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.. Les sept fous

Couverture du livre Les sept fous

Auteur : Roberto Arlt

Traducteur : Antoine Berman | Isabelle Berman

Date de saisie : 17/12/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782714446572

GENCOD : 9782714446572

Sorti le : 12/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 08/03/2011

Employé à la Compagnie sucrière, Erdosain a pris l'habitude de puiser dans la caisse. Dénoncé, il est sommé de rembourser, et découvre le même jour que sa femme le quitte.

Aux abois, il part trouver l'Astrologue, un être aussi mégalo que délirant, qui a pour projet de fonder une société secrète financée par les revenus d'une chaîne de maisons closes.

Avec lui, un maquereau mélancolique, un rentier pervers, un pharmacien mystique, un aventurier chercheur d'or, un officier corrompu, un tueur illuminé : sept fous lancés dans une entreprise abracadabrante, sept fous lâchés au coeur des bas-fonds de la ville. Et Erdosain, en quête d'une raison d'exister, d'un Dieu qui toujours se dérobe.

La redécouverte d'une figure hautement polémique et symbolique des Lettres argentines. Dans le Buenos Aires des années 1920, le destin d'un homme qui, confronté à l'humiliation, la violence et la misère, cherche une échappatoire dans le rêve et la folie.
Portée par une écriture en uppercut, l'originalité, la richesse de la langue de Roberto Arlt viennent de cette capacité à brasser le parler du Buenos Aires de cette époque, l'argot argentin le «lunfardo», l'espagnol classique, les romans feuilletons... Une oeuvre culte saluée par Cortâzar et Onetti. Publié en 1981 chez Belfond, Les Sept Fous sont réédités aujourd'hui avec la magnifique préface de Cortázar et l'avant-propos éclairant d'Isabelle et Antoine Berman.

Fils d'un émigrant prussien et d'une mère italienne, Roberto Arlt est né à Buenos Aires en 1900 et mort prématurément d'une crise cardiaque en 1942. Ouvrier, inventeur raté, journaliste, écrivain, hanté par sa jeunesse malheureuse, souffrant toute sa vie du manque d'argent, il ne cessera de décrire à travers son oeuvre les abîmes de l'être humain asservi à la ville. Les Sept Fous et Les Lance-flammes (à paraître en janvier 2011) forment un diptyque considéré comme son chef-d'oeuvre.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, septembre 2010

Borges, Cortázar, Sábato, Bioy Casares, la littérature argentine ne manque pas de géants. Dans leur sillage, se cache un autre écrivain tout aussi magistral, Roberto Arlt, qui surgit comme un soleil noir des bas-fonds de Buenos Aires, la cité dont il ne cessa d'explorer les entrailles pour en faire le miroir de nos enfers : c'est vers Dante, vers Jérôme Bosch, vers Dostoïevski qu'il faut se tourner pour comprendre l'auteur des Sept fous, ce météore qui, sur un air de bandonéon, donna le signal de la révolution littéraire dans l'Argentine des années 1930 avant d'être fauché par une crise cardiaque, à quarante-deux ans...
A travers les dérives de ses personnages, Arlt dénonce la faillite de l'Amérique latine de l'entre-deux-guerres, un continent que le linceul du fascisme va bientôt recouvrir. Mais son roman est aussi la peinture quasi métaphysique d'une humanité terrassée par le Mal : une vertigineuse descente aux enfers, où le XXe siècle explore ses propres ténèbres.


  • La revue de presse Gersende Camenen - Le Magazine Littéraire, décembre 2010

On y rencontre une «société secrète» menée par l'Astrologue - un leader charismatique, tantôt communiste, tantôt fasciste -, qui projette de prendre, grâce à un vaste et absurde complot, le contrôle de l'État mais aussi celui de la subjectivité des habitants de la planète entière...
Les vaines gesticulations de ces illuminés sont observées par un narrateur qui relance ses épisodes à grand renfort de ficelles narratives empruntées sans vergogne au feuilleton. Car, dans cet improbable roman, Arlt dynamite le genre, à l'instar des avant-gardes argentines et comme, d'ailleurs, toute une critique occidentale qui proclame son arrêt de mort. Mais sa révolution, il la mène à sa manière, sans procès verbeux, avec l'admiration d'un lecteur nostalgique des aventures abracadabrantes du super héros Rocambole.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 26 août 2010

Les Sept Fous est une bombe géométrique, pétant dans une lumière obsédante, toujours jaune, et l'angoisse d'Erdosain, comme la présence des autres, est un tube à essais où chaque lecteur a sa place...
La poudre de la bombe est à base de langage populaire de Buenos Aires et d'argot (le lunfardo), de poussière de trottoirs, de bistrots, de rues sans joie et d'usines, de farces et cotillons, de sang de petits fonctionnaires et de bile de nihilistes, de crevards expressionnistes allemands, de coups de caméra et d'associations d'images, de l'encre de Rocambole, Stevenson ou Dostoïevski, mais mal traduits dans des éditions grand public : ce que Arlt lui-même, dès l'enfance, avait lu...
Les membres de la société secrète des Sept Fous sont des criminels minables, grotesques, incohérents, burlesques, sinistres, splendides. Outre l'Astrologue, ils s'appellent le Chercheur d'or, le Ruffian mélancolique, le Major, l'Homme-qui-a-vu-l'accoucheuse, etc. L'un d'eux note que «les hommes sont tellement tristes qu'ils ont besoin d'être humiliés par quelqu'un».


  • Les courts extraits de livres : 08/03/2011

Extrait de la préface

Il n'est pas facile de présenter Roberto Arlt hors de l'Argentine. Il y a des poètes et des narrateurs dont l'immersion dans les couches populaires de la ville où ils vécurent et qui fut le thème presque permanent de leur oeuvre est telle que la traduction - ce déplacement qui va bien au-delà de l'écriture et de la thématique - devient une entreprise presque impossible et presque toujours approximative. Il n'y a pas d'autre solution, alors, que de les traduire et de les lire au niveau de la paraphrase, de l'analogie mentale et sentimentale; le reste, qui est toujours le plus important, se perd, tout comme se perdent le sens et la beauté d'un tango chanté en français ou d'une java interprétée en espagnol. Un écrivain comme Borges passe sans le moindre effort d'une langue à une autre, parce que sa pensée et son écriture sont, pour ainsi dire, supranationales, sans que leur authenticité locale s'en trouve pour autant lésée ; c'est l'une des raisons pour lesquelles on l'a connu et admiré en France trente ans avant son contemporain Roberto Arlt, que beaucoup d'Argentins considèrent comme aussi important que lui. Là où Borges suscite en nous l'admiration, Arlt réveille un amour presque viscéral ; si l'un brille simultanément à Buenos Aires, à Londres et à Paris, l'éclat de l'autre se concentre et se limite à l'intérieur du périmètre d'un Buenos Aires que personne ne connut mieux que lui, que personne ne parcourut plus intensément que lui à travers un labyrinthe de mots, tourmenté et terrible.


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