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.. Tout pour le mieux

Couverture du livre Tout pour le mieux

Auteur : Catherine Siguret

Date de saisie : 19/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782221116036

GENCOD : 9782221116036

Sorti le : 26/08/2010

  • Les présentations des éditeurs : 09/09/2010

«Marilyn l'invita à entrer et tout en lui la fascinait. Albert s'approcha des rayonnages de la bibliothèque, ne put s'empêcher d'y plonger les doigts, Marilyn en tira des leçons hâtives et troublantes, les sensuels caressent les livres, les autres restent polis, et non seulement il les caressait mais il se mit à en saisir quelques-uns, à poser mille questions sans attendre les réponses, à faire des commentaires. Une légère odeur de brûlé s'échappait de la cuisine, mais ils ne sentaient rien, tout occupés à se humer l'un l'autre. Une grande folie s'était emparée d'eux, de ces folies qui ne font pas de bruit, qui se passent d'action brutale et demeurent sans symptôme. Le feu couvait dans la cuisine. Ils laissèrent s'enfuir plusieurs minutes en proie à une grande confusion mentale que trahissait un dialogue émaillé de blancs, où il était vaguement question de clous et aussi de Kant, auquel ni l'un ni l'autre n'entendait rien. Des flammèches s'échappaient désormais du four. Tout allait bien.»

Que tout soit pour le pire, Marilyn n'est pas loin de le penser. Elle erre dans une vie sans rêve ni relief lorsqu'elle rencontre l'incorrigible Albert. Lui parcourt l'existence sourire aux lèvres, fort de l'insouciance qu'ont en commun adolescents et vieux messieurs. Entre deux êtres si opposés ne peut naître qu'un amour fou. Une étrange conversion au bonheur va s'opérer en chacun d'eux...

Catherine Siguret écrit tout le temps, partout, depuis toujours. Longtemps ce fut pour les autres (elle a à son actif de nègre plus de trente-cinq livres), parfois avec les autres (Les Adolescents et la sexualité avec le Dr Marie Veluire, chez Robert Laffont en 2009), de plus en plus pour elle-même (J'aimerais vous revoir, Je vous aime, Enfin nue ! confessions d'un nègre littéraire). Elle est également journaliste (Questions de Femme, Maxi) et participe à l'émission "Les Maternelles".


  • Les courts extraits de livres : 09/09/2010

Après l'amour, Marilyn regardait Albert, tantôt avec les mains, tantôt les yeux ouverts, et, chaque fois, la douceur de sa peau et la rondeur ferme de sa belle corpulence lui arrachaient une douleur sourde qui montait en elle du fond du ventre, tenace et incongrue en cette heure de félicité et de communion qui d'ordinaire suit l'orgasme et fait goûter deux amants qui s'aiment, même debout, au sentiment d'une bénédiction divine. Rien ne s'opposait à leur amour. Ils étaient libres de s'unir quand bon leur semblait, autorisés à rêver ne jamais se quitter, s'y trouvaient même encouragés par un certain nombre de circonstances favorables, des accointances socioculturelles, une absence d'entraves, l'oisiveté. Ils n'avaient davantage de plaisir à être avec aucun autre. Aucun genre de plaisir.
Pourtant, quand la douleur affleurait à la conscience de Marilyn, elle s'accrochait à son motif immuable, qui la clouait dans une confortable impuissance : Albert était trop jeune pour d'Albert, Irène L., avait en effet brandi des photos du futur arrivant en toute occasion (éviction des poubelles, retour du marché, dissertation au sujet des parties communes, voeux de nouvel an, fête des voisins, etc.) : «N'est-ce pas qu'il est beau, mon fils ?» ; «mon-fils» faisant du tennis, «mon-fils» sur le pont de San Francisco, «mon-fils» au volant de sa vieille Peugeot, «mon-fils» au Japon, et enfin des séries de «mon-fils» immigré depuis trois ans en Israël, à Netanya, innombrables témoignages d'une existence ensoleillée, «le pauvre, comme il doit avoir chaud» ; de fait, Albert irradiait, torse nu, la poitrine large et plate et le poil abondant ; de fait, «mon-fils» était à tomber à la renverse, à se damner. «Mon-fils», Marilyn l'aurait déniché au milieu d'une foule sans qu'aucune mère le lui indique et, ensuite, elle aurait des nuits durant rêvé un tas de choses formidables commises enlacée à cette silhouette inconnue, et ça se serait arrêté là. Ils ne se seraient ni approchés ni aimés, elle n'aurait jamais eu envie de pleurer face à ce corps bouleversant dans son lit, avec exactement les sentiments qui peuvent habiter une mère - et pour cause, songeait-elle -, des sentiments poignants et d'une douceur infinie à la fois. Mais il avait fallu qu'il arrive, qu'il se mette à vivre tout près, et les pulsions de Marilyn étaient venues carboniser l'échafaudage complexe et périlleux de toutes les bonnes raisons qu'elle avait de ne pas.


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