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Auteur : Jacques Abeille
Illustrateur : François Schuiten
Date de saisie : 27/10/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Attila, Le Rayol-Canadel, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 9782917084199
GENCOD : 9782917084199
Sorti le : 26/08/2010
Au coeur du maelström éditorial de nos rentrées littéraires se dissimulent parfois d'authentiques chefs d'oeuvres. Tapis dans l'ombre des jacassements médiatiques, ils patientent avec noblesse à la recherche d'une âme soeur. Certains d'entre eux reviennent de loin, ils ont flirté avec l'oubli, fatigués d'espérer cette chimérique rencontre, ils ont failli capituler, ils se pensaient maudits.
Mais même les sortilèges les plus néfastes n'ont eu raison des Jardins statuaires. Manuscrits égarés, incidents de fabrications, incendie d'entrepôts, le somptueux roman de Jacques Abeille aura chèrement gagné sa place sur nos tables, afin de gouter, enfin, au succès qu'il mérite amplement. Rêverie poétique, quête initiatique, roman d'aventure, conte philosophique, ou encore récit de voyage, cette oeuvre magistrale échappe à toute classification, et ce pour le plus grand bonheur d'un lectorat avide de cette littérature de l'imaginaire, dont la force immersive nous transporte avec délectation.
Sur les traces d'un voyageur, le récit nous fait pénétrer dès les premières lignes au coeur d'une étrange et incertaine contrée. Aux pieds des routes larges et austères s'étendent de vastes domaines protégés par des murailles, derrière lesquelles les hommes vivent en communautés, se consacrant exclusivement à la culture des statues. Convié par l'un de ces étranges jardiniers à découvrir les secrets de leur subtil et fascinant travail, le regard de notre homme s'émerveille instantanément. De la germination fragile au déracinement final de ces imprévisibles sculptures, il s'immerge avec délectation dans cet univers où minéral et végétal s'entrelacent harmonieusement dans une même rêverie. Pénétré par sa découverte, le voyageur entame la rédaction d'un ouvrage consacré au savoir faire de ces artistes-botanistes, mais également à leurs nombreuses coutumes, leur complexe organisation sociale ainsi qu'aux nébuleuses légendes qui semblent émailler leur pays. Mais sa plume enthousiaste vacillera bientôt face à la découverte des versants sombres de leur civilisation ?
Récit magnétique aux multiples facettes, l'oeuvre de Jacques Abeille s'offre avant tout comme une expérience romanesque sans précédant, déjouant admirablement tous les artifices narratifs pour se créer une identité propre. Servi par une écriture somptueuse, dont l'élégance syntaxique n'est pas sans rappeler celle d'un Julien Gracq, Les jardins statuaires recèlent une incroyable puissance onirique dont l'ampleur pénétrante s'affirme dès les premières pages.
Une symphonie stylistique, un envoutement littéraire à découvrir de toute urgence.
Que dire d'une oeuvre si ample qu'elle échappe aux catégories littéraires ? Les Jardins statuaires, c'est à la fois une fable, un roman d'aventure, un récit de voyage, un conte philosophique. À une époque indéterminée, un voyageur découvre un monde mystérieux où, dans des domaines protégés par de vastes enceintes, les hommes cultivent des statues... Nourri à la lecture des surréalistes, mais aussi des romans populaires, Jacques Abeille (né en 1942) a créé une oeuvre qui rejoint celles de Mervyn Peake, de Julien Gracq, de Tolkien, mais dont le destin dessine une légende noire : tapuscrit égaré, faillites d'éditeurs, incendies et malchances ont concouru pendant trente ans à l'occultation de ce roman sans équivalent clans la littérature française.
