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.. Le philosophe nu

Couverture du livre Le philosophe nu

Auteur : Alexandre Jollien

Date de saisie : 09/02/2011

Genre : Philosophie

Editeur : Seuil, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-02-095915-5

GENCOD : 9782020959155

Sorti le : 19/08/2010

Il se décrit, avec ses forces et ses faiblesses, et nous nous reconnaissons en lui.


Philosopher sur le bonheur lorsque l'on est incapable d'être heureux soi-même... C'est sur ce paradoxe que démarre le journal d'Alexandre Jollien publié aux éditions du Seuil. Et c'est tout sa force... Ce livre est sincère, intelligent, salvateur... donc indispensable !

Philosophe, mari, père de famille et handicapé, l'auteur aspire au bonheur mais ne peut se défaire de ses passions : l'envie, la peur, la colère... Il convoque tour à tour les philosophes anciens, son immense pouvoir d'analyse, le zen, un sens de l'autocritique féroce afin de ne plus se laisser ronger par ses passions. Pour, comme il le dit si bien, «tout accomplir de manière impeccable et demeurer détaché du résultat».

Plus qu'une leçon de vie, cet essai est une claque... qui fait du bien. Émouvant et intelligent à la fois - c'est plutôt rare pour un penseur -, Alexandre Jollien ne fait pas de la philosophie : il la vit ! Un vrai sage en somme...


L'auteur puise aux sources de la sagesse antique pour expérimenter et éprouver les passions humaines. Une bouleversante authenticité, une sincérité qui frappe en plein coeur. On sort de ce livre comme de la vision d'un arc en ciel : émerveillé, remué en profondeur, un peu plus humain. A mettre entre toutes les mains !


  • Le courrier des auteurs : 09/02/2011

1) Qui êtes-vous ? ! ! ! ?
Se définir, c'est se trahir. Mais, pour faire bref, je m'appelle Alexandre Jollien, je suis écrivain et je puise la nourriture pour mes livres dans la philosophie et l'expérience de mon handicap.

2) Comment vous est venue l'idée d'écrire «Le philosophe nu» ?
Les tiraillements intérieurs, la jalousie et une insatisfaction presque chronique m'ont porté à enquêter sur les passions, à savoir sur ce qui est plus fort que nous, pour y trouver des outils, un art de vivre. De là est né le philosophe nu.

3) Quel déclic intérieur vous a décidé à écrire cette méditation ?
Un mal-être intérieur, une incapacité à vivre la joie, tout m'a invité à tenir un journal intime et à prospecter dans la philosophie et la tradition zen des exercices spirituels aptes à m'établir dans une joie moins fragile.

4) Avez-vous des rituels ou habitudes d'auteur (choix du lieu, horaires, musique en fond sonore ou pas, etc.) ?
Chaque livre est une aventure et je repars toujours à zéro. La constante, c'est peut-être de m'imprégner de lectures et de rencontres et de faire du terreau quotidien la source de mes réflexions.

5) Quand vous êtes en plein travail d'écriture, vous «protégez-vous» des autres écrivains ou philosophes (vous protégez-vous d'éventuelles influences «inconscientes») ?
Au contraire, j'en fais mon pain quotidien. Je pense à eux, je m'en inspire. Le défi est de ne pas craindre d'oser une pensée propre quand des siècles de pensée ont produit tant de merveilles.

6) Lors de l'écriture, accordez-vous une totale liberté à votre inspiration. Acceptez-vous sans réserve que l'inspiration guide votre plume ?
Je me censure beaucoup et l'écriture est pour moi un processus douloureux, un travail en un mot. J'écris et je réécris maintes fois. Je suis plutôt un homme de l'oralité.

7) Comment est-entrée l'écriture dans votre vie ? Quand vous êtes-vous dit «un jour j'écrirai» ?
Plusieurs personnes m'ont conseillé d'écrire et ce n'est pas sans problème que j'ai franchi le pas, car pour moi l'écriture comporte un caractère sacré, c'est la transmission d'une parole. Suite à l'encouragement de plusieurs personnes, j'ai donc osé commencer par témoigner de mon parcours de personne handicapée pour, plus tard, me risquer à livrer une réflexion plus philosophique.

