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.. Le testament de l'Ebre

Couverture du livre Le testament de l'Ebre

Auteur : Jesús Moncada

Traducteur : Bernard Lesfargues

Date de saisie : 27/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Autrement, Paris, France

Collection : Littératures. Tinta blava

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-7467-1455-7

GENCOD : 9782746714557

Sorti le : 08/09/2010

  • Le courrier des auteurs : 02/09/2010

1) Qui êtes-vous ? !
Llibert Tarrag, le directeur de la collection littératures-tinta blava chez Autrement.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Un village prochainement englouti par un barrage réveille son histoire, sa mémoire, ses morts et ses vivants.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Mais perdu [le cri] dans les rues défigurées par les destructions, avant de se faire audible il se désintégra sur le quai des Veuves, non loin des mâts des bateaux morts.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique de Nino Rota

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La palette de Jesús Moncada pour traiter de débordements baroques.


  • Les présentations des éditeurs : 27/08/2010

Mequinensa sait que son inondation est imminente à cause de la construction d'un grand barrage sur l'Èbre. La mémoire de la bourgade située à la frontière entre la Catalogne et l'Aragon s'enflamme alors. Des personnages, du plus incongru au plus ordinaire, traversent un siècle de souvenirs. Les bateaux plats chargés de lignite coulent, des histoires extravagantes remontent des bancs de l'église et des comptoirs des cafés, et les luttes sociales se réveillent.

Un tourbillon romanesque s'empare du quai des Veuves comme de la ruelle des Ames. On croise le vieil Arquimedes Quintana, le prince du fleuve, Madamfransoua, la déesse du cabaret, la famille Torres i Camps qui règne sur Mequinensa... L'hypocrisie et la cruauté des relations humaines dans un village où tout le monde s'est toujours connu nourrissent cette fresque littéraire frôlant le fantastique. A la manière d'un Garcia Marquez dans Cent Ans de solitude, Jesús Moncada nous emporte dans une mise en scène luxuriante et nous offre une oeuvre fortement inscrite dans la mémoire collective de la Catalogne.

Jesús Moncada (l941-2005) est né dans la bourgade de Mequinensa. Reconnu comme un des meilleurs auteurs catalans dès son premier ouvrage, Histoires de la main gauche, publié en I971, il annonce dans ce livre la création d'un monde propre et très singulier ayant pour épicentre son village du bord de l'Èbre. Il a été le traducteur en catalan de Guillaume Apollinaire, Alexandre Dumas, Jules Verne et Boris Vian.


  • Les courts extraits de livres : 27/08/2010

Piliers et murs portants cédèrent brusquement ; un vacarme assourdissant dans lequel se mêlaient le craquement des poutres et des chevrons, l'éboulement des escaliers, des planchers, des cloisons, des galandages, l'éclatement des vitres et la rupture des briques, des tuiles et du carrelage, retentit dans la descente du Fer-à-cheval tandis que la maison s'effondrait irrémédiablement. Aussitôt, un nuage de poussière, le premier de ceux qui devaient accompagner la lente agonie qui débutait alors, s'éleva au-dessus de la ville et s'effilocha peu à peu dans l'air lumineux de ce matin de printemps.
Des années plus tard, quand le désastre amorcé ce jour de l'année 1970 n'était plus qu'un souvenir lointain, du temps enseveli dans des arantèles de brouillards, une chronique anonyme rassembla un faisceau de témoignages impressionnants concernant cet événement. Le premier d'un point de vue chronologique, même s'il ne se révélait pas le plus pathétique, se référait à l'arrêt de l'horloge du clocher ; il s'était produit la veille au cours d'un crépuscule orageux qui peignait le ciel de la ville de carmins violacés, d'ors amortis et de brumassés noires ; à en croire le chroniqueur, cette avarie était une claire prémonition de ce qui devait se produire le lendemain, l'annonce de l'inexorable fin du vieux temps. Une angoisse atroce perçait dans la description, due à un autre témoignage, de la nuit qui avait succédé à l'incertitude du crépuscule. La chronique parlait du silence épais dans les rues désertes, un silence qui voulait correspondre à celui des gens reclus chez eux, priant pour que le jour ne se levât pas. Pourtant, de toutes les évocations, la plus impressionnante était celle du sinistre fracas le matin suivant à onze heures dans la descente du Fer-à-cheval : d'après la chronique, les habitants se sentirent secoués jusqu'à la moelle par le commencement du désastre.
Aucun doute, ces témoignages étaient impressionnants. Cependant, ce n'était pas leur seul trait commun ; ils en partageaient un autre, insignifiant peut-être mais assez révélateur de ce qui advint en ce jour néfaste : tous, sans exception, étaient complètement faux.


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