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.. Un océan de pavots

Couverture du livre Un océan de pavots

Auteur : Amitav Ghosh

Traducteur : Christiane Besse

Date de saisie : 17/09/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Collection : Pavillons

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 9782221111802

GENCOD : 9782221111802

Sorti le : 19/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Au coeur de cette saga règne l'Ibis, ancien transporteur d'esclaves converti en navire marchand. Partant de Baltimore, il rejoint Calcutta pour embarquer des coolies attendus à l'île Maurice. L'équipage est un assemblage hétéroclite de lascars et d'officiers anglo-saxons. Parmi eux se trouve Zachary Reid, mulâtre que tous prennent pour un Blanc et qui risque gros si la vérité était connue. À fond de cale se cache Paulette, une orpheline française fuyant un mariage arrangé. Autour d'elle s'entassent des paysans indiens chassés par la misère. Deeti, une veuve ayant échappé au bûcher funéraire, s'efforce de leur insuffler l'espoir.
Dans un avenir qu'ils n'envisagent pas et un ailleurs qui les terrifie, ces individus si attachants donneront naissance à une dynastie mêlant les croyances, les races et les langues. Car la langue est la grande héroïne de ce roman. Venus de tous les horizons, les personnages parlent un anglais métissé de bengali, de bhojpuri et de chinois, ou encore de français et de lascari. Savoureux, audacieux et d'une extraordinaire vigueur, Un océan de pavots» est le chef-d'oeuvre de l'un des écrivains les plus importants de l'Inde contemporaine.

Collection dirigée par Maggie Doyle et Jean-Claude Zylberstein


Né en 1956 à Calcutta, Amitav Ghosh est l'un des plus célèbres auteurs indiens contemporains. Il a passé son enfance au Bangladesh, en Iran, en Inde et au Sri Lanka. Après avoir enseigné à l"université de Delhi et aux États-Unis, il partage sa vie entre Calcutta, Goa et Brooklyn. Il est l'auteur de nombreux romans, couronnés de prestigieux prix littéraires : Les Feux du Bengale (Le Seuil, 1990) a reçu le prix Médicis étranger. Aux Éditions Robert Laffont, il a publié en 2006 Le Pays des marées (15 000 exemplaires vendus).



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, septembre 2010

Une tour de Babel à la dérive sur l'océan Indien ? A bord d'une goélette, Amitav Ghosh emmène parias et coolies pour affronter les éléments et les tourments de la comédie humaine. Saisissant...
Ce qui est fascinant, avec Ghosh, c'est qu'il ne s'agrippe jamais à la bannière identitaire : le culte des racines n'est pas sa tasse de thé, contrairement à beaucoup de ses compatriotes exilés de par le monde. Et si l'Inde est souvent présente dans ses livres, ce n'est pas parce qu'elle est le refuge d'une quelconque nostalgie, mais parce qu'il la considère comme le théâtre de la comédie humaine du XXIe siècle, un creuset où convergent tous les problèmes - et tous les rêves - de la planète...
Avec Un océan de pavots, premier volet d'une trilogie au long cours, Ghosh a épluché des montagnes d'archives pour signer un roman d'aventures digne de Conrad. Et de Dickens, quand il exhibe les hardes d'un petit échantillon d'humanité où se croisent miséreux, paysans ruinés, opiomanes délabrés, nababs déchus, anciens esclaves et coeurs brisés. Nous sommes dans l'Inde des années 1830, une terre où brillent encore les feux de l'Empire et où prolifèrent les champs de pavots - un véritable trésor, parce que "l'opium est la bénédiction du pays"...
Oui, on dirait du Conrad : cette épopée de la migration est un joyau, en attendant la suite de la trilogie.


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 2 septembre 2010

Éblouissante fleur qui tourne les têtes lorsqu'elle part en fumée. Alors Un océan de pavots ! Personne d'autre qu'Amitav Ghosh n'aurait pu imaginer ce titre et imposer pareille image sans être taxé de romantisme forcené. Mais l'écrivain indien n'est pas du genre fleur bleue. Il est plutôt celui qui remue la terre sous les tapis de pétales. Dans son dernier roman, le talentueux conteur révèle ce que cachaient ces vastes champs de pavots qui poussaient comme du chiendent dans la campagne indienne au XIXe siècle. Et ça ne sent pas la rose. Des bûchers funéraires fumant le long du Gange à la cale étouffante d'une goélette chargée de main-d'oeuvre en partance pour Maurice, du fin fond de la prison d'Alipore où croupissent les forçats de l'Empire aux fabriques d'opium crachant leurs remugles dans le ciel du Bihar, il nous conte l'odyssée épique d'une poignée d'Indiens emmenés dans les filets de l'histoire.


  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot - Le Point du 26 août 2010

Tempêtes, mutinerie, élans mystiques et nuits d'amour : d'un bûcher funéraire de Ghazipur à une réception aux chandelles à Calcutta, du palais flottant d'un jeune rajah qui va tout perdre, ses livres, ses danseuses, son petit garçon et ses cerfs-volants, au trou noir de la prison d'Alipore où la botte de l'Empire britannique envoie rouler ses rebelles, ce roman vous colle au papier, et dieu que vous aimez ça, jusqu'à la dernière page, d'une puissance sidérante, d'une langue enchanteresse. Ce que conte Un océan de pavots ? Comment, dans cette Asie cosmopolite du XIXe siècle qui fut l'avant-poste de la mondialisation qui a transformé la planète et la façon d'y vivre, une dizaine de personnages vont se trouver littéralement dans le même bateau, en direction des plantations de "Mareech", l'île Maurice, où certains sont destinés à subir et d'autres à commander.


  • Les courts extraits de livres : 09/09/2010

Cette vision d'un grand voilier sur l'océan, elle lui vint par un jour très ordinaire, et pourtant Deeti sut aussitôt qu'il s'agissait d'un signe du destin car elle n'avait jamais encore vu pareil navire, même pas en rêve : comment l'aurait-elle pu, vivant ainsi, dans le nord du Bihar, à plus de six cents kilomètres de la côte ? Son village se trouvait si loin à l'intérieur des terres que la mer, cet abîme d'obscurité où disparaissait le Gange sacré dans le Kala-Pani, l'«Eau noire», paraissait aussi distante que l'enfer.
L'hiver touchait à sa fin, une année où les pavots se montraient étrangement lents à perdre leurs pétales : kilomètre après kilomètre, de Bénarès à Patna, le Gange semblait couler entre des glaciers, ses deux rives noyées sous d'épaisses couches de pétales blancs. A croire que les neiges des sommets de l'Himalaya s'étaient déversées sur les plaines dans l'attente de la fête de Holi et de sa profusion printanière de couleurs.
Le village se situait aux abords de la ville de Ghazipur, à quelque quarante-cinq kilomètres à l'est de Bénarès. Comme tous ses voisins, Deeti se souciait du retard de sa récolte de pavots ; ce jour-là, elle se leva tôt et accomplit les tâches routinières quotidiennes : préparer un dhoti et une kameez propres pour Hukam Singh, son mari, ainsi que les rôtis et les achars qu'il mangerait à midi. Une fois le repas empaqueté, Deeti s'échappa pour une rapide visite à sa chambre-sanctuaire ; plus tard, après s'être baignée et changée, elle procéderait à une vraie puja, avec fleurs et offrandes; pour l'heure, encore vêtue de son sari de nuit, elle se contenta de s'arrêter devant la porte et de joindre les mains dans une brève génuflexion.


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