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.. Les jeux de la nuit

Couverture du livre Les jeux de la nuit

Auteur : Jim Harrison

Traducteur : Brice Matthieussent

Date de saisie : 15/10/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-08-122266-3

GENCOD : 9782081222663

Sorti le : 01/09/2010

Ce sont trois longues nouvelles ou trois courts romans, c'est selon. Elles dressent toutes trois le portrait d'un personne touchée à un moment donné dans sa vie par un évènement difficile, mais qui sait relever la tête et s'en sortir. En toile de fond, et ce qui est peut-être pour moi le personnage principal du livre, nous avons les grands espaces américains : lacs, forêt, plaines... autant d'endroits propices à recueillir les errements, les pensées, chagrins et espoirs de ces trois êtres fragilisés.
Dans la première nouvelle, Sarah est une jeune fille qui a subi une agression sexuelle lorsqu'elle avait 15 ans. Dès lors une seule pensée l'obsède : se venger de la personne qui lui a infligé cela. D'un naturel solitaire, elle s'isole de plus en plus dans une petite cabane, préparant son plan, remuant ses pensées noires tout en essayant de sauver les apparences devant les trois amis qu'elle s'est fait à l'université.
La seconde nouvelle nous raconte le périple de Chien Brun, un indien, exilé au Canada avec sa fille, pour rejoindre les États-Unis où il aurait connu par le passé quelques sombres histoires. Nouvelle touchante d'un homme à qui le destin n'a pas offert les meilleurs cartes mais qui tente tout de même de sauver de sa vie ce qui peut l'être et notamment sa fille.
Enfin, dans la dernière nouvelle nous découvrons l'histoire de Samuel, atteint de lycanthropie après avoir été mordu par un louveteau. Nous suivons alors son parcours pour comprendre et lutter contre ses pulsions carnivores et sexuelles les nuits de pleine lune.

Quête de rédemption, destins tragiques, âmes solitaires ou en recherche d'amour et d'apaisement... ces portraits finement peints par Jim Harrison sont avant tout profondément touchants et humains. L'oeuvre d'un grand maître des lettres américaines.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Dans la veine de ses plus grands recueils de nouvelles, Jim Harrison tisse trois destins solitaires, trois personnages tragiques en quête de rédemption qui évoluent dans l'Amérique idéale de l'écrivain, aux habitants aussi rudes que les saisons du Montana. Les trois nouvelles des Jeux de la nuit mettent en scène autant d'existences magnifiques et rebelles, qui trouvent leur salut dans la beauté de la nature, des mots et des sens.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, octobre 2010

Après Une odyssée américaine, traduit l'an dernier chez Flammarion, voici Les jeux de la nuit, un recueil de trois longues nouvelles qui se situent au large des grandes métropoles...
Harrison, c'est la cavale au grand galop. Et c'est une plume indomptable, gourmande, qui se frotte aux décors magiques d'un Far West dont elle réveille tous les sortilèges.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 22 septembre 2010

Longues nouvelles ou courts romans ? Chacune des trois «short stories» de Jim Harrison, regroupées dans ces Jeux de la nuit, court sur une centaine de pages et renoue avec une narration au long cours, chantournée, qui est la marque de fabrique - du talent - de l'auteur...
Baignées d'une sourde et belle mélancolie, qui parfois n'échappe pas à une nostalgie un peu morbide, les histoires de l'ogre Harrison font un va-et-vient entre passé et présent, bonheurs et ratages


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 19 septembre 2010

J'ai compris en lisant le dernier livre de Jim Harrison - Les Jeux de la nuit, fait de trois longues nouvelles ou de trois courts romans - pourquoi j'ai toujours lu cet écrivain américain avec un plaisir à part et intense. C'est parce qu'avec lui, ses personnages étant toujours en mouvement, le lecteur l'est aussi...
Le romancier procure une telle énergie à ses créatures qu'elle ne peut pas ne pas se communiquer à nous, qui suivons le plus souvent avec angoisse, parfois avec contentement, leurs aventures existentielles. Jim Harrison n'est jamais essoufflé. Nous non plus, alors qu'avec Sarah, Chien Brun et Samuel, nous en faisons du chemin !


