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.. Purge

Couverture du livre Purge

Auteur : Sofi Oksanen

Traducteur : Sébastien Cagnoli

Date de saisie : 08/10/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : La cosmopolite

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 9782234062405

GENCOD : 9782234062405

Sorti le : 25/08/2010

1992, l'Estonie retrouve son indépendance. Quel lien peut unir Aliide, paysanne estonienne d'un autre âge, à Zara, jeune femme amochée, venue s'échouer dans la cour de sa ferme ?
Le roman débute par cette rencontre, brutale et méfiante, où les deux femmes se jaugent en silence comme pour sauver leur peau. Au fil des chapitres, qui nous renvoient d'une période à l'autre, l'Histoire se mêle à l'intime des protagonistes, dévidant les démons du passé. Guerre, montée du nazisme, joug soviétique. Dans ce puzzle peu à peu reconstitué, la peur suinte, poisseuse comme la honte.
Un roman dense, d'une grande noirceur, aux accents poétiques et l'amour délétère. Vraiment captivant.


Dans sa ferme estonienne, Aliide une vieille paysanne recluse, découvre un matin devant sa porte, une jeune fille en loques, évanouie. D'abord méfiante, elle accepte d'héberger la jeune femme. Petit à petit, chacune livre des morceaux de son passé. C'est à partir de ces deux récits entremêlés que Sofi Oksanen emmène son lecteur dans une Estonie tourmentée ; tour à tour occupée par les Russes puis les Allemands et à nouveau par les Soviétiques.
On y découvre deux destins liés beaucoup plus qu'il n'y paraît, dans une grande Histoire qui pèse sur chaque individu. Le tout est porté par une écriture magnifique, qui décrit admirablement et avec justesse la noirceur de l'âme humaine, les horreurs commises, vécues mais surtout tues...
Purge est un livre au ton juste, décapant qui ne peut laisser son lecteur insensible. À lire absolument !


Aliide est une vieille femme estonienne, solitaire et méfiante. Elle habite une petite maison perdue dans la campagne, fermette étrangement aménagée avec des cachettes aux cloisons amovibles. Au fil du récit, le lecteur découvre l'histoire de cette femme tourmentée par l'Histoire et ses amours malheureuses et inassouvies.

Le roman commence au début des années 1990, avec l'arrivée (ou plutôt l'atterrissage) de Zara au beau milieu de la cour de la maison d'Aliide. La jeune femme est en guenilles, visiblement meurtrie. Bien que très prudente au début, Aliide finit par recueillir Zara et la remet sur pieds. Pour comprendre comment Zara est arrivée ici, il faudra d'abord remonter le temps et découvrir le passé tumultueux d'Aliide.

De la terrible époque stalinienne au postcommunisme glauque, "Purge" revient sur l'histoire de l'Estonie, dont la mère de l'auteur est originaire. Sofi Oksanen souligne avec habileté que de nombreuses exactions furent commises dans cette ancienne république de l'URSS. Elle y ajoute de façon très simple des histoires d'amour et de famille.

Roman aux accents dostoïevskiens, "Purge" évoque également sans détours ni pudeur la prostitution des filles de l'Est. La langue de Sofi Oksanen est belle, souvent poétique, elle éclaire, explique et apaise. L'évocation du calvaire de Zara dans un bordel allemand est particulièrement impressionnante. A tel point que l'on souffre avec elle. L'espoir enfin, qui ponctue ce livre, fait que l'ensemble du récit, souvent noir compte-tenu des contextes dans lesquels évoluent les personnages, ne tombe ni dans le misérabilisme ni dans le pathétique.


