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.. Les assoiffées

Couverture du livre Les assoiffées

Auteur : Bernard Quiriny

Date de saisie : 12/09/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-02-099366-1

GENCOD : 9782020993661

Sorti le : 19/08/2010

Imaginez que la Belgique ait été annexée dans les années 70 par un mouvement féministe belge, une véritable révolution qui souffla en même temps le Luxembourg et une partie de l'Autriche...

Quelques années plus tard, ce prétendu el dorado pour pro-féministes coupe toutes relations internationales, ferme ses frontières et s'isole dans un asile de silence.

Dans les années 2000, une congrégation française d'intellectuels est enfin autorisée à pénétrer à l'intérieur du territoire belge dont personne ne sait plus rien. Ils vont découvrir, émerveillés ou suspicieux, ce qu'on veut bien leur montrer...

En parallèle, Astrid, infirmière belge, raconte son quotidien dans un journal intime où se mêlent admiration et doutes sur sa patrie où les femmes ont soumis les hommes, et où le peuple vit sous le joug de la Bergère, cheftaine totalitaire adulée et crainte.

On rit beaucoup en commençant la lecture de ce roman, conte absurde qui singe au paroxysme les mouvements féministes radicaux... Mais au fil de la lecture, on se laisse prendre au jeu dangereux de ce royaume qui n'est pas sans rappeler les romans de George Orwell.

Deuxième gros coup de coeur de la rentrée littéraire 2010. A lire ! ! !


Depuis deux ouvrages maintenant ("L'angoisse de la première phrase" et "Les contes carnivores", deux recueils de nouvelles) Quiriny nous fait rire, nous emmène dans ses délires subtils où règne l'humour toujours teinté d'une seconde lecture plus philosophique. Ce roman n'y échappe pas. En 1970, le Benelux devient une sorte de dictature où règnent en maîtresses Ingrid puis, à sa mort, sa fille Judith. Elles instaurent un système utopique ressemblant à celui des Amazones : les hommes ont le choix entre devenir esclaves des femmes et être émasculés ou fuir. Cette dictature est-elle un rêve ou un cauchemar ? C'est ce que tenteront de découvrir un groupe d'intellectuels français invités à pénétrer ce grand pays aux frontières aussi opaques que celles de la Corée du Nord. En parallèle nous suivons le destin d'une de ces jeune femme belge modeste qui par le choix du hasard va rencontrer et fréquenter Judith la "Bergère". Alternant entre récit choral et journal intime, tous les points de vue sur ce système sont évoqués. On prend énormément de plaisir à lire ce livre, en plus d'être drôle et original, il invite à se questionner au même titre que les grands maîtres comme Orwell ou Huxley, sur les dérives des utopies dictatoriales.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

En 1970, la Belgique est le théâtre d'une révolution d'inspiration prétendument féministe, excluant les hommes de toute vie sociale et instituant une dictature d'un nouveau genre. En France cependant, des militants des causes extrêmes considèrent ce petit enfer totalitaire comme un modèle d'égalité. Quelques-uns, parmi les plus convaincus ? d'où se détache la figure drolatique de Pierre-Jean Gould, intellectuel germanopratin ?, seront conviés à un premier voyage officiel dans l'Empire des femmes, dirigé d'une main de fer par les "Bergères", Ingrid et sa fille Judith. Sur place, ils seront "promenés" dans des décors en carton-pâte dressés par les propagandistes du pouvoir. Une farce politico-touristique où le tableau ubuesque d'un régime délirant s'accompagne d'une description cocasse de mondains en liberté surveillée, persuadés de participer à un voyage historique.

On suit, en parallèle, sous la forme d'un journal, l'histoire d'Astrid, une sujette anonyme, qui découvre la réalité paranoïaque du pouvoir, les privilèges des apparatchitzas et leurs caprices insensés...

Dans ce récit burlesque, qui mêle le sarcasme à la gravité, Bernard Quiriny nous livre une réflexion mordante sur les excès du fanatisme et du pouvoir absolu.

Né en 1978 en Belgique, Bernard Quiriny est l'auteur de L'Angoisse de la première phrase (2005) et de Contes carnivores (2008), deux recueils de nouvelles fantastiques couronnés par de nombreux prix, notamment celui de la Vocation, le prix Victor-Rossel et le prix du Style.



  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, août 2010

Le voyage officiel d'intellectuels français dans un pays devenu une dictature féministe. Un récit caustique de Bernard Quiriny...
Misogyne, Quiriny ? Certainement pas, sauf à considérer Les Voyages de Gulliver comme une violente diatribe contre les nains et les géants... L'auteur montre par l'absurde le détournement d'une idéologie progressiste et l'aveuglement des intellectuels devant celui-ci. Malgré quelques baisses de rythme, Les Assoiffées se révèle diablement intelligent et hilarant, tel un croisement entre Philippe Muray, Alfred Jarry et le film Borat.


  • Les courts extraits de livres : 12/09/2010

Le train ne partait que dans deux heures mais Langlois attendait déjà, près de la gare, dans le café où Gould avait fixé le rendez-vous. Gould ayant donné pour consigne de s'encombrer le moins possible, il n'avait qu'un sac de voyage et une petite besace qu'il garderait à l'épaule, avec son appareil photo et ses carnets. (Langlois s'agacerait par la suite de voir que les autres n'avaient pas fait le même effort, et que Gould lui-même traînerait deux valises grandes comme des cantines.) Fébrile, il songeait : «Je vais en Belgique. En Belgique !» Tout près de partir, il n'y croyait pas encore. Un mois plus tôt, Pierre-jean Gould l'avait invité chez lui en même temps que Capucine Lotte, Léonore Alvert, Lucien Bordeaux et Jean-Michel Golanski, quatre vedettes qu'il connaissait à peine, sans lui dire les raisons de cette réunion. Gould était surexcité. Sur la table de son salon, il avait étalé avec lenteur une carte de l'Europe ; de la pointe d'un feutre, il avait entouré les noms de deux villes : Paris et Bruxelles. Puis, comme ses hôtes le regardaient sans comprendre, il avait dit, en guise d'explication : «Le départ, l'arrivée. Je vous propose de venir avec moi en Belgique. Serez-vous du voyage ?»
Et il s'était effondré dans un fauteuil, savourant son effet. Un silence de plusieurs secondes avait suivi ; pour les causeurs réunis là, c'était un exploit. Bordeaux le rompit au moyen d'un rire forcé.
- C'est une blague ! rugit-il. Une blague !
Il fit mine de s'étouffer, toussa, puis ajouta :
- Tu plaisantes, n'est-ce pas ?
Mais Gould avait secoué la tête, sourire aux lèvres. Bordeaux alors avait pâli, et contemplé passionnément la carte.
- Tu peux nous emmener là-bas ?
- Oui.
Voilà comment Langlois était entré dans cette aventure sensationnelle, que l'imprévisible Gould depuis deux ans mettait sur pied : un voyage en Belgique.


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