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Auteur : Dominique Barbéris
Date de saisie : 07/10/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 15.90 € / 104.30 F
ISBN : 978-2-07-013030-6
GENCOD : 9782070130306
Sorti le : 26/08/2010
Beau Rivage est le nom d'un hôtel au bord d'un lac de montagne, quelque part près de la frontière suisse, un de ces lacs alpins qui ont tant fait pour l'avancée de la neurasthénie dans la littérature européenne. La narratrice accompagne son mari venu y chercher le calme pour finir de rédiger sa thèse. Et du calme, il n'en manque pas. En dehors de la patronne qui rêve de tropiques en écoutant des valses de Strauss, un seul autre couple habite l'hôtel : une danseuse dépressive et son industriel de mari. Puis un homme arrive, Serge, peut-être diplomate, peut-être trafiquant, et, comme il n'y a rien d'autre à faire, la narratrice va s'inventer des histoires, soupçonner des liaisons, se découvrir des faiblesses...
On sort de ce roman comme d'une rêverie éveillée, un peu cotonneux, un peu troublé d'avoir approché la magie de la littérature quand elle touche à la poésie, quand elle nous amène au bord de ce que Pessoa appelle «l'intranquillité» - cet autre beau rivage.
Beau Rivage «On entendit soudain des aboiements. Ils étaient très distincts, comme s'ils venaient non pas de la route qui menait au village, mais du lac à côté de nous, ou d'une vallée derrière celle où nous nous trouvions, un des puits silencieux que dessinaient les pentes verticales. Ils paraissaient lugubres sous le ciel menaçant.
Serge eut l'air de les écouter. Ils s'arrêtaient de temps à autre, prolongés par leur écho plus faible, mais chaque fois le chien recommençait, comme si, ignorant le phénomène de l'écho, il s'était répondu à lui-même.
- C'est ce chien, avais-je dit. Le chien de l'ancien abattoir. Il aboie sans arrêt. On dirait que le bruit vient du lac.
J'y jetai un coup d'oeil. L'eau était grise. Elle ne reflétait rien. Où nous étions, les parois empêchaient de voir le ciel. Les premières gouttes, que j'aperçus au même moment, dessinaient des centaines de circonférences à la surface, des milliers de circonférences, diluant le reflet des parois, faisant trembler la couronne jaune et renversée des arbres.»
Beau Rivage est un petit hôtel de montagne, comme il y en a des milliers, quelque part, pas très loin de la frontière, au bord d'un lac. S'y retrouvent par hasard deux couples et un homme seul. Il s'appelle Serge (ou il dit s'appeler Serge).
C'est le moment où l'été montagnard bascule dans l'automne.
Dominique Barbéris vit à Paris. Elle a déjà publié plusieurs romans et récits aux Éditions Gallimard.
Un "inquiétant envoûtement" s'impose à nouveau dans Beau rivage - un roman captivant, où un simple séjour en montagne prend peu à peu une tournure angoissante. Aucun drame n'est certain, mais toutes les hypothèses sont plausibles, à propos de disparitions inquiétantes. Il règne une menace diffuse, dans une atmosphère désuète et feutrée, qui évoque les "films américains de cette époque un peu mythique où l'héroïne est toujours blonde", lisse et sophistiquée : telle pourrait être Christine Vasseur, élégante et dépressive - une ancienne danseuse dont une blessure a naguère interrompu l'envol...
Romancière minutieuse, presque impressionniste, Dominique Barbéris excelle de plus en plus à nouer des intrigues dont la simplicité masque des gouffres intérieurs. Peut-être tout cela s'est-il déroulé "dans la noire forêt du rêve", où, comme dans les contes de Maupassant, "il vous arrive ce que vous redoutez le plus".
Dans Beau Rivage de Dominique Barbéris, deux couples dans un hôtel en montagne. Un homme mystérieux perturbe leur repos...
Chez Dominique Barbéris, les moindres choses : braises, pluie, ombres, pierres, chevelures, branches des sapins, sont habitées par une autre présence, une projection intime et diffuse. Ainsi le réel observé, filtré, deviné, avec une intuition et un art d'une extrême subtilité, est-il toujours envahi d'insidieuses nappes d'angoisse. Le coup de théâtre final porte à son paroxysme cette obsession de la frontière et de la transgression qui hante le beau rivage vide. Rien n'est pourtant élucidé. Qui oserait passer, fuir dans la nuit ?
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