Un chef d'oeuvre maudit, faisant le lien entre Gracq et Tolkien : pertes de manuscrit, faillite d'éditeur, incendie d'entrepôts... Publié par Bernard Noël chez Flammarion en 1982, victime de problèmes de fabrication puis de l'incendie des entrepôts de l'éditeur, Les Jardins statuaires n'a jamais connu de véritable existence en librairie depuis près de trente ans. Récit de voyage, conte philosophique, utopie, roman initiatique et roman d'aventures, le texte déroge aux habituelles catégories littéraires. Jacques Abeille a forgé un domaine fantastique qui rejoint ceux de Mervyn Peake, de Julien Gracq, d'André Hardellet, avec la langue d'un peintre et d'un poète, créant des mondes d'une rare force visuelle. A une époque indéterminée, un voyageur découvre le pays des «Jardins statuaires», un ensemble de domaines, protégés par de vastes enceintes, où la principale activité des hommes consiste à cultiver des statues. Dans ces propriétés où la pierre pousse sans cesse, la vie est réglée d'après une organisation rigoureuse, apparemment ludique et rationnelle, mais aux fondements étranges. Au fil des pérégrinations du voyageur, l'utopie se lézarde...
Le roman de Jacques Abeille, Les Jardins statuaires, tient du miracle...
A la fois récit de voyage et d'anticipation, roman d'aventures et fable philosophique, Les Jardins statuaires sont la preuve d'un talent insensé. «Je crus écrire l'oeuvre d'un fou», dit Jacques Abeille (né en 1942), auteur méconnu d'une trentaine d'ouvrages.
Un roman à l'histoire mouvementée, enfin réédité...
Un roman d'une large puissance poétique, entre onirisme et fantastique, dans lequel le narrateur erre dans des contrées hostiles, interdites à l'étranger, où les femmes forment une caste et où l'on fait pousser des statues de pierre. «Ce roman est sa propre métaphore, il avance par béances successives.» C'est grâce à l'opiniâtreté de deux jeunes éditeurs que le roman revit aujourd'hui : Frédéric Martin et Benoît Virot.
A l'occasion de cette rentrée littéraire, les éditions Attila nous proposent de redécouvrir les extraordinaires Jardins statuaires de Jacques Abeille...
Grande fresque fantasmagorique, Les jardins statuaires ne ressemblent à rien de connu, si ce n'est un mélange entre Julien Gracq, André Pieyre de Mandiargues, Alfred Jarry, la mythologie grecque et la littérature anglaise fantastique. Si Jacques Abeille excelle dans les descriptions des décors baroques et des moeurs les plus étonnantes, il livre aussi une subtile parabole politique (très en vogue dans cette rentrée, avec Les assoiffées de Bernard Quiriny et Cronos de Linda Lê) et une méditation sur la création littéraire. Autant de pistes de lecture pour un livre dont beaucoup de lecteurs ne soupçonnaient même pas l'existence. D'ailleurs, comme le dit la première phrase : "Est-on jamais assez attentif ?"
Dire que «les Jardins statuaires» est un roman culte serait un euphémisme. Premier tome du prodigieux «Cycle des contrées», qui en compte six, il fut écrit à la fin des années 1970. Abeille, né en 1942, eut l'idée de ce pays où les statues sortent de terre en voyant un paysan gratter son champ. Il entama un conte de quelques pages. Sa minutie accoucha de ce roman-monde dont la richesse dépasse de loin «la fade transparence d'une allégorie». «Je crus avoir écrit l'oeuvre d'un fou», dira-t-il. Il n'avait pas tort : Buzzati y rencontre Tolkien, dans une langue mélodieuse comme du Julien Gracq.
Est-on jamais assez attentif ? Quand un grand arbre noirci d'hiver se dresse soudain de front et qu'on se détourne de crainte du présage, ne convient-il pas plutôt de s'arrêter et de suivre une à une ses ramures distendues qui déchirent l'horizon et tracent mille directions contre le vide du ciel ? Ne faut-il pas s'attacher aux jonchées blanchâtres du roc nu qui perce une terre âpre ? Être attentif aussi aux pliures friables des schistes ? Et s'interroger longuement devant une poutre rongée qu'on a descendue du toit et jetée parmi les ronces, s'interroger sur le cheminement des insectes mangeurs de bois qui suivent d'imperceptibles veines et dessinent comme l'envers d'un corps inconnu dans la masse opaque ?
C'est le vide de toute part qui tâche et joue à se circonvenir et creuse lentement les lignes de la main de la terre. Les réseaux se nouent, se superposent, s'effacent. Les signes pullulent. Il faut que le regard s'abîme.
Pourtant d'autres contrées sont à venir. Il y aura des pays.
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