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Alors qu'elle se trouve en vacances avec ses parents dans un coin isolé de l'Ardèche, la narratrice de ce récit, seize ans, reçoit une lettre de son amie Béa.
Ce qu'elle lit, va l'amener à reconsidérer d'un autre oeil les années de collège et de lycée qui viennent de s'écouler. Qui sont réellement Ève, Béa, Ariane et Jasmine, ses amies à-la-vie-à-la-mort ? Quel drame s'est peu à peu noué entre cours et promenades au Jardin du Luxembourg ? Et quel jus amer coulait des cerises cueillies un dimanche de campagne, tandis qu'à la télévision, Jim Courier remportait pour la deuxième année consécutive le tournoi de Roland-Garros ?
Maïa Brami excelle à restituer la complexité des relations adolescentes, quand l'amitié engage tout l'être et que les désirs, les rêves et les frustrations sont inextricablement liés.
Écrivain et journaliste, Maïa Brami défend les couleurs de la littérature jeunesse pour de nombreux médias. Elle signe également des articles société dans des magazines féminins.
Après Vis ta vie Nina, prix Chronos, elle a publié plus d'une dizaine de livres dont Norma, Prix du premier roman lors du festival de Chambéry en 2007.
Les courts extraits de livres : 10/09/2010
La chèvre
La nuit avait été agitée. Vers quatre heures, réveillée en sursaut par les bêlements hystériques d'une des chèvres du voisin, j'avais sauté du lit, enfilé mes tongs pour éviter de marcher sur un des jouets du chat - queue de lézard vert encore frétillante ou criquet unijambiste - et taper deux coups à la porte de mes parents.
Malgré mes seize ans, l'obscurité épaisse de la nuit ardéchoise véhiculait toujours son lot de frayeurs. Nous étions locataires d'une famille de lérots, ces petits rongeurs masqués à la queue en panache qui raffolent du rembourrage des canapés et autres tissus pour constituer leur nid, laissant après leur passage une vision apocalyptique d'où émergent crottes dans les fauteuils éventrés et confettis de livres ! «Ces saletés se faufilent partout !», pestait ma mère à notre arrivée, après avoir ouvert armoires et buffets, jetant au sol les restes souillés de sa garde-robe. S'endormir avec leurs cavalcades nocturnes au-dessus de nos tètes, la friction de leurs griffes sur le bois, tenait du miracle. Sans compter leurs cris perçants, que le voisin, pourtant Ardéchois de souche, appelait avec effroi «le bruit lugubre du lérot» !