8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Le premier livre que j'ai lu est, je crois, l'Étranger de Camus, après bien sûr la série des Petzi. Le réalisme camusien avait impressionné le jeune adolescent qui réalisait que la littérature n'est pas seulement réservée à une élite, mais qu'elle peut réellement aider à vivre.

9) Savez-vous à quoi servent les écrivains, les philosophes ? !
Michel Serre disait que la philosophie sert à ne pas être asservi. Derrière le jeu de mot se cache à mon sens une vérité, la vocation de philosophe, qui consiste à nuire aux préjugés, à dénoncer avec douceur et à proposer un art de vivre qui anoblit l'existence ou en révèle sa noblesse.

10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
C'est le lieu de joyeuses tentations, l'endroit de rencontres et de surprises, où les libraires sont autant de guides qui conseillent et accueillent bien souvent avec douceur les impatients, car souvent, acheter un livre tient de l'acte urgent, d'un besoin impérieux d'élargir le monde, de mieux le connaître.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Comment vivre plus librement la joie quand les passions nous tiennent ? Comment oser un peu de détachement sans éteindre un coeur ? Éprouvé dans sa chair, Alexandre Jollien tente ici de dessiner un art de vivre qui assume ce qui résiste à la volonté et à la raison.
Le philosophe se met à nu pour ausculter la joie, l'insatisfaction, la jalousie, la fascination, l'amour ou la tristesse, bref ce qui est plus fort que nous, ce qui nous résiste... Convoquant Sénèque, Montaigne, Spinoza ou Nietzsche, il explore la difficulté de pratiquer la philosophie au coeur de l'affectivité. Loin des recettes et des certitudes, avec Houei-neng, patriarche du bouddhisme chinois, il découvre la fragile audace de se dénuder, de se dévêtir de soi. Dans l'épreuve comme dans la joie, il nous convie à renaître à chaque instant à l'écart des regrets et de nos attentes illusoires.

Cette méditation inaugure un chemin pour puiser la joie au fond du fond, au plus intime de notre être.

Né en 1975, Alexandre Jollien a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques. Philosophe et écrivain, il a écrit Éloge de la faiblesse (Cerf, 1999), Le Métier d'homme (Seuil, 2002) et La Construction de soi (Seuil, 2006).



  • La revue de presse François Busnel - Lire, octobre 22010

On a beau être philosophe, on n'en est pas moins esclave de ses passions. Tel est l'aveu que livre Alexandre Jollien dès les premières pages de son nouvel ouvrage, bouleversant, drôle, juste, nécessaire...
Alexandre Jollien convoque Epicure, Lucrèce, Nietzsche, mais aussi le zen. Il fait l'éloge d'une philosophie des petits pas. Apprendre à adhérer au réel, telle est la quête de ce "philosophe nu". Il résume cela en une sentence magnifique qui devrait être notre devise : "La morale de l'histoire, la voici : tout accomplir de manière impeccable et demeurer détaché du résultat !" Qui dit mieux ?


  • La revue de presse Pascal Bruckner - Le Nouvel Observateur du 14 octobre 2010

Qu'est-ce qu'un philosophe nu ? Un homme qui cherche désespérément la sagesse et n'y arrive pas. Cet exercice de sincérité, si rare à notre époque où le moindre penseur prend des poses et convoque les siècles à son chevet, constitue le grand intérêt de ce précis d'infirmité spirituelle. Jollien - il y a dans ce nom une synthèse de joie et de lien - s'entête pourtant à vivre selon les Sages qu'il admire, allant jusqu'à convoquer le bouddhisme et le zen pour se défaire des sortilèges de ce monde...
Jollien ne tranche pas entre l'intelligence et l'émotion, il habite les deux versants, il est une guerre en lui-même, un homme écorché vif qui cherche la joie et rencontre le déchirement.


  • La revue de presse Jérôme Serri - Lire, septembre 2010

Dans son dernier livre, Le philosophe nu, il donne à cette quête la forme du journal. Il entend cette fois ne rien laisser passer, ni sa crainte de se "transformer en perroquet" des grands auteurs ni celle de tromper son monde...
Si Alexandre Jollien convoque Sénèque, Descartes, Spinoza, les maîtres du zen ou les Pères du désert, c'est parce qu'il sait pouvoir trouver auprès d'eux l'aide dont il a besoin pour tenter de se libérer de cette "obsession des beaux corps" qui l'enchaîne. "Comme la vie serait plus belle sans ce foutu handicap !" Il lui faut éviter de s'abandonner à cette tristesse qui le submerge. Elle revient sans cesse ? C'est normal. Il n'est gagné pour aucun homme d'être capable de se libérer de ses passions.


