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.. Brève histoire de pêche à la mouche

Couverture du livre Brève histoire de pêche à la mouche

Auteur : Paulus Hochgatterer

Traducteur : Françoise Kenk

Date de saisie : 31/07/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Quidam éditeur, Meudon, France

Collection : Made in Europe

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-915018-45-5

GENCOD : 9782915018455

Sorti le : 01/04/2010

Trois hommes, trois psys, partent en voiture pour une longue journée de pêche. Le chauffeur est «l'Irlandais», gaillard de deux mètres zéro un qui fait un peu figure de chef d'équipe et qui, par conséquent, pérore durant de longs kilomètres, arbitre les discussions qui naissent en cours de route et décide des chansons qui vont occuper l'habitacle de la vieille Passat. Julian, lui, n'a jamais le dernier mot et parle dès le début comme la victime qu'il sera à la fin de cette journée de pêche, la tête et les mains complètement enflées après avoir chuté dans un buisson d'herbe du diable. Son matériel est impeccable quand il n'est pas neuf et seule sa femme semble hanter ses pensées. Le troisième larron est le narrateur, dit «Mesmer» parce qu'il connaît l'hypnose dont il ne se sert en vérité que pour endormir sa fille avant d'aller chez le dentiste. Il est d'humeur égale et laisse souvent son esprit se perdre dans d'agréables pensées quand ses deux compères se battent à fleur et moucheté en s'opposant sur tel ou tel enjeu psychanalytique.

Immédiatement, le lecteur se sent à sa place dans cette bande de copains tant Paulus Hochgatterer excelle dans l'art du dialogue et parvient à nous faire rire avec eux des piques qu'ils se lancent et les débats pour initiés dans lesquels ils se complaisent du genre : «Est-ce qu'il y-a du romantisme dans la psychiatrie ?». Pourtant ne croyez pas qu'il soit nécessaire d'avoir un quelconque diplôme de psy ou que les différents noms de mouches et de lancers n'aient aucun secret pour vous, pour que vous trouviez votre bonheur entre ces pages. La beauté des paysages de forêts de pins noirs du Bassin viennois, le clapotis de l'eau d'une rivière placée sous les nuages ou le duvet blond sur les bras de la jeune serveuse d'un restoroute sont autant de raisons autrement plus valables pour vous jeter dès à présent sur ce livre atypique tout droit venu d'Autriche. Un roman à placer immédiatement entre ceux des plus grands écrivains de la pêche en eau douce que sont John Gierach (Traité du zen et de l'art de la pêche à la mouche) et William G. Tapply (Dérive sanglante).


  • Les présentations des éditeurs : 31/07/2010

Trois " psy " prennent la route une matinée de septembre pour une partie de pêche à la mouche. Une journée très particulière au cours de laquelle leur rencontre fugace avec une jeune serveuse sur une aire d'autoroute fait déjà bouger les rapports entre eux : rationalité extrême, obsession névrotique ou frustration, chacun prend plus ou moins ses marques. Derrière les leurres, qui avalera l'hameçon ?

Subtil et discret hommage à quelques grands de la littérature américaine, le " réalisme vibrant " de Brève histoire de pêche à la mouche de Paulus Hochgatterer plonge le lecteur dans des eaux troubles et sombres comme l'inconscient et ferre la part d'ombre qui est en chacun de nous.

Paulus Hochgatterer, né en 1961 en Autriche, est écrivain et psychiatre pour enfants à Vienne. Il a été récompensé de plusieurs prix et distinctions, dont dernièrement la bourse Elias Canetti de la ville de Vienne.


  • Les courts extraits de livres : 31/07/2010

Lorsque nous nous retrouvons, nous ne savons rien de ce qui va se passer ce jour-là, ni de l'histoire du World Trade Center ni du fait que Julian tombera dans un buisson d'herbe du diable, puis dans la rivière. Le temps n'est pas celui que nous avions imaginé, ça, nous le savons.
Je me dirige vers le parking, je fais semblant de croire que la seule chose juste à faire au petit matin est de marcher dans la bruine vers un parking. Un geai plante son bec dans le talus derrière les buissons de genévrier. Les écureuils bien nourris qui, habituellement, courent autour des jambes des visiteurs, sont tapis dans les branches des pins et n'en bougent pas. La surface asphaltée du chemin d'accès brille d'humidité. Devant les bennes à ordures, deux corneilles font des pas d'arpenteur et me fixent.
Personne ne peut expliquer de manière concluante pourquoi nous prenons la voiture de l'Irlandais. On peut supposer que c'est à cause de l'état de cette Passât ocre désormais à toute épreuve de la pluie, de la grêle, et surtout de la boue. Julian et l'Irlandais sont debout à côté de la voiture, Julian dans sa veste de gore-tex rouge foncé, l'Irlandais dans une épaisse chemise de bûcheron à carreaux, marron avec beaucoup de mauve. «Alors, content ?» demande Julian. «Oui, je dis, content de me tirer d'ici, et parce qu'à coup sûr on sera les seuls avec ce temps.» «Je n'en serais pas si certain», dit Julian. C'est quelqu'un qui se sent tout le temps menacé.


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