  • La revue de presse François Busnel - Lire, septembre 2010

L'oeuvre d'un grand écrivain est un musée qui se visite et se revisite sans jamais lasser. Jim Harrison ne cesse d'explorer les mêmes thèmes et, fouillant au plus profond de son imagination, parvient à surprendre encore. Son nouveau livre est un recueil de trois novellas, ces courts romans d'une centaine de pages dont il a su faire sa spécialité (...) La première de ces novellas est un petit chef-d'oeuvre. La deuxième nous rend Chien Brun, personnage récurrent et emblématique du monde de Harrison. La troisième entraîne le lecteur à la lisière du fantastique, dans les fantasmes d'une lycanthropie appliquée aux oiseaux.


  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 2 septembre 2010

Depuis bientôt trente ans, Jim Harrison oc­cupe une place à part dans notre existence, un peu comme un vieil oncle bourru et excentrique pourrait le faire. Incarnation farouche de la liberté faite homme, vivant tantôt reclus dans ses cabanes (du Michigan hier, du Montana et de l'Arizona aujourd'hui) lorsque la dépression le travaille en férocité, tantôt vagabond sur les routes du monde où partout il célèbre avec une même allégresse les grands écrivains, les bons vins, la pêche, la chasse et la beauté des femmes, Harrison est l'électron libre et réjouissant des lettres américaines. Si l'on n'adore pas forcément tous ses livres, on avoue un faible pour ses recueils de novellas, ces romans courts qui chez lui vont toujours par trois.


  • Les courts extraits de livres : 27/08/2010

1986

Elle était née bizarre, du moins le croyait-elle. Ses parents avaient mis de la glace dans son âme, ce qui n'avait rien d'exceptionnel. Quand tout allait bien, cette glace semblait fondre un peu ; mais quand tout allait mal, la glace gagnait du terrain. Elle s'appelait Sarah Anitra Holcomb.
N'ayant jamais appris à s'apitoyer sur les autres, elle n'éprouvait aucune pitié pour elle-même. Les choses étaient ce qu'elles étaient. Une certaine solitude faisait partie des criantes évidences de la vie. Sa famille s'était installée dans le Montana en 1980, Sarah avait alors neuf ans. Ils s'étaient pris pour des pionniers en quittant Findlay, dans l'Ohio, mais sans le jeune homme surnommé Frère, âgé de dix-huit ans ; ce fils issu du premier mariage du père de Sarah avait préféré rester sur place, puis il avait bientôt rejoint les marines, un engagement qui constituait en soi une insulte car le corps des marines se trouvait au coeur du malheur de son père Frank. Le père n'avait participé à aucun combat au Vietnam, mais en tant que diplômé de Purdue il avait travaillé à Saigon au Bureau des stratégies (toutes inefficaces). Son meilleur ami, Willy, lui aussi originaire de Findlay, était mort à Khe Sanh, fauché par des tirs amis. Le décès de Willy, un copain d'enfance, avait été l'aiguillon empoisonné qui avait enfin envoyé Frank dans le Montana où, treize années après sa démobilisation, il s'était proposé d'oublier le monde. La fin de son premier mariage l'avait presque entièrement empêché de faire des économies, après quoi le second mariage et la naissance de Sarah avait repoussé encore ses projets passablement héroïques. En pur idéologue, Frank avait envisagé un avenir enfin débarrassé de notre culture et de sa politique assassine. Cet ingénieur mécanicien diplômé de Purdue (avec les félicitations du jury) ne doutait pas de pouvoir gagner sa vie dans le Montana après avoir dépensé le montant de ses économies, qui selon lui dureraient trois ans.
En février 1980, Frank annonça que le grand départ aurait lieu fin avril. Il rentrait à peine du Montana, où il venait d'acheter cent quatre-vingts arpents de terres. Il fit cette déclaration avec une solennité toute militaire, comme s'il disait : «Nous partons à l'aube.»
«Super ! Nous allons vivre au pays de Dieu», s'écria l'épouse de Frank - mère de Sarah, surnommée Peps.


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