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Auteur : Didier Pourquié
Date de saisie : 27/09/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Arbre vengeur, Talence, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-916141-59-6
GENCOD : 9782916141596
Sorti le : 27/08/2010
Après avoir lu un roman de Marcel Aymé, Samuel Novolo décide de devenir passe-muraille : sa réussite est inespérée, au point que, non content de traverser le mur de son immeuble, il disparaît dans les entrailles de la Terre. Son frère Florian, obscur préposé aux photocopies dans une non moins obscure entreprise, décidé de partir à sa recherche jusqu'aux antipodes... Il n'est pas au bout de ses surprises. Le lecteur non plus.
Didier Pourquié annonce lui-même la couleur. Il n'a qu'une ambition : «écrire des romans qui ressemblent le moins possible aux précédents.» Chose promise, chose due. Après un road movie existentiel et un thriller horrifique à la Stephen King (Ficelles et Le jardin d'Ébène, tous deux parus aux éditions Confluences), il nous livre un... un quoi au juste ? Une méditation philosophique ? Oui, mais alors très drôle... ou bien une farce ? mais alors très sérieuse ! Ces Couilles de Dieu devraient ravir les inconditionnels du bon vieil Alphonse Allais aussi bien que les adorateurs du Mont analogue de René Daumal. Tantôt cocasse, tantôt amer, mais toujours échevelé, le récit entraîne son héros au-delà de la raison. Le merveilleux trophée que Florian ramène à sa belle, justifiant in extremis un titre énigmatique, ressemble à ce qu'il reste d'un rêve au petit matin : des images chatoyantes, des souvenirs brumeux, et un gigantesque point d'interrogation.
Certains romans nous transportent dans les lieux les plus improbables. Aventureux et drôles ils semblent nous égarer dans le seul but d'égayer une vie sans relief. Et puis, peu à peu en apprivoisant les étranges personnages d'un écrivain en liberté, on découvre que derrière le conteur se cache un philosophe, derrière les rires des questions Les couilles de Dieu est un roman d'aventure un roman de formation, un roman fou Il nous montre avec un charme rare que le réenchantement du monde est possible : en suivant son anti-héros, le très lisse Floran Novolo qui veut retrouver son frère, un passe-muraille pas encore diplômé, nous quittons l'univers du sens pour celui des multiples directions. Les couilles de Dieu affrontent le chaos, et c'est une splendide victoire.
Didier Pourquié est né en 1965 à Bazas, en Gironde. Agrégé de lettres modernes, il enseigne en classes préparatoires au lycée Gustave-Eiffel, à Bordeaux. Il est l'auteur de deux romans. Ficelles (Confluences, 2005) et Le Jardin d'ébène (Confluences. 2007). De lui-même il dit qu'il est «un garçon blond à la peau pâle, un être frêle et inquiet qui s'est toujours rêvé en éphèbe brun a la peau mate, doté d'une charpente solide et d'un esprit plein d'assurance. Il enseigne dans un lycée réputé pour ses brillants résultats et, selon la nuit qu'il p passée, se voit en imposteur ou en adjuvant incontournable des bonnes oeuvres de l'Éducation nationale.» Il prétend n'avoir qu'une ambition : «écrire des romans qui ressemblent le moins possible aux précédents.» Nous avions été très sensibles à l'intelligence narrative de ses premiers romans, à sa noirceur jamais caricaturale, à sa culture littéraire qui ne tombe jamais dans la référence encombrante. C'est dire si nous sommes enchantés que son nouveau roman vienne enrichir notre catalogue.
Quelques minutes avant que Floran Novolo ne sombre dans la mélancolie, son grand frère Samuel, après bien des efforts infructueux, devenait passe-muraille.
Samuel était un garçon méritant. Ses parents s'étaient endettés pour qu'il obtienne tous ses diplômes. Samuel devait devenir quelqu'un. Quelqu'un d'important, cela va sans dire : bâtonnier, appariteur ou juge des référés. On s'était fié à son sérieux et on n'avait pas été déçu. Samuel ne sortait pas avec les garçons et les filles, il ne perdait pas de temps dans les salles d'expositions, évitait les cinémas et ne lisait pas de romans. En revanche il était abonné à un quotidien très sérieux dont il parcourait minutieusement la première page. Cette vie austère, abnégative, avait porté ses fruits : bachelier à vingt-trois ans, titulaire d'une capacité en droit à vingt-neuf. Une irrésistible ascension. Mais un soir, contraint de revenir à pied de la faculté à cause d'une panne de tramway, il passa devant une librairie qui affichait une réédition des oeuvres de Marcel Aymé. Ce qui retint son fasse partager le bon sens dont elle était si cruellement dépourvue. On confia néanmoins à Floran Novolo la mission de s'informer. Il alla frapper à la porte de Samuel. Comme celui-ci n'ouvrait pas, il recommença. Les parents, inclinés tête contre tête, retenaient leur souffle. Dans le tuyau de sa pipe, le père sifflait des encouragements : Frappe plus fort, imbécile. Comment veux-tu qu'il t'entende ?
La mère aussi encourageait son fils : Ne cogne pas trop, mon petit. Attends un peu. Ne le bouscule pas.
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