «arrangé» le français de Mme Yvette Réhurdon, ouvrière agricole. Un instant, il parvient à se distraire en imaginant la conférence de rédaction durant laquelle le comité a décidé de transcrire, à la lettre, les paroles enregistrées sur le magnétophone de poche de l'institutrice qui s'occupe de la rubrique faits-divers.
Très vite, le tremblement, qui s'était calmé, reprend. Jérôme voudrait pleurer, il pense que ça le soulagerait, mais les larmes ne viennent pas. Le gamin n'était pas son fils, c'était l'amoureux de sa fille.


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