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Lieutenant de police stagiaire à Toulouse, Sofiane Saïdi est musulman et d'origine algérienne. Du coup, on lui colle toujours toutes les affaires des quartiers chauds du Mirait Le «boulot d'Arabe», quoi. Mais cette fois, Sofiane sent qu'il est tombé sur une sacrée enquête : avec l'aide de Marie -une journaliste intrépide et entreprenante -, il va suivre une piste remontant jusqu'à la reconquête de l'Espagne musulmane par les armées catholiques au XIIe siècle. Une sombre affaire d'intolérance religieuse...
C'est un roman policier trépidant et original que nous offre Pierre Ferin. S'attachant aux questions très actuelles de la tolérance et de l'extrémisme religieux, il nous fait découvrir des personnages attachants aux prises avec un monde de plus en plus tentaculaire, et nous rappelle que l'intolérance ne vient pas uniquement de l'autre côté des barrières, mais que c'est au contraire bien elle qui les établit.
Les courts extraits de livres : 08/07/2010
Raconter cette histoire, c'est comme marcher sur des oeufs, et sans le vouloir, je me suis laissé embarquer.
Le corps gisait raide et inerte comme un tronc aux pieds du lieutenant de police stagiaire Sofiane Saïdi. «Trépassé depuis plus de huit heures», murmura-t-il, lui qui n'aurait loupé pour rien au monde une leçon d'autopsie.
Il s'était réveillé tôt, frais comme un gardon (j'adore cette expression), puis s'était accordé deux croissants pour accompagner son café noir sur le zinc du bar Basque. Après, comme chaque matin, il s'était payé une sacrée trotte à pied jusqu'à l'hôtel de police, situé quai de l'embouchure le long du canal du Midi. A peine débarqué dans son minuscule bureau, son chef abhorré l'avait convoqué. Un cadavre avait été découvert au petit matin (blême), le long de la Garonne, par un promeneur de chien à la crotte matinière.
Joseph Lataille lui avait d'entrée balancé :
- Il y a un Bou..., enfin un Maghrébin, ou plutôt son cadavre, qui t'attend à la Daurade...
Sofiane Saïdi comprit sur le champ que s'il ne s'était agi d'un Arabe, l'affaire ne lui aurait pas été confiée. Il était habitué à marcher dos au mur pour assurer ses arrières. Il était blindé en réalité parce qu'à certaines oreilles, Arabe sonne comme une injure.
Et son chef d'ajouter :
- Tu me règles ça vite fait, SDM. C'est sûrement un règlement de compte entre caillera du Mirail ! Un de plus !