Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Fabrice Humbert
Date de saisie : 17/06/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : le Passage, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782847421545
GENCOD : 9782847421545
Sorti le : 19/08/2010
Déjà très remarqué pour son livre "L'origine de la violence" (Editions Le Passage) Fabrice Humbert vient de recevoir le Prix du Roman RTL-LIRE pour son nouveau roman "Le silence de Sila". Formidable roman de notre époque, l'auteur, à travers une mosaïque de personnages, nous oblige à nous poser la question de la "ligne jaune" à ne pas franchir pour dériver vers "le salaud". Du professeur russe très cultivé qui devient conseiller de Boris Eltsine, puis oligarque du pétrole, le brillant chercheur français, débauché par la "City" pour imaginer des produits financier sophistiqués, au fils à papa américain qui rêve de proposer aux couches défavorisés le "rêve américain" de la maison individuelle (et "subprimes"), tous convergent vers une rencontre avec Sila qui mettra à nu leur franchissement de la ligne jaune. Avec des femmes admirables qui deviennent leur mauvaise conscience. Un remarquable roman que nous avions découvert à sa sortie et qui vient d'obtenir ce prix très mérité.
Le cinéma ne s'y est pas trompé puisque les droits du roman ont été acquis pour en faire un film. Un vrai roman des temps modernes.
Plonger dans ce livre pour découvrir dans quel monde nous évoluons ; ce monde cynique de la finance qui prédomine, du pouvoir des hommes de l'argent. Évidemment, que l'on sait déjà cela.
Mais suivre le roman de Fabrice Humbert est captivant de terreur : il donne froid dans le dos.
Tout commence avec Sila, l'Africain, déraciné, mais son rêve se réalisant ; être en France et servir dans un grand restaurant.
C'est dans ce restaurant, microcosme de notre société, que tout se met en place, comme sur un échiquier, tous les protagonistes sont présents.
Sila évidemment, Lev le Russe, ancien prof de philo devenu un homme d'affaires, Helena sa femme, une intellectuelle, Simon le naïf, Matt l'arriviste - tous deux Français -, Ruffle l'américain et Shoshana sa femme.
Nous côtoyons tous ses personnages dans leur passé, leur présent, leur quotidien.
Et c'est un monde calculateur, sans morale, sans sentiment, sans scrupule, qui se déroule sous nos yeux.
A lire avant de tout faire exploser ! ! !
Avec son nouveau roman, Fabrice Humbert se penche cette fois sur les affres de notre société contemporaine en mêlant avec un certain talent les vies de plusieurs personnages qui vivent aux quatre coins du monde mais qui ont tous cette particularité d'aimer être riches et beaux. Un roman très bien amené et finement ciselé sur l'ambition et le culte de l'argent de certains qui font aussi le malheur des autres quitte à provoquer leur perte... À mettre entre toutes les mains. Le meilleur moyen pour rester humble envers soi et envers les autres.
Portraits ciselés de bandits de la finance, de leur grandeur et décadence. Drôle, cynique et redoutablement intelligent.
Roman époustouflant sur la violence ordinaire. Le destin de trois personnages se croise dans un restaurant chic de la capitale. Une scène brutale est prétexte à explorer leurs vies. Écriture remarquable et construction d'une maîtrise rare.
Mon premier coup de coeur de cette rentrée littéraire !
Dans un grand restaurant parisien, un serveur est violemment frappé par un client. Autour d'eux, le silence se fait, mais personne n'intervient. On découvre peu à peu la vie de ces personnes : l'homme violent qui a maltraité le serveur, la victime, le couple de Russes assis non loin et le duo atypique de jeunes hommes que tout oppose.
Ce roman profondément ancré dans la société moderne traverse les XXème et XXIème siècles, depuis la chute du mur de Berlin jusqu'à la crise financière de 2008, en passant par tous les affres de la société consumée par le gain de l'argent. On assiste à l'ascension du capitalisme dans le monde entier, ainsi que sa chute, qui coïncidera avec une rupture exceptionnelle dans la vie des personnages...
On se laisse porter par l'écriture de Fabrice Humbert qui a par ailleurs reçu le Prix Orange du Livre pour L'Origine de la Violence (ed. Le Passage, 2009 ; ed. Le Livre de Poche, 2010)
Paris, juin 1995. Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n'intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Français, venus fêter une première embauche à la banque.
Une simple anecdote ? Pas même un fait divers ?
Dans le cours des vies, aucun événement, si minime soit-il, n'est anodin. Et la brutalité de l'un, l'indifférence ou la lâcheté des autres vont bientôt se révéler pour ce qu'elles sont vraiment : le premier signe de leur déclin.
