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.. Au nord du monde

Couverture du livre Au nord du monde

Auteur : Marcel Theroux

Traducteur : Stéphane Roques

Date de saisie : 29/07/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Feux croisés

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782259212199

GENCOD : 9782259212199

Sorti le : 26/08/2010

  • Le courrier des auteurs : 28/08/2010

1) Qui êtes-vous ?
Je suis le traducteur de «Au nord du monde», premier roman traduit en français de Marcel Theroux, publié aux Editions Plon. Autodidacte, j'ai appris les langues en voyageant et suis devenu traducteur littéraire au hasard d'une rencontre avec un génie de la traduction, Jean-Pierre Carasso, qui est aussi la personne la plus généreuse qu'il m'a été donné de connaître. En plus de devenir un ami cher, il m'a appris mon métier, a été mon mentor, en quelque sorte.

2) Quelles sont, selon vous, les qualités demandées à un traducteur ou une traductrice ?
Être un bon écrivain. Rien ne sert d'être bilingue si l'on ne sait pas écrire.
Être un caméléon. Savoir se mettre dans la peau d'un auteur, s'effacer derrière ses mots, son style et sa personnalité.
La persévérance. Comme me l'a souvent répété Jean-Pierre Carasso : «L'ennui, quand on cherche, c'est qu'on finit toujours par trouver.»

3) Quel est le thème central du livre que vous venez de traduire ?
La fin du monde ! Mais par-dessus tout, la capacité de l'homme à survivre et renaître à l'espérance.

4) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Parfois, quand on a beaucoup souffert, il arrive que ce soient les petits détails qui vous brisent.»

5) Si ce livre était une musique, laquelle serait-elle selon vous ?
Celle d'un tourbillon de poussière sur une route déserte.


  • Les présentations des éditeurs : 28/08/2010

À la frontière d'un monde perdu et glacé, Makepeace - shérif d'une ville de Sibérie vidée de ses habitants - patrouille dans les rues désertes, sauvant les livres et les armes des décombres. Cette terre froide et inhospitalière porte les stigmates de la catastrophe qui a détruit le monde alentour.
Mais c'est là aussi que Makepeace découvre des preuves de survie lorsque le ciel au-dessus de sa tête est pour la première fois traversé par un avion. Alors Makepeace prend la route, à cheval, les armes à la ceinture et l'espoir chevillé au corps. Ses pas laissent derrière eux l'empreinte de nos angoisses sur la survivance de notre civilisation mais sèment l'espoir, malgré tout, de la rédemption.

La quête hantée et bouleversante d'un personnage qui explore, à travers un monde dévasté, le genre humain et la possibilité de sa fin. Au bout de ses pas, de son souffle, et de sa force, la fable renaîtra ou expirera avec Makepeace.


  • Les courts extraits de livres : 28/08/2010

Chaque jour, je boucle mon ceinturon de revolvers pour aller patrouiller dans cette ville miteuse.
Je fais ça depuis si longtemps que j'ai pris le pli, comme la paume de la main qui porte un seau dans le froid.
Le pire, c'est l'hiver, quand j'émerge d'un sommeil agité, que je cherche mes bottes à tâtons dans le noir. L'été, ça va mieux. L'endroit est presque ivre d'une lumière sans fin et le temps file pendant une semaine ou deux. Il n'y a pas vraiment de printemps ou d'automne dignes de ce nom. Ici, dix mois par an, le climat mord la peau.
Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis. Mais avant ça, il y a eu des moments si durs que j'accueillais presque avec gratitude une bonne vieille tuerie entre adultes consentants.
Oui, quelque part sur l'échelle des années, mes yeux se sont éteints avec le meilleur de moi-même.
Jadis, au temps de ma jeunesse, les jours s'écoulaient dans l'opulence et le bonheur. La vie était réglée comme du papier à musique. On repiquait les plants de la serre dès que la terre était assez meuble pour labourer. Vers le mois de juin, on s'asseyait sur la véranda pour écosser des fèves jusqu'à en avoir mal aux épaules. Puis il y avait les patates à sécher, les choux à rentrer, les viandes à saler et, en automne, les champignons et les baies à cueillir. Et quand le froid nous tombait dessus, j'allais chasser et pêcher sous la glace avec mon père. On faisait cuire de l'omoul et de l'élan sur des feux de bois flotté, au lac. On allait à cheval sur les routes de l'hiver pour acheter des vêtements de fourrure et du caribou aux Toungouses.


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