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Auteur : Colin Harrison
Traducteur : Renaud Morin
Date de saisie : 16/09/2010
Genre : Policiers
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Belfond noir
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7144-4767-8
GENCOD : 9782714447678
Sorti le : 02/09/2010
Rien ne prédestinait Georges Young, avocat d'affaires, la cinquantaine, tranquille, a se lancer à corps-perdu dans une véritable enquête policière ; mais à la demande de la veuve de son mentor le voilà plonger dans une affaire aux conclusions fort surprenantes.
Un polar fort agréable !
Extrait : "
- Je vous avais bien dit que cette fille était du genre à vous attirer des ennuis.
- Et bien, vous aviez raison, concédai-je, alors que les cimes de Manhattan se perdaient dans la brume sur ma gauche. Plus que vous ne l'imaginez." [p141]
Des bureaux cossus de Manhattan aux appartements miteux de Little Italy, du Yankee Stadium aux villas de Staten Island, un roman noir tendu à l'extrême qui nous entraîne au rythme des pulsations d'un New York hypnotique.
Avocat d'assurances sans histoire, la cinquantaine installée et raisonnablement heureux en mariage, George Young aurait tendance à trouver sa vie d'un ennui mortel.
Un coup de fil va tout changer. La veuve de son ancien patron le charge d'une mission : découvrir ce que faisait son fils l'heure avant sa mort...
Une fascinante mannequin tchèque, de précieuses boîtes de décorations de Noël, des petites frappes russes prêtes à tout pour les récupérer, un dentiste de stars aux révélations étonnantes...
George va bientôt comprendre pourquoi on a fait appel à lui pour cette affaire. Et la vérité risque de bouleverser son existence plus qu'il ne l'aurait imaginé.
«Harrison est à New York ce que Chandler et Ellroy sont à Los Angeles.»
The New York Times
Romancier et éditeur. Colin Harrison vit à Brooklyn avec sa femme, l'écrivain Kathryn Harrison, et leurs trois enfants. Plusieurs de ses romans ont déjà paru en France chez Belfond, parmi lesquels Corruptions (1995), Havana Room (2005 ; 10/18, 2006), Manhattan nocturne (2007 ; 10/18, 2008) et La nuit descend sur Manhattan (2009 ; 10/18, 2010).
Une enquête intriguante dont New York est le personnage principal...
Si le roman débute de manière classique, il ne cesse de surprendre au fil des pages, trouvant son équilibre entre thriller et roman psychologique...
A chaque situation correspond un rendez-vous dans la ville : bureaux anonymes de Manhattan, parking sinistre du côté du Brooklyn Bridge, déjeuner ensoleillé à Central Park, appartement miteux dans Little Italy. Chaque lieu est un symbole, une descente aux enfers ou une avancée vers la vérité. L'écriture limpide de Colin Harrison est trompeuse car le lecteur ne voit pas venir les chausse-trappes et tout à coup, à la dernière page, le voilà saisi, piégé.
Impossible de mettre une étiquette sur le nouvel ouvrage de Colin Harrison. À première vue, lorsqu'on débute sa lecture, il se rapproche du roman noir. Logique quand on sait que le romancier américain a publié en France plusieurs thrillers, comme Manhattan Nocturne (1997) ou encore Havana Room (2005). Mais cette fois-ci, au fil des pages, cette histoire, qui fut d'abord publiée en feuilletons dans le New York Times Magazine, dépasse largement le cadre d'une simple enquête sur une mort mystérieuse. C'est ce qui fait la réussite de ce livre qui ne cesse de naviguer entre suspense et réflexions sociologico-psychologiques sur la complexité des destinés humaines. L'auteur, qui comme à son habitude utilise à merveille la ville de New York comme écrin pour son intrigue, met en scène un avocat d'une cinquantaine d'années, George Young, dont la vie est soudain bouleversée.
Un appel inattendu
Depuis que je fais ce métier, on m'a demandé de faire un tas de choses déplaisantes, et j'ai accompli ces tâches sans vraiment rechigner. C'est pourquoi certains événements survenus récemment dans mon existence n'auraient pas dû me bouleverser. N'auraient pas dû me sonner. Mais ils l'ont fait. Il faut dire que je ne suis plus tout jeune. Je commence à grisonner sérieusement, même si ma femme, Carol, prétend que ça lui plaît. À New York, les types comme moi finissent par accumuler les bosses, les bleus et les éraflures, exactement comme ces camionnettes de livraison déglinguées que l'on voit à Chinatown. Cabossées, esquintées, les suspensions flinguées. Le moteur fonctionne, mais pas à plein régime. Ça roule, pour l'instant. Fort kilométrage. C'est tout moi, surtout ces derniers temps, après ce qu'on m'a demandé de faire. Une tâche étrange et imprévue. Eh bien, je m'en suis acquitté, mais je ne peux pas dire que cela ait été une bonne chose pour quiconque, encore moins pour moi.
J'ai reçu l'appel le deuxième vendredi du mois d'avril dernier, par une journée froide et pluvieuse. Le cours du pétrole faisait le yo-yo, entraînant l'or et le dollar dans des directions opposées à chaque mouvement. Quand le pétrole plongeait, le dollar montait. Quand le pétrole montait, l'or montait. Quand le dollar était à la baisse, l'or était à la hausse. La Bourse, qui venait à peine de reprendre des couleurs après avoir tout juste dévissé, était à nouveau orientée à la baisse, et tous les gens que je connaissais espéraient que nous ne serions pas happés dans une spirale inflationniste géante alimentée par un dollar bon marché. Ou bien malmenés par une nouvelle et soudaine crise de confiance économique. Dans mon cabinet, beaucoup de gens faisaient sournoisement le plein d'or depuis des mois et s'estimaient sans doute malins de parier ainsi contre l'économie américaine. De mon côté, je n'avais rien manigancé pour me protéger de l'apocalypse financière du siècle. Mon seul souhait, c'était de rentrer à la maison et de dîner avec Carol, peut-être sur notre terrasse en buvant du vin bon marché. D'ordinaire, je lui demande si elle a eu des nouvelles de notre fille, Rachel, qui est en deuxième année d'université. Ou alors on cancane sur les voisins, en spéculant sur leur vie sexuelle, leur addiction aux médicaments, et leur équilibre psychologique général. Lorsqu'on vit dans un immeuble, on apprend des choses sur les gens, qu'on le veuille ou non. Sinon, on va souvent au cinéma à quelques blocs d'immeubles de là, sur Broadway. Ou bien on prend le métro jusqu'au Yankee Stadium, afin de voir un match. Ainsi va notre mariage ces temps-ci. Beaucoup de rituels domestiques, marqués par le déclin de la cinquantaine. La dispute occasionnelle et peu enthousiaste sur les sujets habituels. Histoire de purger les tuyaux. Mais on ne reste jamais fâchés très longtemps. Il y a du vin à boire, des potins à échanger. Carol et moi, on s'appelle en général vers quatre heures de l'après-midi pour décider du programme de la soirée.
Et c'est à ce moment-là que, ce fameux vendredi, Anna Hewes m'appela de l'autre bout de notre étage.
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