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.. Le Front russe

Couverture du livre Le Front russe

Auteur : Jean-Claude Lalumière

Date de saisie : 20/12/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 17.00 €

ISBN : 9782842631925

GENCOD : 9782842631925

Sorti le : 22/08/2010

Non ne partez pas ! le Front Russe n'est pas un énième roman sur la seconde guerre mondiale (ouf !), mais un joyau d'humour comme on en fait plus, un roman qui fait tellement rire qu'il vous fait passer pour un idiot dans le métro ou au restaurant, et qui vous colle un sourire en coin toute une semaine au risque de semer le trouble parmi vos collègues.
Vous rêvez de voyages, d'aventures, de jouer les hommes de l'ombre de la diplomatie française ? Alors faites comme le narrateur et devenez fonctionnaire au Quai d'Orsay ! Mais évitez dès le début de vous mettre à dos le chef de cabinet, car sinon vous serez affecté au service «Bureau des pays en voie de création / Section Europe de l'Est et Sibérie.» Et là, adieu les voyages et les joies de la diplomatie, bienvenue dans Le placard du ministère, entouré de collègues à moitié fous ou dépressifs, fonctionnaires zombies mi-planqués mi-sacqués, qui gèrent tant bien que mal leur ennui et la misère de leur travail.
Il y a tellement de choses à dire qu'on ne sait pas par où commencer : L'enfance sordide du narrateur dont les points culminants sont la contemplation d'une tapisserie très typée "années 70", et une collection de «Géo» savamment entretenue... Une scène très sensuelle où il est question d'un chien qui s'appelle Youki et d'une truffe humide... Un chef de service pas très net qui parle comme un sergent instructeur... Une collègue dont le territoire exclusif est la photocopieuse... Un pigeon mort dur à enlever qui remet en question les lois sur les marchés publics...
Après tout ce roman ne fait que 252 pages (c'est trop court, on aimerait pouvoir continuer à rire ça fait tellement de bien !) alors inutile de tout raconter en détails. Sachez juste qu'il est très bien écrit, que le regard porté sur les fonctionnaires n'est ni méchant ni gratuit, mais empreint d'une certaine tendresse. Qu'il est à la fois drôle et tragique (enfin pas trop, mais tout de même quelle enfance pathétique !), sans oublier son côté instructif qui vous apprendra tout un tas de nouveaux noms de pays de l'est émergents (ou non) que vous pourrez ensuite placer habilement lors des soirées de l'ambassadeur.
L'auteur s'appelle Jean-claude Lalumière (ça ne s'invente pas), son roman Le Front Russe et c'est aux éditions Le Dilettante. C'est brillant, c'est tordant, c'est mordant, c'est formidable, indispensable et ça fait voyager (enfin juste un peu).


Chronique épatante d'un jeune fonctionnaire du Ministère des Affaires Étrangères, ce roman est l'un des plus réjouissants de la Rentrée littéraire. Les arcanes et les rouages de l'administration comme vous ne les avez peut-être jamais vus ou tels que vous n'oseriez les décrire.


"Le front russe" premier roman, sympathique, drôle, autodérision, est un livre agréable à lire. Il est à conseiller à tout lecteur qui veut se changer les idées.


Le narrateur pensait avoir trouvé un emploi qui allait lui permettre de réaliser son rêve de jeunesse : parcourir le monde. Ce goût du voyage lui était venu en dévorant les quelques exemplaires du magazine Géo que lui avait offert son oncle Bertrand.
Hélas, adulte, il passe le plus clair - ou plutôt le plus sombre - de son temps dans un bureau aux murs blancs. Depuis cinq ans au ministère des Affaires étrangères, ses rêves de voyages "vont se dégonfler comme les coussins d'air d'un naviplane resté à quai". Il a été affecté à l'administration centrale et plus précisément au Bureau des pays en voie de création/section Europe de l'Est et Sibérie, section qu'entre eux les fonctionnaires des Affaires étrangères appellent "Le front russe". Il s'agit, lui dira Boutinot, son chef de section qui dirige ses hommes comme des militaires, de prendre la suite des services secrets et de préparer, une fois que les pays en cause seront stabilisés, l'arrivée de missions diplomatiques officielles.
Pas très excitant. Mais notre narrateur, qui veut bien faire alors que ce bureau roupille gentiment, s'active en vue de se faire remarquer et de faire carrière. De fait c'est un gaffeur patenté, champion hors catégorie de la bévue, instigateur involontaire de situations cocasses. Entre autres, dans le cadre d'une grande opération de communication visant à redorer le blason du pouvoir exécutif, il va proposer une «pride diplomatique» : la marche des fiertés diplomatiques Imaginez chaque représentation défilant aux couleurs de son pays sur un char décoré et en musique ! L'idée est retenue, le ministre est enthousiaste, la diplomatie va, enfin, sortir de l'ombre. Au départ hésitants, vingt-trois pays confirment leur présence à cette marche. Le grand jour arrive. Mais surgit une torpille dans ce dispositif sans faille...
Quant à ses collègues : Alice éphémère maîtresse ; Arlette l'air blafard qui se vante de travailler à l'instinct ; Philippe, qui a une idée très personnelle du classement ; Marc qui arbore des T-shirts venants de destinations exotiques, ils contribuent à l'ambiance courtelinesque du bureau.
Le narrateur frustré dans son désir d'ailleurs - "Je vis et il ne se passe rien" - aura le mot de la fin : "L'histoire d'une vie c'est toujours l'histoire d'un échec".
Belle réussite que ce premier roman caustique, savoureux, très drôle. On rit de bon coeur et souvent.