  • Le courrier des auteurs : 10/09/2010

1) Qui êtes-vous ? !
Je dirige depuis quatre ans La Cosmopolite, collection de littérature étrangère que possèdent les éditions Stock depuis la fin du XIXème. En charge d'un bel héritage (les oeuvres de Virginia Woolf, Stefan Zweig, Isaac Bashevis Singer), je choisis les auteurs contemporains me semblant mériter de figurer à ce prestigieux catalogue, et suis particulièrement fière de publier de nouvelles voix telles que celles de Sasa Stanisic, Wendy Guerra, Sara Stridsberg, et en août 2010... Sofi Oksanen.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central de ce livre est un secret de famille, enfoui dans une maison du fin fond des campagnes estoniennes, qui a déterminé l'existence de deux femmes qu'en apparence tout oppose. Aliide, une vieille femme estonienne qui a traversé les années d'occupation soviétique, et Zara, née en Russie dans les années 1970, qui en succombant aux charmes du capitalisme s'est retrouvée enferrée dans un réseau de prostitution.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Pour Aliide aussi il allait falloir trouver une histoire, mais la seule histoire qu'elle arrivait à rassembler dans sa tête était celle de la princesse Augusta, l'histoire d'une femme folle et sanglotante, peut-être qu'elle-même était folle aussi, car qui d'autre qu'une folle irait courir dans des forêts inconnues vers une ferme dont elle avait seulement entendu parler et dont l'existence même n'était pas sûre.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Difficile de ne pas penser à la voix de Barbara quand celle-ci chante les tourments de l'amour noir, l'amour à mort, mais aussi à la rage désespérée de certains morceaux de Noir Désir.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Peut-être confier mon admiration pour une si jeune femme, capable de restituer un monde ancien, celui des campagnes, qu'elle a certes connu par le biais de ses grands-parents maternels, estoniens, mais on ne peut qu'être impressionnée par la précision avec laquelle elle évoque ces traditions, ces «recettes de survie», qui nous manqueraient sûrement dans notre monde urbain, si de tels événements politiques venaient à se produire. Admiration aussi pour son courage politique, car cette écrivain est devenue «persona non grata» en Russie, où les milices pro-Poutine ont été jusqu'à manifester contre elle. L'autre force du livre est en effet de décrire combien le monde post-communiste se révèle aussi impitoyable que l'époque qui l'a précédé...


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

«Un vrai chef-d'oeuvre. Une merveille. J'espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge.»
Nancy HUSTON

En 1992, l'Union soviétique s'effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.
Ainsi, quand elle trouve la jeune Zara dans son jardin, qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Mais finalement ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille se révélera, en lien avec le temps de l'occupation soviétique. Aliide a en effet aimé un homme, Hans, un résistant. Quarante ans plus tard, c'est au tour de Zara de venir chercher protection, et la vieille dame va décider de la lui accorder jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

«Si vous ne devez lire qu'un seul livre cette année, lisez Purge.»
ELLE (Danemark)

«Dans une tonalité qui rappelle Expiation d'Ian McEwan et le meilleur du polar Scandinave, ce joyau amer annonce d'autres chefs-d'oeuvre, de la plume de la talentueuse Oksanen.»
Kirkus Reviews (États-Unis)

Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d'une mère estonienne et d'un père finlandais. Son troisième roman, Purge, est un best-seller dans le Nord de l'Europe où il a obtenu tous les prix littéraires avant de conquérir le coeur d'une trentaine de pays, dont l'Estonie et les États-Unis.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, septembre 2010

La révélation étrangère de cette rentrée est finlandaise. Née en 1977, Sofi Oksanen a étudié l'art dramatique à Helsinki avant de signer un roman au titre emblématique, Purge, qui a dépassé les 150 000 exemplaires, dans un pays où ne vivent que 5 millions d'habitants. Publié en France ces jours derniers, ce livre a aussitôt reçu le prix du roman Fnac, et c'est une histoire lourde de tragédies qu'on y découvre : celle de la fragile Estonie, la terre natale de la mère de l'auteure, une nation occupée par les armées allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, puis soumise à une autre tyrannie : près de cinq décennies sous la férule communiste, jusqu'au dégel du début des années 1990...
Un roman implacable, férocement accusateur, sous les griffes d'une exorciste qui affronte tous les démons de l'Estonie, dans le sillage du génial Jaan Kross.


  • La revue de presse Frédérique Roussel - Libération du 30 septembre 2010

Purge, le troisième roman de Sofi Oksanen, réveille les spectres et enthousiasme médias, lecteurs et libraires. Phénomène dans son pays, la Finlande, où elle a vendu 140 000 exemplaires, l'écrivain y a raflé les trois grands prix littéraires dont les prestigieux Runeberg et Finlandia, l'équivalent du Goncourt. «Purge vibre avec tension : des secrets enfouis et des actes profondément honteux s'étendent à travers le livre comme une toile et poussent le lecteur à poursuivre sa lecture», estime le jury du Nordic Council Literature Prize, qui sera remis début novembre à la lauréate la plus jeune de son histoire...
Derrière la grande histoire, Sofi Oksanen parle de violence sexuelle sur les femmes, de leur résistance silencieuse, de leur tribut aux guerres toujours tu. Sans complaisance...
La honte transpire, celle de qui a été le jouet de, la tête dans un seau d'ordures, la peau sous les crachats. La force du texte de Sofi Oksanen se tient là. Son succès dans ce dévidage perlé de souffrances et parfois d'amour, qui tient en arrêt.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, septembre 2010

