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Auteur : Andrea Busfield
Traducteur : Hélène Collon
Date de saisie : 12/10/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Pocket, Paris, France
Collection : Pocket. Best, n° 14305
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 9782266200264
GENCOD : 9782266200264
Sorti le : 02/09/2010
Curieux, vif et intelligent, Fawad, onze ans, porte sur le monde un regard critique et amusé. Son père et son frère ont été tués pendant la guerre, et il vit à Kaboul avec sa mère qui se bat pour subvenir à leurs besoins. Tout change lorsque celle-ci trouve un emploi chez des expatriés qui acceptent de les loger. Fawad découvre alors tout le confort moderne et le comportement étrange des Occidentaux en observant ses hôtes, une joyeuse petite bande aux moeurs étranges. Surtout, il se lie d'amitié avec Géorgie, une Anglaise éblouissante qui travaille dans une ONG et qui vit une dangereuse histoire d'amour avec un chef de guerre afghan.
Une année au rythme de deux cultures, entre l'ombre des talibans et un cocon protecteur.
«(...) la lecture de ce roman, que le réalisme aurait pu rendre bien sombre, est vraiment un grand moment de plaisir.»
La Manche libre
Texte intégral
Je m'appelle Fawad, et ma mère dit que je suis né dans l'ombre des talibans.
Elle n'a pas précisé, alors moi, je l'imagine : elle fuit le soleil et va s'accroupir dans un coin sombre pour protéger son ventre, avec moi dedans ; à côté d'elle, un homme veut m'en faire sortir à coups de bâton.
Mais en grandissant, j'ai compris que je n'étais pas le seul à être né dans cette ombre. Il y avait mon cousin Jahid, par exemple, et aussi la petite Jamilla (c'est avec eux que je traquais les étrangers dans Chicken Street), sans oublier Spandi, mon meilleur ami. Tout petit, il s'est fait bouffer par des mouches des sables ; il a gardé une plaie pendant un an, qui a laissé une grosse tache sur sa joue. Mais il s'en fichait, et nous aussi. Pendant qu'on était à l'école, lui vendait du spand aux étrangers bien nourris - c'est d'ailleurs pour ça qu'on lui donnait ce surnom, parce qu'en fait il s'appelle Abdullah.
C'est vrai, on est tous nés au temps des talibans, mais comme je n'ai jamais entendu personne d'autre que ma mère dire qu'ils faisaient des ombres, je me dis que peut-être, si elle avait appris à écrire, elle serait devenue poète. Au lieu de ça, Allah a voulu qu'elle fasse le ménage chez les riches pour une poignée d'af, qu'elle cachait sous ses vêtements et gardait près d'elle la nuit. Elle râlait : «Il y a des voleurs partout», et sous le coup de la colère ses sourcils se rejoignaient.
Elle avait raison, évidemment. D'ailleurs, j'en faisais partie.
Sauf qu'à l'époque, nous, on ne considérait pas ça comme du vol. Jahid, qui s'y connaissait, appelait ça «redistribution morale des richesses».
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