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.. L'éternité n'est pas si longue

Couverture du livre L'éternité n'est pas si longue

Auteur : Fanny Chiarello

Date de saisie : 01/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782879296982

GENCOD : 9782879296982

Sorti le : 19/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 21/09/2010

«Si l'on m'avait dit un jour que la variole viendrait décimer notre espèce, j'aurais certes frémi, mais j'aurais aussi imaginé tout ce qu'un tel événement pouvait apporter à nos sociétés malades, et je me serais trompée : la variole ne nous a pas changés. Il ne se passe rien - des gens meurent par centaines de milliers, mais mourir ce n'est pas quelque chose, au contraire : c'est encore plus de rien. Aucune fraternité, aucun miracle n'est à observer nulle part. Aucune révélation ne soulève jamais aucun de mes semblables et nous sombrons tous dans la médiocrité, dans l'indignité, sans avoir rien abdiqué de nos considérations ineptes, de nos susceptibilités ridicules ni de nos habitudes sans relief. Si je veux dormir dans un monde si décevant, je n'ai d'autre choix que de me raconter des histoires comme si j'étais mon propre enfant.»

L'éternité n'est pas si longue ne raconte pas la fin de l'espèce humaine mais celle d'un de ses plus originaux spécimens, Nora, une jeune femme à l'humour fulgurant et au fort penchant mélancolique. Elle qui, après avoir miraculeusement échappé à la mort, reprochait à ses proches amis de ne pas vivre comme s'ils allaient mourir un jour doit soudain réinventer son existence.

Fanny Chiarello est née à Béthune en 1974 et vit aujourd'hui à Lille. Elle est l'auteur de plusieurs romans et recueils de poésie publiés par de petites maisons d'édition. Avec L'éternité n'est pas si longue, elle a écrit un roman impertinent, inventif, sans craindre de mêler les grandes questions existentielles et les interrogations les plus frivoles.



  • La revue de presse Victor Pouchet - Le Magazine Littéraire, octobre 2010

Bien loin des paysages dévastés des apocalypses de Cormac Mac Carthy, des scénarios terrifiants des cataclysmes cinématographiques, Fanny Chiarello propose une version détournée - et étonnamment légère - d'une fin du monde dans un futur très proche. Décrivant l'extinction de la population mondiale dans une épidémie de variole, elle se place pour cela à l'échelle de Nora, jeune femme moyenne qui regarde avec distance et mélancolie le quotidien banal de cette tragédie mondiale.


  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 8 octobre 2010

Son héroïne, Nora, 35 ans, est une jeune femme à laquelle la vie en société ne convient pas. Pas plus que les amours qui dégénèrent en habitude. Elle se moque de la bienséance et de la bien-pensance, elle regarde les autres et elle-même avec un humour parfois noir, toujours juste. Elle vit dans une époque effrayante, car on annonce une épidémie de variole qu'on ne sait pas combattre, et qui va donc, en toute logique, exterminer l'humanité entière...
Il ne faudrait pas croire, à cause de cette improbable variole, qu'on est là dans un roman de science-fiction. On peut donner, dans la société actuelle, bien des noms à cette variole, à ces menaces qui effraient sans que quoi que ce soit change.


  • Les courts extraits de livres : 21/09/2010

Mon regard s'est attardé sur un panneau de danger annonçant l'éventuel passage d'animaux sauvages au long des quinze prochains kilomètres ; ce cerf dans son triangle rouge, souligné par l'indication «15 km», m'accompagne depuis plus d'une heure. On entend à peine la musique, les vitres ouvertes pour ne pas suffoquer dans la fumée de nos cigarettes, on parle très peu parce que Pauline, au volant, reste très concentrée sur les poids lourds à doubler, les cadrans du tableau de bord, l'évacuation sans risque des cendres de sa cigarette et les directions à suivre - Le havre Caen pour l'instant, et depuis ce qui me semble une éternité : toujours pas trace de DEAUVILLE dans cette littérature d'autoroute. J'espère que ça vaut le coup, Deauville, je déteste tellement la voiture, cette sensation d'escarres, ce vacarme, et Pauline qui ne s'occupe pas de moi. Alors de mon côté, la main posée sur la sienne depuis si longtemps que je ne sens plus sa peau au creux de ma paume ankylosée, mais juste la raideur de mes articulations, j'imagine un cerf long de quinze kilomètres prêt à surgir au-dessus de nous. J'imagine la place qu'il prendrait sur une photo de La France vue du ciel, j'imagine tout ce qu'il menacerait ou détruirait en gambadant sans mauvaise intention, le nombre d'insectes que j'ai dû écraser par inadvertance en trente-cinq ans, le temps qu'il faudrait à un cerf long de quinze kilomètres pour atteindre la Patagonie, je me demande si les cerfs savent nager, si un cerf long de quinze kilomètres aurait pied dans l'océan, si l'on dit avoir pied ou avoir patte quand on parle cerf; puis je grimpe dans les bois du cerf et là, tâche de dépasser mon incapacité à concevoir le monde dans sa complexité, son abondante variété. Ce cerf devient une échelle pour mesurer l'à-mes-yeux incommensurable, un outil de synthèse pour appréhender la profusion de toute chose et si possible, oh s'il vous plaît, sa cohérence au sein d'un tout qui, guetté du sol, toujours m'échappe.


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