Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Olivia Rosenthal
Date de saisie : 18/08/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Verticales-Phase deux, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 9782070130221
GENCOD : 9782070130221
Sorti le : 26/08/2010
Ce livre se lit comme une brasse coulée. Tour à tour, le personnage féminin et l'homme, dont la profession est en lien avec l'animal, vont apparaître dans un dialogue de sourds.
Au fil du livre, cette petite fille se demandant que font les rennes après Noël va grandir et s'émanciper.
Olivia Rosenthal nous offre un livre d'une incroyable originalité. Elle arrive à lier étroitement l'homme et l'animal grâce à la structure parfaite de son roman.
Un prix inter amplement mérité.
C'est sans conteste l'un des romans le plus original de cette rentrée littéraire. Après On n'est pas là pour disparaître qui associait déjà fiction et documentaire pour parler de la mémoire via la maladie d'Alzheimer, l'auteur se penche cette fois sur l'émancipation en faisant le parallèle entre la vie d'une femme - de son enfance à l'âge adulte - et le monde animal. Le lien subtil mais logique se tisse au fur et à mesure entre les deux univers, en traitant de la liberté des uns et la soumission des autres par exemple.
Roman étrange que celui qui raconte les animaux pendant des pages entières pour nous faire réaliser nos propres automatismes ? Un livre déroutant mais que l'on ne lâche pas : Olivia Rosenthal est décidément très forte !
Publié aux éditions Verticales-Phase deux éditeur entre autres d'Arnaud Catherine, François Bégaudeau, Gabrielle Wittkop...
1) Qui êtes-vous ? !
Matricule 2 65 09 75...
2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'animal
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Tout dresseur commence sa carrière en séparant les nouveau-nés de leur mère" (p. 49) et aussi "Moi, je voulais être boucher parce que j'avais envie de tuer" (p.197)
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le cri de Tarzan dans la jungle.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une question : comment vivre avec les animaux ?
Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L'histoire d'une enfant qui croit que le traîneau du père Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plus y croire. Il faut grandir, il faut s'affranchir. C'est très difficile. C'est même impossible. Au fond, vous êtes exactement comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien trouver un moyen.
O. R.
Olivia Rosenthal a publié sept fictions aux Éditions Verticales, notamment Mes petites communautés (1999), Les fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (2005) et On n'est pas là pour disparaître (2007, prix Wepler).
Souvent déroutant, le livre l'est dans sa précision quasi encyclopédique. Et les nombreux paragraphes presque autonomes qui se succèdent réussissent à trouver un vrai rythme, une fluidité renforcée par ce jeu d'échos. D'autant plus qu'au milieu de ces observations à l'allure bien scientifique, Olivia Rosenthal laisse affleurer d'étranges et obsédants fantasmes, celui de l'enfant qui rêve de s'enfuir avec les rennes après Noël ou encore celui, inspiré de La Féline de Jacques Tourneur, de la femme-panthère dévorant son mari après l'amour. Une fois n'est pas coutume, on lit avec la même passion le descriptif des règles d'hygiène qui dictent le protocole des expérimentateurs d'animaux et l'histoire doucement cruelle de la libération de cet individu humain femelle qui peine tant à s'affranchir de l'imprégnation de son milieu parental.
Où se niche notre part animale ? Un texte atypique et brillant signé Olivia Rosenthal...
L'animal peut bien être parqué derrière des barreaux, en quoi est-il si distinct de l'humain, dont l'existence est pareillement régie par un corpus de règles et de contraintes ?...
Croisant littérature vétérinaire et récit expérimental, elle dissèque avec poésie notre regard sur ce diable d'animal, objet de terreur et de fascination - à l'image de ces grands fauves, observables au zoo de Vincennes depuis qu'on a cessé d'y enfermer des humains. Avec Que font les rennes après Noël ?, elle signe un grand roman d'apprentissage. Mieux : un manuel de retour à la vie sauvage.
L'ambition d'Olivia Rosenthal pour ce onzième ouvrage est évidente. Elle prend le pari de jouer à la fois sur l'identification et la distance, sur le savoir et le trouble. On loue souvent son intelligence et son savoir-faire : ce livre démontre qu'elle sait les mettre au service d'un récit qui bouscule très sérieusement le lecteur. On n'attendra pas Noël pour s'offrir un des plus forts romans de cet automne.