Best-seller dans le nord de l'Europe, Purge est le récit de deux destins brutalisés par l'Histoire. Remarquable...
Avec Purge, son premier roman importé en France, Sofi Oksanen s'impose d'ores et déjà comme une voix majeure dans la littérature contemporaine. Et nous ouvre les yeux sur les tourments d'un pays, l'Estonie, indépendant depuis 1991. On aura compris qu'il faut désormais compter avec cette jeune femme née en 1977 d'une mère estonienne et d'un père finlandais...
On ajoutera que la belle a également raflé les plus hautes récompenses locales. Le best-seller a été couronné par les trois grands prix littéraires finlandais - comme si Sofi Oksanen avait à la fois été la lauréate du Goncourt, du Femina et du Médicis...
Histoire d'une famille avec des cadavres dans le placard et d'un pays qui panse à peine ses plaies, Purge peut aussi se lire comme un très grand livre sur le mensonge et la peur. On en sort ébloui par la maîtrise et secoué par le propos. Comment ne pas prédire à Sofi Oksanen le plus radieux des avenirs littéraires ?


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 16 septembre 2010

Phénomène littéraire en Scandinavie, Purge de Sofi Oksanen retrace l'histoire de deux femmes enchaînées à leur pays martyr...
La guerre, l'occupation, la collaboration sont au coeur de ce livre qui ne s'interdit pas des jaillissements poétiques et des moments de grâce. Sofi Oksanen donne pleinement la mesure de la faible distance qui sépare les victimes des bourreaux. Elle se tient clairement du côté des femmes quand les hommes qui peuplent son livre en sortent chancelants à jamais. Crue, limpide et directe, l'auteur a décidé de ne pas prendre de gants avec son lecteur. Pour mieux le caresser ensuite. Il y a quelque chose d'une magicienne chez cette fille-là, d'une intransigeance qui fascine et marque irrémédiablement.


  • La revue de presse François-Guillaume Lorrain - Le Point du 9 septembre 2010

Comme chez Arnaldur Indridason, Stieg Larsson et quelques autres, Oksanen jette des ponts secrets entre une histoire douloureuse et un présent qui balbutie. Ce livre âpre et mystérieux a fait du bruit à Tallinn et dans les environs : car sa vraie protagoniste, la vieille Aliide, à la fois communiste et estonienne, catalyse la tragédie et la schizophrénie de son pays. L'écriture, parfois trop râpeuse, aurait gagné à être diluée et allégée, mais quand la passion masochiste se télescope avec l'Histoire, cela donne ce livre fort, tourmenté, qui monte peu à peu en puissance.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 10 septembre 2010

C'est un livre venu du Nord. Un ouvrage à propos duquel les critiques semblent unanimes : "Si l'on devait n'en lire qu'un cette année, ce serait celui-là." Ironie de la situation, ce roman s'appelle Purge. Mais il paraît qu'en finnois, la langue de l'auteur, ce mot n'a aucunement le sens - d'ailleurs vieilli - de punition. "Puhdistus, c'est tout ce qui est lié à l'action de nettoyer, explique Sofi Oksanen. Nettoyer, laver, épurer, désinfecter... mais aussi purifier ethniquement, purger au sens de Staline..."
Du dégoût silencieux, de l'expiation rageuse, on en trouve à chaque page de Purge (qui vient de recevoir le Prix du roman Fnac). Or, tout l'art de Sofi Oksanen consiste à s'en approcher lentement afin que ses deux protagonistes, Zara et Aliide, finissent par s'avouer à elles-mêmes les violences dont elles ont été victimes et qui ont fait de leur corps un objet de honte à vie...
Métaphoriquement, l'auteur veut aussi "laver" l'honneur perdu des petits pays baltes successivement occupés par l'Armée rouge, conquis par les Allemands, repris par les Russes, méprisés par Moscou et désormais négligés par les Européens de l'Ouest. Pour cela, elle a fouillé les archives d'anciens officiers du KGB, "des déserteurs qui, à la fin de l'occupation soviétique, n'avaient pas détruit leurs archives". Résultat : son roman agit un peu comme le film de Florian Henckel von Donnersmarck, La Vie des autres. Il inquiète, il dérange, il captive... Bref, il ne s'oublie pas.