  • La revue de presse Roger-Pol Droit - Le Monde du 10 septembre 2010

Un livre qui sonne juste, qu'est-ce donc ? Ce n'est pas commode à définir. Car ce n'est pas forcément un chef-d'oeuvre d'écriture ni une pensée radicalement neuve. Le sentiment de justesse - de ton, de doigté, de démarche - vient d'ailleurs. Il s'impose quand on constate, sans trop savoir d'abord pourquoi, que le texte correspond à une nécessité vitale, une exigence impérieuse. Est juste, en ce sens, ce qui donne l'impression d'être, pour son auteur, comme une question de vie ou de mort. Franchement, ce n'est pas souvent. Avec Le Philosophe nu, le nouveau livre d'Alexandre Jollien, c'est le cas. Voilà quelqu'un qui ne fait pas semblant. Ou plutôt, quand il lui arrive, comme à n'importe lequel d'entre nous, de n'être pas tout à fait authentique, il s'en rend compte, le souligne, et se trouve le premier à en rire. Car Alexandre Jollien est un philosophe comme on en faisait dans l'Antiquité - c'est-à-dire non pas un faiseur de phrases ou un décortiqueur de concepts, mais un sage en construction, un homme qui s'emploie jour après jour à tenter d'être moins inconstant, plus stable. Plus solide et plus détaché.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 26 août 2010

Pour Alexandre Jollien, infirme moteur cérébral de naissance, la philosophie est devenue un art de vivre. Son nouveau livre, Le Philosophe nu, raconte son face-à-face avec les passions...
Alexandre Jollien a maintenant 35 ans, il est marié et père de deux jeunes enfants. Son nouveau livre, Le Philosophe nu, est le journal de bord qu'il a tenu à partir du moment où il a pris conscience qu'en dépit de ses grands discours sur le détachement, il restait torturé par l'insatisfaction, la colère parfois, et surtout l'envie, notamment l'envie d'être beau et séduisant comme les autres garçons de son âge. Dans ce livre, il s'observe, décrit tout ce qu'il ressent, même ce qu'il y a de moins gratifiant. Il raconte au jour le jour les exercices spirituels qu'il se prescrit pour tenter de se libérer de l'esclavage, de ce que les philosophes appellent «les passions». «La philosophie n'est pas une construction de système, mais la résolution une fois prise, de regarder naïvement en soi et autour de soi», disait Bergson. C'est ainsi que Jollien est philosophe.


  • Les courts extraits de livres : 20/09/2010

«Si tu ne vois pas encore ta propre beauté, fais comme le sculpteur d'une statue qui doit devenir belle : il enlève ceci, il gratte cela, il rend tel endroit lisse, il nettoie tel autre, jusqu'à ce qu'il fasse apparaître le beau visage dans la statue. De la même manière, toi aussi, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est oblique, purifiant tout ce qui est ténébreux pour le rendre brillant, et ne cesse de sculpter ta propre statue jusqu'à ce que brille en toi la clarté divine de la vertu [...]. Si tu es devenu cela [...], n'ayant plus intérieurement quelque chose d'étranger qui soit mélangé à toi [...] si tu te vois devenu ainsi [...], regarde en tendant ton regard. Car seul un tel oeil peut contempler la Beauté.»

Ce soir, n'y tenant plus, je me suis précipité chez le médecin. Pourquoi ? Je ne le sais pas trop. Je caressais l'espoir de glaner quelque médication qui me débarrasserait une fois pour toutes de certaines cruelles jalousies. Oui, je suis las de comparer mon corps à celui des garçons qui passent dans la rue, las de ce combat intérieur. À vrai dire, je souhaite calmer la machine infernale et faire un peu obstacle à cette étrange mécanique qui, mêlant désirs, peurs, déceptions, m'arrache souvent à moi-même et me met à la torture.
Le bon docteur m'a écouté et sa bienveillance a un peu détendu le volontaire déboussolé qui commence ce journal. Son ordonnance m'a déconcerté. À la fin de la consultation, il m'a lancé : «Écrivez-nous un traité des passions !»


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