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Auteur : Erwan Bargain
Date de saisie : 03/07/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : les Alchimistes du verbe, Beaufou, France
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 9782917013175
GENCOD : 9782917013175
Sorti le : 29/03/2010
En marche arrière, un recueil de nouvelles pas tout à fait comme les autres.
Habité d'un humour noir, cruel, tantôt grinçant, tantôt amusant, ce recueil de 18 nouvelles apporte son lot de gravité et de la sensibilité au fil des pages.
Nous voyageons, grâce à Erwan Bargain - journaliste indépendant spécialisé dans le cinéma fantastique - dans un univers familier qui existe peut-être près de chez vous ou au coin de votre rue.
Dans chacun des personnages se retrouve une faille, un vice, un espoir, un devenir qui nous concerne personnellement. Ces gens, ce sont peut-être vos amis, votre famille, vos collègues...
En marche arrière, c'est un livre qui recueille des vies, nos vies, avec des couleurs et des parfums différents.
Il y a toujours un constat, parfois effrayant, parfois pathétique mais toujours enrobé dans un humour décalé qui nous laisse sur une chute, une fin porteuse d'une réflexion sur notre société, sur notre comportement au quotidien.
Un livre à lire pour se faire rire et peur qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
En marche arrière
Je connais Marie depuis que je suis gamin.
Pourtant, je n'ai jamais osé le lui dire. Pas même ce soir-là, veille de son départ, où, dans son salon, assis dans le canapé, nous avons discuté pendant des heures, évoquant nos souvenirs communs, tout ce temps passé ensemble, parfois main dans la main. J'ai eu, au cours de cette nuit, mille occasions de le lui avouer, de jouer cartes sur table. Mais je ne l'ai pas fait, préférant rebondir d'une conversation à une autre, comme pour mieux fuir mes responsabilités.
Elle voyait bien, par instant, que j'étais troublé, que quelque chose me taraudait l'esprit. D'ailleurs, à plusieurs reprises, au fil de notre discussion, elle m'a tendu des perches, que, par lâcheté, je n'ai pas saisies.
Je l'entends encore me déclarer :
"Tu sais, à moi, tu peux tout me dire."
Oui, je sais...enfin, je savais, mais je n'y arrivais pas.
J'ai la parole difficile, parler, ce n'est pas trop mon truc. Me connaissant, elle ne m'en a donc pas tenu rigueur, même si, au fond d'elle-même, elle mourait d'envie de savoir ce qui me turlupinait.
Après son départ, j'ai évidemment tenté de lui écrire, pensant que ce serait plus simple, que je pourrais ainsi tout lui avouer. Mais je me trompais.
J'ai commencé mille lettres, n'en ai finies aucune. A croire que chaque mot qui me passait par la tête perdait de son sens une fois jeté sur le papier. Je n'arrêtais pas de me répéter qu'il était trop tard, qu'il y avait prescription, qu'elle était sûrement passée à autre chose, et qu'elle n'avait pas besoin de ça.
A quoi bon remuer le couteau, dans la plaie maintenant qu'elle était partie ?
J'avais déjà au tant d'occasions de le lui dire, ce n'était pas une lettre qui allait changer quoique ce soit. C'est en tout cas ce dont j'étais persuadé.
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