Désopilant !
Avec ce livre "rentrez" dans la bonne humeur...


  • Le courrier des auteurs : 03/12/2010

1) Qui êtes-vous ? !
Un auteur comblé quand il découvre que Le Front russe fait rire les lecteurs et les touche en même temps.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central du Front russe est celui de la première expérience professionnelle. Le roman joue sur l'écart qui existe entre les aspirations du débutant et la réalité à laquelle il est confronté. Cet écart, accentué dans le roman par un personnage de gaffeur décalé, était un terrain favorable à la comédie. Derrière se cache la question de l'éducation, de notre réaction à celle-ci. En toile de fond, j'y développe une satire de l'administration.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Enfant, je pouvais passer des heures à regarder le papier peint.» C'est la première phrase du roman. L'histoire prend sa source dans les rêves d'enfance du narrateur et raconte comment notre «héros», qui confond le Quai d'Orsay avec un quai d'embarquement, les voit s'évaporer à cause, entre autre, d'un mauvais classement au concours d'entrée. Dès son premier jour au ministère des Affaires étrangères, il met tout en oeuvre pour lancer sa carrière de diplomate, multipliant les bourdes et se retrouvant ainsi dans des situations catastrophiques dont il réussit un temps à se tirer. Un temps seulement...

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le Thème de l'Inspecteur Clouseau d'Henry Mancini, de la bande originale de La Panthère rose de Blake Edwards. Je suis très influencé par le cinéma et j'ai une prédilection pour ce type de personnages de comédie qui ne sont jamais à leur place : Monsieur Hulot, l'inspecteur Clouseau, Le Grand Blond ou plus récemment les personnages campés par Emmanuel Mouret dans ses propres films.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Quelques éclats de rire autour d'un verre de vin, du Pessac-Léognan ou du Pauillac. A Bordeaux, tout se passe toujours autour d'un verre.


Une courte lecture de Jean-Claude Lalumière


Jean-Claude Lalumière au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 23/11/2010

«On vous envoie sur le front russe ! C'est vache pour un nouveau.»

Le grain de sable, on croit le connaître, mais il peut prendre bien des aspects. Celui qui vient soudainement gripper la carrière de fonctionnaire diplomatique, benoîte et prévisible, du héros du Front russe, formé à l'exotisme par une lecture méticuleuse de Géo, adopte celle d'un attaché-case. Grande chose noire et anguleuse, cadeau de maman. À l'heure de l'entrée en fonctions, un chef de service vient y donner du genou. En découle une lésion au front assortie d'une mutation sèche, aux confins de l'empire, sur le «front russe», service voué au «pays en voie de création - section Europe de l'Est et Sibérie». Usant de cette officine diplomatique (située dans le néo-XIIIe, «sorte de Broadway faussement high-tech») comme base opérationnelle, notre homme va répondre à une rare vocation de gaffeur lunaire et de planificateur de catastrophes, plus désopilantes les unes que les autres, qui renforceront l'exil de notre homme sur le « front russe », entre Boutinot, le chef de service, Aline, fugace maîtresse et quelques collègues improbables. Notre homme, frustré dans son désir d'horizon («J'avais l'impression d'être loin sans être ailleurs»), se résignera à ce bout de quai qu'est sa carrière de fonctionnaire («Je vis et il ne se passe rien»). Mot de la fin, signé du même : «L'histoire d'une vie, c'est toujours l'histoire d'un échec». Le livre, lui, est une vraie réussite... Rire garanti...

«Monsieur Lalumière, vous n'en êtes pas une  !» lui répète son professeur de mathématiques. Sans doute faut-il voir là une des raisons qui poussent le jeune Jean-Claude Lalumière vers les études de lettres. Il multiplie ensuite les expériences dans des domaines aussi variés que la papeterie industrielle, le sport, le transport de champignons, l'enseignement, le bâtiment, la radio et bien sûr l'administration. De tout cela il s'est inspiré pour écrire Le Front russe.



