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.. Le livre de Dave

Couverture du livre Le livre de Dave

Auteur : Will Self

Traducteur : Robert Davreu

Date de saisie : 03/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Trad. de l'anglais

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 9782879295787

GENCOD : 9782879295787

Sorti le : 19/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Et si le pire des hommes devenait le Messie ?
Dave Rudman, chauffeur de taxi londonien, passe son temps à fulminer contre les Noirs, les Juifs, les Arabes, les bourgeois ou les touristes. Il déverse son fiel dans des écrits qu'il enterre dans le jardin de son ex-femme, Michelle.
Cinq siècles plus tard, après un terrible déluge, ses élucubrations sont retrouvées. Le «Livre de Dave» devient la référence spirituelle du Nouveau Monde. Dans l'archipel d'Ingleterre, en l'an 500 après Dave, la vie s'organise selon les paroles du prophète. Les hommes et les femmes vivent séparément, et parlent le mokni, argot modelé sur le jargon du chauffeur de taxi.

Cet «Évangile selon Self» est une satire de la vie moderne. Les religions, le capitalisme, l'Histoire, le mariage, rien n'échappe à l'auteur de Mon idée du plaisir. Vrai-faux roman d'anticipation ou d'aventures, Le Livre de Dave est surtout un tour de force littéraire. Will Self invente une langue, un monde, mélange les genres et les influences avec une virtuosité impressionnante.

Will Self est né à Londres en 1961. Disciple de J. G. Ballard, souvent comparé à Thomas Pynchon, il est considéré comme l'un des plus grands écrivains britanniques de notre époque. Il a publié, aux Éditions de l'Olivier, Les Grands Singes (1998), La Théorie quantitative de la démence (2000), No Smoking (2009), etc.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, octobre 2010

Spécialiste ès délires, Will Self imagine, après une catastrophe, un monde peuplé de débiles...
Le pire, c'est que Dave a consigné tout ça sur papier, des élucubrations racistes et misogynes qu'il enterre dans un jardin et qui seront retrouvées cinq siècles plus tard, alors que l'Angleterre a été dévastée par un déluge. Restent quelques survivants, qui parlent une langue débile, évitent tout contact entre les sexes et, après avoir déterré "le livre de Dave", décident d'en faire leur Bible... Provocateur, acide, ce roman est une farce tragi-comique qui transforme un loser en prophète balbutiant du "meilleur des mondes" : un univers décervelé où se reflètent toutes les absurdités de notre époque, et où triomphe la "Bêthumaine".


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 3 novembre 2010

Cette fable rendra dépressifs les idéalistes, réjouira les profanateurs d'idéaux, amusera les amateurs de science-fiction et démoralisera les optimistes radicaux - c'est selon...
Pour tout dire, ce dernier roman en date du grand Self fait froid dans le dos, et ne plaira certainement pas à Margaret Thatcher. Mais quel livre !


  • La revue de presse Christine Jordis - Le Monde du 30 septembre 2010

Grand manipulateur du langage, auteur de romans d'idées, Will Self fait figure d'exception outre-Manche. Dans ce livre volumineux, le plus ambitieux à ce jour, il donne libre cours à sa faculté d'invention en imaginant l'Angleterre après l'apocalypse. Grand manipulateur du langage, auteur de romans d'idées, Will Self fait figure d'exception outre-Manche...
Le langage structure les divers niveaux de cet univers, puisque les Hamsters - les habitants de Ham - ont leur propre dialecte, les motos s'exprimant dans leur charabia, tandis que les prêtres, appelés chauffeurs, ont un mode d'expression plus châtié. La langue joue, emprunte, déconstruit, exploite les sons, exerce la patience du lecteur et visiblement s'amuse (ce que fait aussi le traducteur, le talentueux Robert Davreu). Les Ecritures se conforment aux instructions du code de la route : c'est que Dieu, autrement dit Dave, les a rédigées, la "davinanité" (où on lit Dave, divinité, inanité) étant la religion qu'il a instituée et que les Hamsters respectent avec un zèle aveugle, digne de celui que déploient islamistes ou fondamentalistes chrétiens quand il s'agit du Coran ou de la Bible...
La critique ici s'adresse à l'interprétation littérale, au besoin aveugle de croire et d'obéir. Inanité des Ecritures, inanité d'un certain type de société patriarcale, dont Will Self constate encore les effets autour de lui...
Commençons par lutter ici et maintenant. Par exemple en écrivant une contre-utopie brillante, comique, formidablement inventive.


  • La revue de presse Sophie Pujas - Le Point du 26 août 2010

Mi-récit d'anticipation siphonné, mi-satire sociale, Le livre de Dave emporte son lecteur dans un tourbillon acide. "L'homme est une créature perverse, diagnostique Will Self.Pourquoi faudrait-il croire au progrès ?" L'écrivain partage avec son ami Martin Amis le goût de la provocation et un regard plus que désabusé sur ses contemporains. Il vient de se mettre au français dans l'espoir de lire un jour Céline et Flaubert dans le texte. Côté ironie grinçante, il sera en famille.


  • Les courts extraits de livres : 21/09/2010

Le groupe du Hack
JU1 523 A.-D.

Carl Dévúsh, douze ans, des mollets de coq, les cheveux blonds décolorés, le teint hâlé par l'antibrouillard, faisait voler de ses pieds nus des tourbillons de sable jaune clair alors qu'il détalait sur le chemin du fief. Bien qu'il fût encore tôt dans le premier tarif, l'antibrouillard avait déjà percé le nuage et tari la rosée de l'île. A mesure qu'il prenait de la hauteur, Carl, en regardant pardessus son épaule, voyait d'abord l'entaille de Manna Bä, puis les pentes étouffées sous les arbustes du Gayt qui s'élevaient au-delà d'elle. La brume de mer s'était retirée non loin du littoral, où elle demeurait en suspens, amas gris-blanc se fondant au pare-brise bleu au-dessus. Et si jeu me trouvé là-ho, pensa Carl, là-ho kom' l'Oeil volant ? Il se plaça dans cette perspective aérienne et vit Ham, flottant comme un tourniquet, projetant des pattes anguleuses de pierre grise loin dans les eaux tranquilles de son lagon bleu outremer. Ces eaux intensifiaient les innombrables verts de l'île-tourniquet : sa moisson dorée, son pointecopine aux fleurs pourpres, bleues et mauves, ses tertres jaunâtres d'épineuses et ses déploiements duveteux d'herbafeux. Toute la coquille chatoyante était rehaussée par une palissade d'herbacloques, dont les ombelles bordaient comme de la dentelle le littoral tout entier.
L'île réelle était tout aussi vivifiée qu'une vision joujouesque, l'ondulation de terre tournée vers le sud-ouest animée d'un bourdonnement audible. Des abeilles, droguées par la chaleur, étaient couchées dans les fleurs, des fourmis étaient allongées sur des lits de feuilles décomposées, des rats volants émettaient un petit glouglou de liquide qu'on verse - avant de remettre le bouchon. Au sud, quelques mouettes montaient en flèche au-dessus de la verdure plus dense de la Ferbiddun Zön.


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