  • La revue de presse - Le Figaro du 26 août 2010

Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d'une mère estonienne et d'un père finlandais. Son troisième roman, Purge, est un best-seller dans le nord de l'Europe où il a obtenu tous les prix littéraires avant de conquérir une trentaine de pays. Dans Purge, l'auteure aborde le sujet douloureux des violences faites aux femmes sous le joug soviétique en Estonie. Sofi Oksanen s'empare de l'Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante en posant la question de savoir comment vivre avec le poids de la faute sur la conscience ?...
Grâce à son écriture engagée, débordante d'énergie et d'émotions, Sofi Oksanen nous transmet une atmosphère d'angoisse, de méfiance et de terreur. L'homme, tout au long du roman, joue un rôle dangereux, celui d'un prédateur capable du pire...
Admiratrice de Marguerite Duras, Sofi Oksanen reprend ces manières qu'elle avait de nous promener dans l'Histoire à travers les vies tragiques des personnages dans un style musical et expressif. Les passages crus, ramenant le lecteur à une dure réalité, montrent comme l'auteure sait de quoi elle parle...
On reconnait dans Purge toute la virtuosité de Sofi Oksanen : une histoire marquante, pleine de bravoure, rapportée dans un style bien particulier, direct, vrai, par une personnalité vivante, attachante, le corps à la plume et le coeur au fusil.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 25 août 2010

Du stalinisme le plus étouffant au postcommunisme le plus avilissant, Purge plonge les mains dans le sang poisseux et glacial qui fut versé en Estonie, ancienne république de l'URSS dont la mère de l'écrivain est originaire. Sofi Oksanen incise le temps, avance et recule à coups de canif dans l'Histoire. Si fleurie, aimante, protectrice - traduite avec un beau sens de la grâce et de la vigueur par Sébastien Cagnoli -, sa langue semble faite pour panser les plaies de générations entières. Sofi Oksanen écrit comme Aliide concocte des potions médicinales dans son arrière-cuisine : crèmes de souci, prêle des champs, menthe, mille-feuille et carvi. Alors le titre prend une tout autre sonorité : éclaboussant d'espoir, Purge décape, apaise et régénère.


  • Les courts extraits de livres : 10/09/2010

1992, ESTONIE OCCIDENTALE

C'est toujours la mouche qui gagne

Aliide Truu fixait une mouche du regard et la mouche la fixait aussi. Elle avait des yeux globuleux et Aliide en avait la nausée. Une mouche à viande. Exceptionnellement grosse, bruyante, et qui ne demandait qu'à pondre. Elle guettait pour aller dans la cuisine et se frottait les ailes et les pattes, sur le rideau de la chambre, comme si elle s'apprêtait à passer à table. Elle était en quête de viande, de viande et rien d'autre. Les confitures et autres conserves ne craignaient rien, mais la viande... La porte de la cuisine était fermée. La mouche attendait. Elle attendait qu'Aliide se lasse de la traquer dans la chambre et qu'elle sorte, qu'elle ouvre la porte de la cuisine. La tapette fouetta le rideau de la chambre. Le rideau ondula, chiffonnant les fleurs de dentelle et dévoilant furtivement les oeillets d'hiver derrière la fenêtre, mais la mouche se déroba et alla déambuler sur la vitre à une bonne distance au-dessus de la tête d'Aliide. Du calme ! Elle en avait besoin, maintenant, pour garder la main ferme.
La mouche avait réveillé Aliide ce matin-là en se promenant tranquillement sur ses rides comme sur une route nationale, l'asticotant avec impertinence. Aliide avait arraché sa couverture et s'était empressée de fermer la porte de la cuisine avant que la mouche ne parvienne à s'y glisser. Qu'est-ce qu'elle était bête. Bête et méchante.
La main d'Aliide agrippa le manche de bois de la tapette lustré par l'usure, et elle frappa de nouveau. Le cuir craquelé de la tapette heurta la vitre, la vitre vibra, les anneaux cliquetèrent et la corde de coton servant de tringle fléchit derrière le cache-tringle, mais la mouche narquoise prit encore la tangente. Bien qu'Aliide tentât depuis une bonne heure de lui régler son compte, la mouche était sortie victorieuse de chaque round, et elle voletait maintenant au ras du plafond en bourdonnant grassement. Une mouche à viande dégueulasse, élevée dans une fosse à ordures. Elle finirait quand même par l'avoir. Elle allait se reposer un peu, la liquider, et puis se consacrer à écouter la radio et faire des conserves. Les framboises l'attendaient, et les tomates, les tomates mûres et juteuses. Cette année, la récolte avait été particulièrement bonne.


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