  • La revue de presse François Aubel - Le Magazine Littéraire, décembre 2010

Grâce soit rendue à Jean-Claude Lalumière qui balade son premier roman comme un lampion de frairie au milieu des ténèbres de cette rentrée littéraire. Oui, il faut célébrer Le Front russe, comme une épiphanie, la visite d'un rire salutaire à l'heure où les libraires dressent sur leurs tables des piles de livres basculant dans les guerres (Algérie, Tchétchénie, etc.), plongeant dans les abîmes de la crise économique et au coeur de combien de névroses familiales...
Un comique qui ne s'aplatit jamais sur les terres infertiles du ricanement. Une phrase rythmée qui trouve la bonne distance - celle de l'ironie - dans d'habiles digressions. Et cette légère mélancolie qui, pour Vladimir Jankélévitch, entre dans la définition même de l'humour, «ce charme doux-amer de l'homme qui hésite entre le rire et les larmes et se réconcilie avec un destin cruel».


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 24 novembre 2010

Pour son premier roman, Jean-Claude Lalumière fait une entrée en fanfare (avec des sourdines sur les cuivres) dans le concert de la rentrée littéraire, avec un ton à la Buster Keaton. Caché derrière son narrateur, il signe un récit hilarant et désabusé sur la misère de l'administration et les illusions perdues. Drôlissime quand il retranscrit les conversations de bureau, l'accumulation de détails dérisoires qui semblent emplir toute une vie. Hilarant quand il s'enfonce dans l'extravagant épisode du cadavre de pigeon qui encombre le rebord d'une fenêtre et l'avalanche de mails aux différents niveaux hiérarchiques pour le faire enlever.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, octobre 22010

Bienvenue dans l'univers doux dingue de Jean-Claude Lalumière qui réussit un premier roman exquis. Avec un sens inouï du croquis et de la formule, il brosse une peinture aussi hilarante qu'effarante de la diplomatie. Alors, lisez Le front russe, avant que le Quai d'Orsay ne le fasse saisir !


  • La revue de presse Marie-Françoise Leclère - Le Point du 23 septembre 2010

C'est l'histoire burlesque et sinistre d'un jeune homme qui rêvait d'ailleurs et se retrouve nulle part...
On aime ce champion de la gaffe à l'ironie constante, on s'émeut de ses souvenirs d'une jeunesse terne et de ses ambitions forcément déçues. Bref, dans l'exercice périlleux de la comédie douce-amère, ce roman est une réussite.


  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 9 septembre 2010

Le Quai-d'Orsay son côté feutré, l'onctuosité de ses fonctionnaires ont déjà fait les délices de quelques écrivains, dont Albert Cohen. Jean-Claude Lalumière dépeint à son tour l'absurdité du milieu administratif. Son héros gaffeur s'efforce d'obéir aux injonctions contradictoires de ses chefs. S'adapter à la vie de bureau, c'est savoir s'esclaffer sans ostentation aux blagues de ses supérieurs. Le récit est porté par un style vigoureux, déjà formé, caractérisé par un art du détail à l'anglo-saxonne.


  • La revue de presse - Le Figaro du 2 septembre 2010

Doué pour le burlesque et les situations absurdes (hilarant échange de mails pour faire enlever par le service d'entretien un pigeon mort d'une fenêtre), l'auteur sait aussi distiller des accents nostalgiques et désenchantés en revisitant l'enfance de son personnage. Vient un jour où le temps s'est écoulé sans que l'on réalise qu'il était notre jeunesse. Les rêves se sont envolés, il faudra cependant vivre sans


  • Les courts extraits de livres : 23/11/2010

Enfant, je pouvais passer des heures à regarder le papier peint. Les murs du séjour de la maison de mes parents, recouverts d'un motif végétal rococo postmoderne Vénilia - collection 1972, produisaient des monstres du meilleur effet sur mon esprit si facilement impressionnable; j'avais tout juste huit ans. Je m'installais sur le canapé en velours marron, fixais mon regard à mi-chemin entre le sofa et le mur et attendais patiemment que les formes au-delà du point flottant dans l'espace sur lequel je me concentrais prissent peu à peu l'aspect de la face grimaçante d'une créature de l'enfer : les fleurs de lys fournissaient les oreilles et les cornes, les feuilles d'acanthe, une gueule hurlante, langue pendante, deux tiges entrelacées, de chèvrefeuille ou de passiflore, filaient vers le haut et formaient au sommet une coiffure serpentine; au passage deux feuilles disposées de façon symétrique dans le motif dotaient ce monstre de petits yeux sournois et hypnotiques dans lesquels je finissais par être happé. La peur de ne pouvoir me libérer de son emprise me saisissait alors et je m'éveillais. Ainsi se terminait ma fantasmagorie, quand elle avait pu aller jusqu'au bout, car la plupart du temps ma mère déboulait dans le séjour et, me trouvant ainsi, assis avec l'air de m'ennuyer, me proposait de regarder les dessins animés. Je tentais de rester concentré sur mon exercice, en vain, car elle allumait le téléviseur sans attendre ma réponse et me tirait brutalement de ma rêverie. Je filais dans ma chambre pour être tranquille, fuyais la présence de ma mère qui trop souvent brisait mes tentatives d'évasion.


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