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Des victimes sans défense, sans adresse, sans famille, sans attache... Autant dire des cibles rêvées pour un serial killer cruel et cynique... Un tueur énigmatique trucide les SDF qui campent sur le quai du canal Saint-Martin, reproduisant des rites barbares relatés par le professeur Samuel Goldberg dans son traité d'anthropologie. Étrange professeur que son destin a mené vers l'anonymat et la clochardisation. Talula, naufragée volontaire du quai de Valmy, se lance sur la piste du meurtrier avec l'aide du Minotaure, un ancien flic de choc reconverti dans le privé. Sur fond de recherches anthropologiques, s'entrechoquent passé et présent, ascendants et fratrie dans un tourbillon de violence et de haine.
Au fil de cette fiction très noire, Antoine Blocier expose le quotidien des exclus, leurs difficultés à survivre dans une société du chacun pour soi.
Les courts extraits de livres : 03/10/2010
Staline montra les crocs, avec une férocité telle que les militaires, plantés à l'entrée, cessèrent immédiatement d'importuner sa jeune et jolie maîtresse. Il en imposait, l'animal !
Avec Talula, ils formaient un étrange et inséparable duo. Elle le trimbalait partout où il lui était possible de s'évader de sa triste condition. Sans y suffire vraiment, l'alcool et toutes sortes d'autres substances plus ou moins licites l'y aidaient. Lorsque la situation lui échappait totalement, la protection de Staline s'avérait d'une redoutable efficacité. Il se postait alors devant la jeune fille et toute velléité hostile de l'importun s'évaporait comme par enchantement. Elle n'avait pas besoin de l'appeler, il était là, c'est tout.
Hors Talula, les milliers d'autres participants furent fouillés de la tête aux pieds. De toute façon elle n'avait rien sur elle. Pas folle la guêpe ! Pas plus qu'Arnaud, le grand échalas qui lui collait aux basques depuis une vingtaine de jours et l'avait accompagnée à cette seconde rave de l'été. Trois semaines ! Trop tôt pour démarrer une histoire de fesses avec ce bellâtre dégingandé qui promenait ses tatouages dans les squats de la capitale. Tant que Staline veillait, il ne se risquerait pas à la brusquer.
Elle l'avait suivi, en copine, opportunité de changer d'air et quitter provisoirement sa tente du quai de Valmy, cadeau de Médecins du monde aux sans-logis de la ville lumière, dont les ampoules grillaient une à une sans que quiconque songe à les changer.