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_ Crépuscule irlandais

Couverture du livre Crépuscule irlandais

Auteur : Edna O'Brien

Traducteur : Pierre-Emmanuel Dauzat

Date de saisie : 05/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Sabine Wespieser éditeur, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-84805-087-4

GENCOD : 9782848050874

Sorti le : 02/09/2010

Edna O'Brien est un auteur irlandais réputé pour ses romans qui parlent de son pays natal avec un ton résolument moderne et anticonformiste. Dans ce livre elle nous dévoile le secret si bien gardé des mères de son pays : le poids de la tradition en lutte contre leurs passés aux couleurs plus vives.
Tout commence par un prologue magnifique qui évoque «la soirée esseulée des mères qui disent que ce n'est pas notre faute si nous pleurons, c'est la faute de la nature, qui nous a faites d'abord pleines, puis vides. Tel est le courroux des mères (...) qui n'en finit pas jusqu'au dernier jour (...) au crépuscule et à la poussière des mortels.» Il s'agit donc bien d'un livre sur cet amour si complexe, à la fois fort et étouffant : l'amour maternel. Il est encore plus complexe dans un pays comme l'Irlande où le destin des femmes est resté si longtemps sous le joug combiné de la tradition et de la morale. Ici tout part du domaine de Rusheen où Dilly, âgée de 77 ans, emballe ses affaires pour partir en maison de soins afin de guérir d'une maladie qui sera sans doute la dernière. En mettant de côté ses objets auxquels elle tient, elle se remémore sa vie passée, sa fille Eleanora si vite partie pour écrire des livres qui font d'elle une paria dans son pays natal, et Cornélius son mari si dépendant d'elle. Une fois internée à l'hôpital, ses souvenirs tourneront surtout autour de cet épisode qu'elle chérit plus que tout : son séjour de plusieurs mois à New-York lorsqu'elle était encore une jeune femme. Et surtout elle pense à Gabriel, ce premier amour qui l'a fait souffrir si cruellement après des mois de frustrations et qui avait fini par briser en mille morceaux son rêve américain. L'amertume de trop qui la fera rentrer au pays pour lui faire épouser le premier garçon qui l'invitera à danser, et fera d'elle un autre des maillons de la chaîne de traditions qui entoure les femmes irlandaises. Mais comme elle le dit «On a été élevées au Moyen-âge», et son éducation reprendra le dessus pour lui servir de modèle quand viendra son tour d'être maman. Eleanora passera sa vie d'adulte à fuir ce carcan transmis par sa mère. Et même sachant Dilly hospitalisée elle ne lui fera qu'une courte visite, pressée qu'elle est de retrouver un amant, tellement dans l'urgence qu'elle fera tomber de son sac son journal intime. Il constituera une sorte de lien profond et secret entre la mère et la fille depuis si longtemps éloignées. Un roman troublant et magnifique écrit par un auteur important pour la condition de la femme en Irlande : Edna O'Brien fait en effet partie du mouvement intellectuel appelé révisionnisme culturel qui a contribué à ce que les irlandais portent un regard critique sur le nationalisme dans leur pays. Ses livres furent longtemps interdits en Irlande, mais elle est depuis toujours soutenue par son lectorat américain qui a toujours aimé son style si puissamment évocateur. On la surnomme d'ailleurs la Colette anglophone.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

Edna O'Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l'amour maternel. II faudra un long chemin à Eleanora pour comprendre la vraie nature de sa mère, Dilly, qui pour elle avait toujours représenté le poids de la morale et de la tradition. Dilly avait eu beau vouloir dans sa jeunesse échapper à son destin de fille d'Irlande, elle était revenue au pays, résignée, et s'était mariée, après sa tentative avortée de fuite aux États-Unis. Sa fascination pour New York, son premier travail comme bonne à tout faire, et puis le rêve qui tourne court et, dès son retour, l'installation à Rusheen, cette campagne perdue où elle a vécu la majeure partie de sa vie : elle a tout le temps de se les remémorer dans l'hôpital de Dublin où elle attend un diagnostic.
Âgée et malade, elle ne désire plus qu'une visite de sa fille, à qui elle n'a jamais cessé d'envoyer des lettres aimantes et fascinées. Eleanora, elle, a fui très jeune pour Londres l'étouffante campagne irlandaise. Elle y est désormais célèbre et détestée pour ses romans sulfureux. Quand enfin elle se rend au chevet de sa mère, c'est en coup de vent : elle prétexte un rendez-vous, et part retrouver un amant. Dans sa précipitation, elle oublie son journal intime... Quand elle s'en aperçoit, sa panique est vaine : la vie affranchie et passionnée qu'elle y consigne a sans doute tendu à sa mère un troublant miroir où celle-ci a pu reconnaître l'ombre de ses désirs passés. Eleanora découvrira, trop tard, la dimension de l'amour que lui vouait Dilly.