De la chute du mur de Berlin à la crise financière de 2008, dans un monde façonné par l'argent, les destins croisés des acteurs de cette scène inaugurale, de l'oligarque russe au financier français en passant par le spéculateur immobilier, tissent peu à peu une toile. Et au centre de la toile, Sila, le serveur à terre, figure immobile autour de laquelle tout se meut.
Après L'Origine de la violence, Fabrice Humbert signe avec La Fortune de Sila un roman captivant, une véritable fresque contemporaine de nos sociétés mondialisées.
La violence est une «faille béante» dans le destin de tout être humain. Porté par cette conviction, l'auteur de L'Origine de la violence (éd. du Passage, 2009) poursuit son exploration de la férocité contemporaine : l'argent permet la réalisation des rêves, mais sa possession peut se retourner contre ceux-là mêmes auxquels elle prétend bénéficier...
Le roman ne s'achève pas sur le triomphe de la moralité - Fabrice Humbert n'a pas cette naïveté. Mais, face à la destruction du monde ancien que certains poursuivent avec «une jouissance barbare», les vaincus redécouvrent leur pouvoir : préserver ou restaurer leur capacité à être heureux. Ils échappent à la malédiction accablant ceux qui s'acharnent dans le combat : «Un être en guerre, [...] c'est un homme pour qui la défaite a déjà eu lieu. La défaite de tout ce qui peut nous rendre humains mais aussi la défaite du bonheur.»
Son propos n'était pas d'écrire un livre qui marche bien, mais d'apporter "un éclairage partiel sur le monde dans lequel on vit". Le journalisme était sa vocation première. Il a fait des études de lettres, a commencé à enseigner, la voie était tracée : il enseigne le français au lycée franco-allemand de Buc, dans les Yvelines. Un peu comme dans ses livres. Il ne fait pas de plan. "Je sais où je vais mais je ne sais pas comment j'y vais", dit-il. L'essentiel est de participer à une lecture de l'histoire qui ne soit pas manichéenne.
Les bonnes âmes qui reprochent à la littérature française son nombrilisme, son manque d'ambition et son indifférence à l'Histoire en cours sont bien mal renseignées. Elles devraient lire Fabrice Humbert...
Inutile, cependant, de chercher une thèse univoque dans ce puissant roman balzacien. Sa navigation dans les eaux troubles du capitalisme contemporain ne respecte ni les frontières ni les mots d'ordre de ceux qui prétendent le réguler les flux financiers ne se gênent pas non plus. A travers les destins croisés de ses personnages, c'est en moraliste que l'auteur de «la Fortune de Sila» photographie notre époque, où le culte de l'argent a remplacé tous les autres. La mondialisation, comme disait presque Mallarmé, est aussi faite pour aboutir à un beau livre. Celui de Fabrice Humbert est l'un des plus remarquables de la saison.
La fortune de Sila est un livre de notre temps. Il est fait d'histoires singulières, belles, exaltantes, tristes ou douloureuses, et restituées avec un bonheur d'écriture et une économie de pathos qu'il faut saluer sans réserve. Les personnages sont des archétypes...
Leurs destins se croiseront. Des vies seront gâchées, des rédemptions quêtées, des pardons accordés. On ne vous raconte pas l'histoire. Sila, l'homme noir qu'une injustice n'abat pas, en est le héros apaisant. Il est à la fois irréel et vrai. La magie du roman, en somme.
Sila se tenait en équilibre fragile sur l'angle d'un mur de pierre, le pied gauche surélevé par rapport au droit. Là, debout dans le soleil, un grand sourire aux lèvres, il pissait. Et à cette époque, personne n'aurait pu songer qu'il se retrouverait un jour serveur à l'autre bout du monde, attendant dans les cuisines, le nez cassé, qu'on l'emmène aux urgences.
Il rit lorsque l'urine éclaboussa, sur un journal abandonné, le visage imprimé d'un homme. Une ombre délavée d'encre noire lui mangea une partie de la joue. Le large visage en parut plus sévère.
Sila sauta du haut du mur. Par curiosité, il saisit sa cible d'un doigt précautionneux. Un Blanc d'une cinquantaine d'années, gras, avec des cheveux blancs. Sila allait le laisser retomber lorsqu'un chiffre attira son attention : deux milliards de dollars. Le doigt fixé sur les lignes, il déchiffra l'article. Il crut comprendre que c'était la somme gagnée par cet homme pendant l'année. Mais il n'était pas certain d'avoir bien lu. Il était bon élève autrefois, puis l'école s'était arrêtée.
Fourrant l'article dans sa poche, en compagnie d'une lame d'acier, d'une pierre coupante et d'un fil de fer dénichés au hasard de ses pérégrinations, il poursuivit son chemin, tantôt marchant tantôt courant, à sa façon gambadante et sans but.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia