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Auteur : Ramón Sender
Date de saisie : 30/07/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Attila, Le Rayol-Canadel
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-917084-16-8
GENCOD : 9782917084168
Sorti le : 22/04/2010
Deux histoires de trahison sur fond de guerre civile espagnole, Requiem pour un paysan espagnol & Le gué est d'abord un douloureux diptyque autour de la question de l'insondable complexité de l'âme humaine.
Dans le premier texte, il s'agit d'un requiem qu'un prêtre doit donner pour un jeune paysan abattu par les phalangistes. Ce jeune homme, il l'a lui-même baptisé puis marié. Avec les années, il est devenu le confident avec lequel il aimait discuter de justice mesurant celle dite «divine» à celle des hommes. Pourtant, il le trahira...
Le second texte, Le gué, se déroule le long d'un cours d'eau aux abords d'un village. Deux soeurs lavent leur linge. Il y a celle qui a perdu son mari, abattu par les franquistes voilà tout juste deux ans, et celle qui est à l'origine de ce malheur et qui, torturée de remords, tente d'en faire l'aveu en ce triste jour anniversaire. Elle aussi a trahi...
Comment deux personnes en viennent à agir de façon criminelle sans l'avoir vraiment désiré - Voilà vraiment ce qui semble interroger Ramon Sender - et le perdre dans un puits de perplexité sans fond. Ces deux textes magnifiques de sécheresse nous affligent par la force du remord qui habitera à tout jamais celui ou celle qui aura péché, soit par excès d'amour divin, soit par jalousie, entraînant la disparition tragique de l'objet de leur affection. Oserait-on dire à Sender, qui a vu sa femme et son frère être exécutés par les franquistes, que ces deux textes ne sont pas sur la guerre civile espagnole mais bien plus généralement sur l'absurde de notre condition humaine ?
Un trésor de la littérature espagnole ressurgi du XXe siècle par les curieuses éditions Attila.
1936. Un prêtre s'apprête à célébrer une messe de requiem pour un jeune homme du village qu'il a vu naître et grandir, et qui a été exécuté par les phalangistes... à cause de lui... et malgré lui. Tel est le début et l'argument du Requiem pour un paysan espagnol. Interdit sous Franco, ce bref chef-d'oeuvre circula clandestinement jusqu'à devenir un symbole, débordant le cadre habituel de la littérature. Le Requiem est ici suivi d'un texte, inédit en français, plus bref et plus frappant s'il se peut : Le Gué.
Entre ces deux textes, c'est tout le drame de l'Espagne, et de l'auteur lui-même, qui a perdu sa femme et son frère sous les balles franquistes, qui est résumé en quelques dizaines de pages... peut être les plus belles du XXe siècle espagnol.
Ramón Sender (1901-1982) est connu comme l'auteur du Requiem pour un paysan espagnol et du Bourreau affable. Journaliste anarchiste, né dans la province d'Aragon, en Espagne, il devient célèbre très jeune par ses prises de positions radicales contre les injustices : lié aux milieux anarcho-syndicalistes, il écrit des romans sur la prison, les ouvriers, les erreurs judiciaires...
Marqué à vie par la guerre civile, où il perd sa femme et son frère - exécutés par les phalangistes -, il s'exile au Mexique, puis aux États-Unis : il ne cesse plus d'écrire, laissant plus de 60 romans (dont seulement 10 traduits en français). Des textes atypiques aux thèmes universels : les hasards et la vérité de la vie, la sincérité des êtres, la violence des sentiments, les rêves et les illusions, les contrastes sociaux...
Totalement oublié pendant la période franquiste, durant laquelle ses oeuvres sont censurées, il meurt en Californie, en 1982. La plupart de ses livres transposent des épisodes de la guerre civile, en dépeignant l'étrangeté et la complexité des caractères humains dans un monde nimbé de mystères.
«Entre le spectre des disparus, et les vivants qui errent sur terre comme des fantômes, la mort est omniprésente (...) L'un des plus beaux textes sur la guerre d'Espagne»
Fleur, Ces mots-là c'est Mollat, 17.04
«Un texte comme un couteau en plein soleil, tranchant, parfait, tragique (...) On n'a pas fini de redécouvrir Sender» Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 26.05
«Une langue simple mais prégnante, toujours prête à basculer vers une irréalité inquiétante»
Mickaël Demets, Evene.fr, 26.05
«Tout dire (et transmettre) en usant simplement de l'ellipse et de la suggestion.» Jacques Josse, Remue/net, 26.05
«La description des sentiments de culpabilité, de haine, de remords et de la folie naissante est magistrale.» Petit Sachem, 17.05.10
«Une fulgurante partition, un profond sens du récit.» Serge Airoldi, Le Matricule des anges, juin 2010
«Une brume s'installe, des voix se font entendre... Une tentative désespérée d'enfin se débarrasser de ce secret.»
Nikola, Paludes, Radio Campus Lille
«Loin de toute évidence, Sender amène très subtilement à s'interroger sur les raisons qui poussent un homme à devenir le complice d'un meurtre.» Euradionantes
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