Edna O'Brien est née en Irlande, dans le comté de Clare, mais très jeune elle s'est installée à Londres, où elle vit depuis lors. Ses premiers romans, la trilogie des Filles de la campagne, parus dans les années soixante, lui valurent un retentissant succès et créèrent le scandale pour leur contenu explicite quant à la sexualité féminine. L'oeuvre de cette grande dame des lettres irlandaises, considérée comme la Colette du monde anglophone, est publiée dans le monde entier.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, septembre 2010

Edna O'Brien explore la relation de Dilly, vieille femme malade, avec sa fille, brillante romancière...
Avec Crépuscule irlandais, Edna O'Brien signe un roman qui lui ressemble, un manifeste de l'amour perdu où les cris des femmes sentent "la solitude du soir"...
Ce que Dilly y découvrira, ce ne sont pas seulement les secrets de sa fille mais une sorte de miroir d'elle-même, le reflet de ses frustrations et de ses désirs étouffés. Orchestré comme une cérémonie des adieux, ce roman superbe ressemble à un testament où la grande dame des lettres irlandaises, une fois de plus, revient tendre la main à la terre dont elle se sent à tout jamais orpheline.


  • La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 5 novembre 2010

Crépuscule irlandais tire sa puissance d'analyse d'une étonnante construction en échos. Explorant les liens filiaux, ce roman plonge le lecteur dans les chatoiements d'une écriture pleine de rage, de fièvre, de mélancolie, de détresse, de sensibilité, de saveurs et de drôlerie. Surtout, glissant avec aisance d'une voix à l'autre, d'une langue orale et populaire à une autre, irisée de lyrisme et de poésie (notamment dans la description charnelle de la terre-mère), Edna O'Brien sait donner une allure tournoyante à son récit grâce à l'emprunt de multiples formes d'écriture : flux de pensées, souvenirs, journal et lettres... Autant de viatiques pour dire l'amour ineffable d'une mère et d'une fille d'Irlande.


  • La revue de presse Astrid Eliard - Le Figaro du 21 octobre 2010

Dans Crépuscule irlandais, la romancière irlandaise Edna O'Brien nous emmène bien au-delà de son île natale, dans une terre que toutes les femmes connaissent : les relations mère-fille...
Dans la correspondance de Dilly - O'Brien a intégré dans ce roman les lettres de sa propre mère -, on retrouve ce mélange d'amour et d'ingratitude, de lucidité et d'ignorance, de fierté et d'incompréhension. Ces mots, parfois doux, parfois très durs - notamment envers la carrière d'écrivain d'Eleanora -, forment une barrière qui séparera à jamais la mère de la fille. «Si je te demande quelque chose, te fâche pas : on peut être enterrées au même endroit ?» «Ça fait mal cette façon que t'as d'être si distante, toujours à courir loin de nous, à courir et courir, vers où ? On a la lèpre ou quoi ?» O'Brien restitue ces mots avec une sincérité qui vous broie les entrailles.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 25 septembre 2010

Dilly, Eleanora, Edna, trois femmes dans un miroir, portées par l'amour et le désir de liberté. Crépuscule irlandais n'est pas une autobiographie déguisée, mais un magnifique roman personnel et universel. Il évoque l'amour maternel, ses incompré­hensions inévitables, ses renoncements, sa générosité. Il parle aussi du poids de la morale et de la création littéraire qui peut vous sauver la vie.


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