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Auteur : David Trueba
Traducteur : Anne Plantagenet
Date de saisie : 25/11/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Flammarion, Paris, France
Collection : Lettres étrangères
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-08-122280-9
GENCOD : 9782081222809
Sorti le : 15/08/2010
Ne vous fiez pas à la couverture, ce livre est formidable ! ([Flammarion a le don de cacher des perles littéraires sous des couvertures d'inspiration "Arlequin"...) Ce roman tisse quatre destins illustrant ces moments de la vie où tout peut basculer. Une adolescente qui devient femme, un cadre qui a perdu son travail et sa femme, un vieil homme qui connaît une passion insensée et un jeune sportif qui quitte son pays assuré de trouver gloire et richesse.
Dans la vie il existe les gens qui vivent de regrets et ceux qui tentent quitte à chuter parfois ? Et c'est entre ces deux catégories qu'oscillent les personnages de David Trueba. Plus vrais que nature, ils sont paumés, s'interrogent, hésitent mais finissent pas succomber à leurs passions... au point de risquer de tout perdre. Vivant et fascinant, ce roman dresse un tableau de Madrid aujourd'hui et de l'être humain en général. Le romancier espagnol ne manque jamais d'empathie pour ces êtres fragiles. Et quand perdre ne devient plus dramatique, on se sent mieux. Bref, David Trueba est un magicien : il nous embarque dans ces histoires et nous apprend à perdre au passage !
C'est la vie d'une famille madrilène. La fille est au lycée, le père au chômage, le grand-père doit veiller sa femme. La fille sort avec un footballeur du Real Madrid, le père assassine un collaborateur, le grand-père va aux putes. Et voilà.
Ce que l'on montre, ce que l'on cache, tout le roman est construit sur cette dualité. On suit les personnages un peu perdus, très hésitants, s'interrogeant sans cesse sur leur vie, sur ce sens de la vie. C'est très réussi, tant au niveau de la maturité de la réflexion menée (le monde du football, l'immigration et l'intégration, la sexualité, la place des "retraités", etc.), qu'au niveau du travail sur les dialogues, sur les univers respectifs de chacun des personnages. Un gros travail et un grand roman.
À Madrid aujourd'hui, une adolescente, un cadre au chômage, un vieux professeur de piano et un footballeur argentin vont tour à tour éprouver le désir de gagner et la douleur de perdre.
Criminels, prostituées, petites gens et sans-papiers côtoient hommes d'affaires et célébrités dans ce grand roman choral sublimé par la prose charnelle et incisive de David Trueba. Nourri d'une foule de personnages, toutes générations et classes sociales confondues, Savoir perdre brosse un portrait décapant, lucide et désenchanté de notre époque, de ses rêves de victoire et de ses innombrables défaites.
«Un grand roman. On retrouve chez Sylvia la spontanéité désarmante, l'infinie tendresse que Truman Capote prêtait à l'héroïne de Breakfast at Tiffany's. David Trueba au sommet de sa maturité.»
El Pais
«De la littérature à l'état pur.»
El Cultural
Écrivain, scénariste et réalisateur né en 1969, David Trueba a remporté un immense succès avec ce troisième roman publié dans onze pays et couronné par le Grand Prix National de la Critique en 2008. Ses deux romans précédents ont pour titre Quatre garçons dans le van (Pauvert, 2002) et Ouvert toute la nuit (Hachette Littératures, 1998).
C'est un récit aussi modeste que puissant. Un travail d'artisan, d'abord, qui désosse chaque personnage et chaque situation. Un texte ambitieux, ensuite, qui transperce à la fois une époque, une famille, des individus, en n'oubliant aucun de ces objectifs en cours de chemin. Une maîtrise reflétée par le titre, Savoir perdre, comme une opposition résolue à l'obligation de triomphalisme...
Tomber et trouver les raisons de se relever, c'est l'obsession de Savoir perdre. Mais le souffle généreux, si humain, de ces pages laisse les personnages sur un fil. Avec le bonheur toujours dans le domaine du possible.
Le désir travaille comme le vent. Sans effort apparent. Voiles déployées, il file à une vitesse folle. Portes et volets clos, il cogne en quête de brèches ou de rainures pour s'infiltrer. Le désir associé à un objet nous condamne à lui. Mais il peut prendre une autre forme, abstraite, déconcertante, qui nous enveloppe comme un état d'âme et annonce que nous sommes prêts. Il nous reste alors juste à attendre, toutes voiles dehors, qu'il souffle vers nous. C'est le désir de désirer.
Sylvia est assise au fond de la classe, près de la fenêtre, à l'avant-dernier rang. Derrière elle il y a seulement Colorines, un Colombien qui porte le survêtement de l'équipe d'Espagne et somnole pendant les cours toute la journée. Sylvia aura seize ans dimanche. Elle a l'air plus âgée, son attitude un peu distante la place au-dessus de ses camarades. Ces mêmes camarades qu'elle examine à présent.
Il n'est pas là. Celui dont la bouche effleurera ma bouche. Dont la langue se mélangera à la mienne. Celui dont les dents mordront ma lèvre inférieure, le lobe de mon oreille, un coin de mon cou, un pli de mon ventre. Il n'est pas là.
Non.
Dans sa classe, Sylvia est entourée de corps à moitié formés, de visages qui ne leur correspondent pas, de bras, de jambes aux mauvaises proportions, comme si tous grandissaient par à-coups désordonnés. Les bras de Carlos Valencia qu'on aperçoit, puissants, sous sa chemise, sont attirants et bronzés, mais il est prétentieux et sans charme. Soso Sepúlveda a des mains de dessinateur, délicates, mais il est indolent, sans énergie. Raúl Zapata est mou, il n'a définitivement rien du corps que Sylvia aimerait accueillir telle une vague de chair sur le sien. Nando Solares a tellement de boutons plein la figure qu'on le confond parfois avec le crépi du mur. Manu Recio, Óscar Panero et Nico Verón sont sympas, mais immatures ; le premier a du duvet au-dessus des lèvres, le deuxième parle à tort et à travers et le troisième est juste en train de s'enfoncer deux crayons de papier dans le nez pour faire rire les copains.
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