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Le récit de Christine Vigneron transpire l'émotion contenue. Celui qui va mourir est le père. Dans sa Bretagne qui respire il s'essouffle. Ils sont tous les deux et continuent de vivre et de revivre. Tout est douceur et attention mais pourtant le temps passe et trop vite. La mère est partie et fait un passage éclair. Elle reviendra peut-être ? Un récit émouvant pour ne pas oublier, entre douleur et bonheur, rencontre et séparation, où les sentiments comme l'écriture sont d'une maîtrise parfaite.
Les présentations des éditeurs : 01/10/2010
Souvent je fais le même rêve. Il vit encore et je l'ai oublié. Pendant tout ce temps il était malade, et je n'y ai pas pensé. Maintenant il est trop tard. Je jure de me souvenir, qu'il ne sera plus seul - puis je l'oublie de nouveau. Je recommence à vivre comme s'il était déjà mort.
Une maison d'enfance perdue dans les arbres. Un homme veille, il garde un secret. Les saisons passent, la nature brille d'un éclat étrange, la maison ressemble à un bateau abandonné. Dernier face-à-face, rêvé peut-être, avec cet homme qui va mourir, son fantôme déjà. Jean est là-bas est le récit lumineux et poignant d'une impossible séparation.
Jeune agrégée de mathématiques, Christine Vigneron est franco-américaine. Sa mère, originaire de Louisiane, vit dans le Sud-Ouest du Texas.
Les courts extraits de livres : 01/10/2010
La maison est à l'extrémité d'un chemin goudronné, bordé de platanes. On longe des pelouses, le chemin tourne un peu. Le toit s'élève d'entre les arbres comme un rocher au milieu des frondaisons. A la limite du parc, la cascade s'est tue, obstruée par les feuilles. Enfant, je marchais sur ces pierres pour atteindre le grillage, la clôture affaissée d'où je sautais dans l'île, puis sur le pont et dans les allées du jardin.
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Une femme a sonné, je l'ai vue d'en haut, collée contre la grille, habillée comme une petite fille. Elle m'a demandé avec un rire étrange si Jean était là. Ses traits se crispaient comme sous l'effet d'une douleur insupportable. Tout à coup, sa voix s'est brisée. Elle m'a serré les mains à travers les barreaux. Elle ne cessait de répéter que nous avions le même prénom, comme si cette coïncidence pouvait la sauver.