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.. Les trois saisons de la rage

Couverture du livre Les trois saisons de la rage

Auteur : Victor Cohen-Hadria

Date de saisie : 10/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 9782226215154

GENCOD : 9782226215154

Sorti le : 18/08/2010

Entre Maupassant et Balzac Victor Cohen Adia nous livre une formidable chronique de la Normandie du 19e au travers d'une correspondance et d'un journal d'un médecin de campagne...
Au gré des visites et des consultations, qu'il s'agisse de paysans ou bourgeois, le médecin s'interroge sur la meilleure façon de soigner les maux du corps et de l'âme, les tourments du sexe et de l'amour sachant qu'il doit conjuguer avec les croyances populaires et la religion.
Écrit dans une langue classique mais avec une construction audacieuse, c'est un roman passionnant sur les turpitudes et vicissitudes de ce monde.


Un bonheur de lecture !
Entre le roman épistolaire et le journal intime, j'ai beaucoup aimé la vision de l'auteur sur ce monde rural du XIXe siècle à la fois impitoyable, mais aussi lucide, plein d'humanité.
Très grosse vente dans notre librairie.


«Ce merveilleux roman résonne comme un écho à «La maladie de Sachs» mais au coeur du XIXe siècle et dans la Normandie rurale de Maupassant... Au fil d'une construction étonnante qui alterne correspondance et journal intime, nous marchons sur les pas du Docteur Le coeur, humaniste éclairé et lucide au nom prédestiné, qui inlassablement parcourt les routes de campagne pour visiter hobereaux désargentés, paysans miséreux ou riches bourgeois...
Chronique passionnante où les balbutiements de la médecine se heurtent aux superstitions et à la toute-puissante religion, «Les trois saisons de la rage» est surtout le portrait très attachant d'un homme aux défauts tellement humains et à la grandeur d'âme inoubliable.»


V.C. Hadria y raconte une Normandie où parviennent les échos de la guerre de Napoléon III. D'abord roman épistolaire entre médecin militaire et médecin de campagne, puis journal intime du Docteur Le Coeur, ces lettres, ce journal livrent une chronique surprenante, où la médecine côtoie des croyances ancestrales. Le roman déploie une humanité digne de La ronde de nuit de Rembrandt ou des peintures de Jérôme Bosch.
Le lecteur accompagne le médecin campagnard dans ses tournées et Victor Cohen Hadria nous emporte par son écriture : la langue du XIXe siècle sert une acuité des plus contemporaines...
Une épopée généreuse faite de chair et de désir...
Un beau et grand roman !


Chronique sensible et touchante, «Les trois saisons de la rage» raconte en 1859 la vie quotidienne d'un médecin de campagne qui est veuf, et sa correspondance avec un médecin des armées. Comment concilier la religion et les progrès de la médecine, le désir sexuel et le sentiment amoureux ? Toutes ces questions, ces réflexions, se révèlent au gré d'une naissance, d'une jambe coupée ou encore d'une syphilis. Un roman à découvrir.


Caen, 1859, le docteur Lecoeur s'essaye, d'une manière toute personnelle, à trouver un vaccin contre la rage. Il entretient une correspondance avec un collègue militaire engagé dans les campagnes italiennes. L'occasion pour lui de d'observer avec humanité et lucidité les passions, désirs et intérêts mêlés qui conduisent l'âme de ses contemporains. Un formidable roman, à la fois moderne et classique dans la langue et les thèmes, entre Martin Wincler et Maupassant.


Ouvrage à déguster, savourer, long en bouche comme un bordeaux grand cru, qui se lit aussi d'une traite, puis on y revient car un passage demande une dégustation plus lente.
On le partage, on en parle, et on est heureux de savoir que dans un coin de notre bibliothèque, il nous attend pour une relecture encore plus riche.
Un pur bonheur !


On ne peut pas dire que Victor Cohen Hadria envahisse le marché du livre avec ses oeuvres. Le dernier date de 1998. Et il a raison, car pour cette rentrée littéraire, je parie qu'il va créer la SURPRISE.

Je me suis lancée dans ce gros volume de 464 pages avec plaisir :

1ère partie : deux médecins, un militaire et un rural, échangent des courriers pour rendre service à un couple d'amoureux. Échos de la guerre de Napoléon III en Normandie.

2ème partie : le médecin rural écrit son journal et nous faisons mieux connaissance avec ce monde campagnard vu par un être humain, fait de chair et de sentiments amoureux lui aussi.

Victor Cohen Hadria m'a emportée par son écriture et je me suis vue accompagner son médecin campagnard dans ses tournées. Il ne vous lâchera pas non plus. Dès la parution de son livre, venez le découvrir, je suis sûre que vous serez conquis ! Sa lecture sera plus convaincante que tout ce que je pourrai vous dire.