Pour sonder la nature humaine, Olivia Rosenthal est allée au zoo. Pour connaître le sens de la vie, dans un abattoir. Pour se demander si l'on naît libre, chez un dresseur. Sa démarche est, en soi, assez extraordinaire. Ce qui l'est encore plus, c'est qu'elle a y a trouvé des réponses...
Elle a ensuite conçu un récit polyphonique, dont on ne connaît pas la part de fiction, chose agréable. En parallèle, elle raconte la vie d'une femme, de sa naissance à ses 44 ans, son parcours vers l'émancipation, ses doutes sur l'appartenance à sa famille, à sa communauté, à son espèce...
La force du livre tient à ce va-et-vient permanent entre le monde animal et les interrogations humaines. Chaque paragraphe se répond ; chaque chapitre, en plongeant dans un nouvel aspect de la vie des bêtes, inaugure une nouvelle ère pour son personnage.
L'interrogation formulée dans le titre de ce nouveau et très beau texte est celle d'une petite fille : que deviennent les rennes du Père Noël une fois la fête humaine finie ? Grâce au vouvoiement, la narratrice va mettre à distance cette enfant et la suivre de sa naissance, de son lien très fort avec sa mère, jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. En contrepoint de la confession intime d'une femme est présentée une histoire des animaux et du sort que les humains leur ont réservé. Elle est saisie à travers les propos de ceux qui sont chargés de les soigner, de les capturer, de les élever et, bien souvent, de les tuer...
La lisière dessinée par le double récit fait surgir des questions : en quoi consiste l'humanité ? Qu'est-ce que le monde animal ? Qu'est-ce qui nous en sépare ?...
Son histoire est celle d'une émancipation, celle des bêtes, l'évocation d'un destin inexorable. L'itinéraire de la jeune fille est retracé à la façon d'un roman de formation, mais il ne la conduit pas à la désillusion, habituelle dans ces récits. Bien qu'amère, l'expérience la mène jusqu'à la découverte d'elle-même, et ce roman d'apprentissage se termine par un éveil.
Olivia Rosenthal fait le parallèle entre la vie des hommes et celle des bêtes sauvages. Glacial mais très réussi...
Un enfant n'est-il pas, en un sens, la propriété et le produit de sa mère ? Quelqu'un qu'on invite dans sa chambre n'est-il pas un fauve qu'on souhaite enfermer ?...
Un roman qui hante son lecteur des jours durant. Et, surtout, qui réveille la bête en lui.
Dans son précédent roman, On n'est pas là pour disparaître, la romancière mêlait déjà documentaire et fiction, autour du motif de la perte de mémoire et de la maladie d'Alzheimer. A présent, dans Que font les rennes après Noël ?, elle pousse encore plus loin cette construction polyphonique avec une maîtrise enthousiasmante...
Apparemment décalé, parcellaire, ce roman sur la domestication est cohérent, porté par un grand sens du rythme, un jeu subtil sur la répétition. Poétique, humoristique, Que font les rennes après Noël ? parle de nos illusions, des rêves d'enfant qui se brisent et de la sauvagerie que nous cachons au fond de nous.
Vous ne savez pas si vous aimez les animaux mais vous en voulez absolument un, vous voulez une bête. C'est l'une des premières manifestations de votre désir, un désir d'autant plus puissant qu'il reste inassouvi.
Tigrons, léopons, pumapards, jaglions, tiguars, jaguleps, léoptigs, tiglons, liards, léonards sont non seulement des mots rares mais aussi des êtres de chair et d'os, nés dans des animaleries sous la surveillance et avec l'aide de chercheurs déterminés à assurer la survie des grands prédateurs. Ces animaux étranges ne peuvent être véritablement considérés comme sauvages, puisqu'ils n'existent pas à proprement parler dans la nature et n'appartiennent à aucune espèce répertoriée. En conséquence, on a sans doute le droit d'en faire légalement l'acquisition. Il faut savoir cependant que l'on met sa vie en péril en accueillant chez soi l'un de ces spécimens, d'autant que de savantes études ont montré que les rejetons inter-espèces sont sujets à de fréquents et graves troubles mentaux.
On vous a raconté que vous ne vouliez pas sortir du ventre de votre mère. Il y a même des clichés qui vous montrent assise fièrement entre les jambes de votre génitrice, tête en l'air. La position dite du siège serait la première manifestation de votre volonté.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia