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Auteur : Guillaume Guéraud
Date de saisie : 18/11/2010
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Rouergue, Arles, France
Collection : DoAdo
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-8126-0162-0
GENCOD : 9782812601620
Sorti le : 08/09/2010
Le roman commence par cette citation de Jean-Luc Godard : "Le cinéma fabrique des souvenirs, alors que la télévision fabrique de l'oubli". Le ton est donné.
Si Guillaume Guéraud partage l'avis de Godard maintenant, il en était tout autrement quand il avait 8 ans. Tous les autres ont la télé dans la cour de récré, et Guillaume rêve de voir Goldorak et Tom Sawyer en dessins animés. Il demande des explications à sa mère sur cette absence, réclame, supplie, il veut la télé ! Il se met dans une colère noire mais rien n'y fera. La télé n'entrera pas dans l'appartement.
Sa mère a une autre idée.
"elle décide de m'emmener au CINÉMA."
"Sans la télé" est un roman qui se lit d'une traite, c'est vraiment (vraiment-vraiment) bien, son auteur se dévoile et si le lecteur a lu quelques-uns de ses romans avant, des connexions se font.
Pour info, les films énoncés tout le long du roman sont répertoriés à la fin !
À lire dès... qu'on en a envie (dès 12-13 ans), ado, adulte, peu importe !
Dans un récit autobiographique, l'auteur raconte sa jeunesse dans une cité populaire au cours des années 1970-1980, à travers son rapport au cinéma. Sa mère refusant d'avoir la télévision, elle l'entraîne dans les salles obscures, et c'est grâce au septième art qu'il découvre le monde. Un roman émouvant, véritable ode au cinéma, pour ados et/ou passionnés de cinéma...
Jusqu'au moment où je les entends parler de Charles Ingalls. Et de sa fille Laura qui a soi-disant récité un poème l'autre jour qui a fait pleurer tout le monde à l'école. Je me creuse mais je ne connais pas une seule fille qui s'appelle Laura dans notre école et, dans le quartier, je connais la famille N'Dong, la famille Abdelazziz, la famille Absalon, mais aucune famille Ingalls.
- C'est qui Laura Ingalls ? je leur demande.
- La fille de la petite maison dans la prairie ! ils me répondent tous à la fois
Quelle maison ? Quelle prairie ? On habite sans un quartier où il n'ya que des immeubles, un centre commercial et un parking. A croire qu'ils se foutent de moi.
Guillaume a 8 ans et vit dans un quartier populaire de la banlieue bordelaise dans les années 70. Guillaume a 8 ans et il aimerait bien qu'on lui explique pourquoi tout le monde a la télévision sauf lui. Alors pour contrer Tom Sawyer, Zorro, Starsky et Hutch et les supers pouvoirs de Goldorak, sa mère décide de l'emmener au cinéma.
Et Guillaume voit des films, des tas de films, des films trop grands pour lui, des films qu'il ne comprend pas toujours. Mais qu'importe ! C'est dans les salles obscures, enfoncé dans des fauteuils au velours élimé du ciné-club que Guillaume va découvrir le monde : la vie avec Le Voleur de Bicyclette de De Sica, la lutte des classes avec Les Temps Modernes de Chaplin, les filles et le sexe avec Duel au soleil, la violence qui libère avec Scarface de De Palma... Des films qui font pleurer, rire, réfléchir. Des films qui lui montrent le monde tel qu'il est.
Un récit autobiographique tout en émotion, où comme au cinéma (parfois) le rire se mêle aux larmes, et pour comprendre pourquoi E.T. est finalement un héros communiste...
Une courte lecture de Guillaume Guéraud
Guillaume Guéraud au micro de Jean Morzadec
Tous ses camarades ont la télévision. Pas lui. A cause de sa mère et de son oncle qui jurent que "la télé est un poison qui rend con". Il est le seul de son école et de son quartier à ne pas connaître Goldorak et Dallas. Alors il va au cinéma. Il y voit un rat blanc aux yeux rouges. Il y voit une femme à poil cracher du sang. Il y voit des samouraïs et des cow-boys et des extraterrestres. De M le Maudit à Scarface, de Federico Fellini à Francis Ford Coppola, de Berlin à Chinatown, Guillaume Guéraud raconte dans cette autobiographie les images qui l'ont fait basculer de l'enfance à l'adolescence. Et qui ont nourri tous ses romans précédents.
Dans ce récit autobiographique, Guillaume Guéraud retrace sa jeunesse dans une cité populaire au cours des années 1970-80, au travers d'un prisme particulier : son rapport au cinéma. Sa mère refusant d'avoir la télé, elle l'entraîne dans les salles obscures et c'est au travers du septième art qu'il découvre le monde. Un récit d'une très grande émotion, qu'on lira aussi comme un éclairage indispensable sur l'univers de cet auteur jeunesse de grand talent.
Les golgoths de l'espace
Le truc que je veux comprendre, d'abord, c'est pourquoi y a pas la télévision chez nous.
Avant même de chercher à savoir pourquoi j'ai pas de père, pourquoi j'ai les cheveux blonds alors que ma mère est brune ou pourquoi l'océan ne finit pas par déborder avec tous les fleuves qui se jettent dedans et toute cette pluie qui tombe, ce que je veux qu'on me dise avant tout, c'est pourquoi tout le monde a une télévision, sauf nous.
Ma mère a une réponse. Elle dit : «La télévision, c'est pour les vieilles personnes qui ne savent plus quoi faire de leur vie.»
Bon. Il y a la télévision chez mes grands-parents par exemple. Ils sont à la retraite et ils habitent à la campagne. Quand je débarque chez eux avec ma mère, chaque week-end, ils sont tellement contents de nous accueillir que je suis persuadé qu'ils doivent vachement s'ennuyer le reste de la semaine.
Mon grand-père allume la télévision après le repas de midi. J'ai déjà essayé de la regarder avec lui. Sauf que ça ne me plaît pas, c'est toujours le même bonhomme qui déblatère le même charabia, «affrontements entre forces chrétiennes et dissidents prosyriens au Liban», «gel des relations entre l'Union soviétique et les États-Unis», «enjeu des élections législatives en France»... J'aimerais bien comprendre ce qu'il raconte mais je ne peux même pas demander sinon mon grand-père se fâche : «Bon sang, Guillaume, tais-toi et laisse-moi regarder tranquillement les informations !»
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