Ce merveilleux roman est en quelque sorte une suite de "La maladie de Sachs" mais au XIXème siècle et dans la Normandie de Maupassant. La fille du docteur Le Coeur trouve dans le secrétaire de son père, décédé depuis plusieurs années, quelques lettres et une sorte de journal intime. Bien plus que le récit d'une vie, ces lettres et ce journal, sont une véritable chronique passionnante et foisonnante de ce coin de campagne où les balbutiements de la médecine se confrontent aux croyances ancestrales des paysans. Le docteur Le Coeur, en vrai humaniste, parcourt inlassablement les routes pour visiter aussi bien les riches et les puissants que les plus miséreux. Le lecteur s'attache à cet homme aux défauts si humains et à la beauté et grandeur d'âme si extraordinaire.


  • Le courrier des auteurs : 01/02/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Victor Cohen Hadria, né le 24 novembre 1949, clinique Magenta, rue Magenta, à Tunis, à sept heures et quelques du matin. J'ai vécu à Carthage, toute mon enfance. Par temps de pluie, les pièces romaines remontaient à la surface des bas-côtés, j'ai joué dans les ruines de la ville romaine sur la colline, mes premiers émois de théâtre sont nés dans le cadre de l'amphithéâtre également romain, je me suis baigné dans le port punique, j'ai vécu la fin du beika de Tunis et l'avènement du président Bourguiba, qui marchait devant sa voiture entre Tunis et Carthage, avec son foulard à pois noué autour de son cou. Je suis venu en France à bord d'un super-constellation d'Air France dont les échappements lâchaient des flammèches bleues. En France, j'ai vécu mon adolescence et mes premières amours à Amiens, à l'ombre de la cathédrale et de la première maison de la culture de France, où était installé le ballet théâtre contemporain, avec tout cela je ne me suis guère intéressé à mes études et au lycée, d'autant que nous avions fondé une troupe qui se nommait l'atelier théâtre 71, qui faisait de l'agit-prop, à l'image de Bread and Puppet Theater, qui avait été en résidence en ville. J'ai fait ma première mise en scène de Théâtre à 14 ans dans le cadre de la cité scolaire, avec une pièce de Giono et Mon Isménie de Labiche, ensuite, j'ai continué. J'ai tourné mes deux premiers courts métrages, «Salomé» inspiré d'une nouvelle de Théodore Sturgeon et «Réminiscence», adapté d'un court récit de Georges Bataille (à la fin de l'Histoire de l'oeil) à 18 ans. Ensuite j'ai été assistant de François Gir à l'ORTF. À la mort de mon père, j'avais 21 ans et j'ai tout plaqué pour aller me consacrer à la viticulture, en Italie, dans un domaine qui se nommait Castellone et qui appartenait à un de mes oncles, un fou expérimentateur de vinification. J'ai vécu pendant 6 ans et j'ai géré cette propriété de 70 hectares entièrement de vigne, en plein coeur du Lazio, à Doganella di ninfa, dans les terres ancestrales des Ruspoli. Et c'est là que j'ai commencé à écrire le matin avant le travail des champs, je n'ai jamais cessé. Lorsque mon sursis militaire s'est terminé, j'ai décidé de rentrer en France pour me faire réformer (j'étais et suis resté très myope), cette intention n'a pas été réalisée, et je me suis retrouvé en Allemagne, à Constance, dans un régiment d'artillerie vaguement disciplinaire, en raison de mon attitude antimilitariste et anarchiste, dans les années qui ont suivi 68. Avec quelques camarades, nous avons fait six mois de grève du zèle, tant, que l'on nous a permis de rejoindre l'université de constance où j'ai monté des pièces de théâtre de foire pendant un an. De retour en France, je me suis installé à Paris. J'ai animé une société de production alternative et me suis ruiné pour la première fois. Ma compagne de 12 ans m'a quitté, j'ai rencontré mon épouse et j'ai repris un travail d'assistant à TF1, au journal télévisé, au bout de six mois, je suis devenu assistant d'Igor Barrère sur les Médicales (vous savez, le scherzo de la symphonie du nouveau monde de Dvorjac), avec Étienne Lalou, très vite je me suis mis à réaliser ces émissions et d'autres comme Politique ou le Coeur du débat en direct, ou culturelles comme Raisonnance résonances. (J'ai ainsi participé à plus de 200 émissions). En 86, j'ai quitté Igor, pour rejoindre une société de production VSP où je me suis chargé de développement et de je ne sais combien de films industriels, puis 6 ans après j'ai retrouvé Igor pour des documentaires historiques sur les services secret durant la 2° guerre mondiale «les secrets de la guerre secrète». Ensuite j'ai produit le film de Didier Martiny, «le pique-nique de lulu Kreuz», écrit par Yasmina Reza. C'est à ce moment qu'a été publié mon premier recueil de nouvelles «Isaac était leur nom», puis l'année suivante, «les chroniques des quatre horizons» 53 nouvelles qui n'ont pas eu le succès escompté. Avec Palindromes j'ai écrit et produit deux films un sur le Rwanda, «un cri d'un silence inouï» d'Anne Lainé et un sur le Chiapas «la terre et l'effroi» de Variety Mozemski, ensuite dans le cadre de la société le Chemin des docs, j'ai écrit «Le Munchener post contre Hitler» et «une histoire de la chasse aérienne française» tous deux réalisés par Krziztof Rogulski. Dans le cadre de TV Ventures, dont je suis un des fondateurs j'ai produit et réalisé «un choeur qui bat» et «le petit Faust», puis à M4 j'ai produit Caravansérail, pour France 3, tout en écrivant «les trois saisons de la rage». Je prépare aujourd'hui d'autres films et d'autres livres. Je suis marié depuis plus de 30 ans, avec une psychanalyste et médiatrice sociale nous avons deux enfants, Stella comédienne, auteure et metteuse en scène, et Simon artiste plasticien. Tout va bien ! Merci.

2) Comment vous est venue l'idée des Trois saisons de la rage ?
J'avais envie de faire tout autrement, les romans sont généralement contemporains, vaguement autobiographiques et citadin, j'ai donc décidé, un peu par provocation, d'écrire un texte qui se passerait dans un temps lointain, le XIXe siècle, avec de nombreux personnages de fiction loin de moi, et qui se déroulerait à la campagne. Évidemment j'ai été rattrapé par la mécanique et j'ai finalement au travers de cette histoire parlé du monde dans lequel je vis et dis ce qu'en j'en pense et ce que je ressens de ses comportements.

3) Quel déclic intérieur vous a décidé à écrire cette histoire aujourd'hui (et pas «hier ou demain») ?
Après la parution des Chroniques des quatre horizons, j'ai voulu explorer ce que signifiait écrire et plus particulièrement écrire pour les autres. J'ai donc inventé la fiction d'un soldat illettré obligé de quitter sa famille et sa fiancée et contraint d'utiliser les services d'un officier pour parvenir à ses fins, et comme personne chez lui ne sait non plus lire et écrire, il s'adresse au médecin de campagne, le tout pendant la campagne italienne en 1859. Pour des raisons diverses, ce livre n'a pas été publié. J'ai pensé que c'était parce que ma maison d'édition ne l'appréciait pas, pour me prouver le contraire, claire Delannoy, mon éditrice, m'a confié les notes de lecture que j'ai fourrées dans le vide-poches de ma voiture sans même les lire. Dix ans plus tard, j'ai changé de véhicule et j'ai retrouvé ces notes. Je les ai relues, ce qui m'a incité à reprendre le manuscrit original, oublié pendant plus de dix ans. Je l'ai relu et, après quelques tergiversations, j'ai décidé d'écrire le journal d'un des médecins, le docteur Lecoeur. C'est ainsi que je me suis rendu à cette idée qui, en fait s'est imposée à moi.

4) Avez-vous des rituels ou habitudes d'écrivain (choix du lieu, du papier, des horaires, de la musique en fond sonore, etc.) ?
Je me lève très tôt, hiver comme été, vers quatre heures du matin et j'écris ou je corrige pendant quatre heures chez moi, ensuite je trimballe toujours mon mac et j'écris dans les bistros entre deux rendez-vous, ou lorsque je m'octroie des pauses dans mon travail. Avant la loi sur les cigarettes, j'écrivais beaucoup dans les bars et les cafés, aujourd'hui j'attends le printemps pour pouvoir rester en terrasse.

5) Quand vous êtes en plein travail d'écriture, vous «protégez-vous» des autres écrivains (vous protégez-vous d'éventuelles influences conscientes ou inconscientes) ?
Je lis généralement assez peu de romans contemporains, mais plus par paresse que pour me protéger, je lis les livres de mes amis car j'aime qu'ils lisent les miens, pour ce qui est des influences, je les laisse venir et les retire lorsque je corrige, quelque fois partir sur l'idée d'un autre ouvre la voie à une inspiration, pour ce qui est de l'inconscient je ne puis guère faire autrement que de me laisser submerger par lui.

6) Lors de l'écriture, accordez-vous une totale liberté à vos personnages, ou une semi-liberté ? Acceptez-vous que ces personnages s'emparent éventuellement du roman ?
Lorsque j'entame un roman, je sais généralement comment il va se finir, mais quelques fois les personnages en effet se refusent à se laisser manipuler, et particulièrement dans mes nouvelles, m'amènent à des conclusions que je n'avais pas prévues. J'adorerais que les personnages s'emparent d'un de mes romans, ainsi je pourrais me laisser aller à ma paresse naturelle, mais ils ne le font que rarement jusqu'au bout, hélas !

7) Comment est-entrée l'écriture dans votre vie ? Vous êtes-vous dit «un jour je serai romancier» ?
Je ne me souviens plus vraiment quand cela est arrivé, vers quatorze ou quinze ans, je crois quand j'ai commencé à écrire des pièces de théâtre pour la troupe. Ensuite, je me suis dit, pendant très longtemps que ce que j'écrivais constituait une oeuvre posthume et c'est finalement tardivement et par hasard que j'ai publié Isaac était leur nom, vers cinquante ans. Je n'ai jamais envoyé de manuscrit à un éditeur, ni cherché vraiment à être édité avant. Aujourd'hui, je sais que de toute façon, compte tenu de la façon dont je travaille, j'avais besoin d'accumuler une matière très diverse et des histoires sans véritable lien entre elles, pour parvenir aux constructions qui m'intéressent.

8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Le premier livre que j'ai lu, c'était les mémoires d'un âne de la comtesse de Ségur, ce qui m'a directement mené à mes premiers chocs littéraires, avec les surréalistes Nadja et les Vases Communicants je crois, puis les poèmes d'Aragon, Raymond Roussel, Blaise Cendrars, les mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, les hommes de bonne volonté de Romain Rolland et puis ensuite Les Thibault de Roger Martin du Gard et oui, Georges Bataille, Madame Edwarda, Le bleu du ciel et puis et puis et puis...

9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
À rien, comme toutes les choses importantes.

10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Très importante, parce qu'ils sont un véritable intermédiaire entre le lecteur et moi. Je suis très flatté quand ils aiment ce que j'écris, et très heureux d'aller discuter avec leurs clients quand ils m'invitent. (Ceci dit sans aucune flagornerie)


Valérie Broutin


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

«Nous sommes tous dominés par notre sexe. Pourtant, nous autres médecins, devrions être indemnes de cette gourmandise insatiable que nous constatons si bien chez les autres, mais point ! Ce qui s'impose alors est si violent que l'esprit en est tout submergé.»

Formidable catalogue des moeurs, croyances et turpitudes du monde rural, Les trois saisons de la rage, qui se situe dans la Normandie de Maupassant, est autant le roman d'un médecin de campagne du XIXe siècle que l'évocation universelle de ce qui est à la source des conduites humaines. Tissant une foisonnante intrigue de destins, de situations et de révélations où la naïveté, le cynisme, la brutalité, l'égoïsme, l'avidité et le désir mènent la ronde, il confirme le talent de Victor Cohen Hadria, auteur des Chroniques des quatre horizons, à peindre une vision du monde impitoyable mais aussi lucide et pleine d'humanité.

Producteur et réalisateur de fictions et de documentaires, romancier, Victor Cohen-Hadria a publié chez Albin Michel Isaac était leur nom, prix de la nouvelle du Salon du livre du Mans (1997)et Chroniques des quatre horizons en 1998.



  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 29 septembre 2010

Un de ces romans-fleuves où l'on s'enfonce et se perd, étonné par la multitude des personnages, gourmand de leurs destins hauts en couleur dans cette mystérieuse Normandie du milieu du XIXe siècle, encore hantée de magie, de sorciers, d'incestes et de crimes cachés...
Sous ces facettes contradictoires, tout se trou­ble, mais la rage de vivre, de jouir, de mourir entrelarde la saga d'une diabolique énergie.


  • Les courts extraits de livres : 27/06/2010

Elle a demandé à Madame Maurasse d'ouvrir les volets et les fenêtres de façon à chasser les miasmes de l'hiver. La demeure paraît vivante, comme ressuscitée, tout juste si elle ne perçoit pas les parfums de rôtis et de confitures flottant dans le couloir. Le carrelage en damier du vestibule est légèrement terni, abrasé par les pieds des malades qui l'ont piétiné pendant trois générations pour rejoindre l'antichambre.

Elle entrebâille la porte du cabinet. La forte odeur de tabac gris imprégnée sur les murs et les meubles la surprend. Elle s'était évaporée avec ses jeunes années. Elle passe le doigt sur la moulure dorée de la méridienne où son père s'allongeait pour lire, parfois jusque tard dans la nuit. Quand elle était enfant, il n'était pas rare que, descendant en pleine obscurité pour se dérober à un cauchemar, elle le trouve étendu à cette place, parfois riant tout seul de sa lecture. Il se levait et la prenait dans ses bras pour la consoler.
Des pas résonnent dans le couloir. Les lourds sabots ferrés raclent les faïences du carrelage. Maurasse, le métayer, est là, dans l'encadrement de la porte, les deux autres derrière lui. Ils ont revêtu leurs blouses bleues, amples, des grandes circonstances et tiennent leurs chapeaux à la main. Ils sont respectueux, un peu suspicieux aussi.


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