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Auteur : Carlos Salem
Traducteur : Danielle Schramm
Date de saisie : 07/12/2010
Genre : Policiers
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Actes noirs
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 9782742792467
GENCOD : 9782742792467
Sorti le : 03/10/2010
"Tu aimes nager sans te mouiller". C'est ce que Numéro Trois répétait sans cesse à Juan.
Juan Perez Perez est un banal représentant de commerce en produits pharmaceutiques, un homme qui n'a rien de remarquable, son ex-femme le confirme. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : Juan gagne en fait sa vie comme tueur à gage. Et il est parmi les meilleurs. Aussi, lorsque son "Entreprise" l'envoie pour une mission de surveillance dans un camping de nudistes, qu'il y retrouve son ex-femme avec son nouvel amant (juge incorruptible), son meilleur ami d'enfance accompagné d'une bombe sexuelle aussi froide que dangereuse, qu'il fait la rencontre d'une jeune femme qui semble faite pour lui et un homme qui pourrait remplacer le père qu'il n'a jamais eu, il se dit que cela fait trop de coïncidences pour un seul homme... et il se pourrait bien que cette fois, Juan ait à se mouiller...
Carlos Salem mène son intrigue avec brio, emmenant le lecteur d'une hypothèse à l'autre, d'un soupçon à l'autre. On devine sans jamais être certain, on balance au rythme des doutes de Juan, en pleine remise en question. Car l'autre force de ce roman, ce sont ses personnages auxquels l'auteur donne une véritable épaisseur (charnelle et psychologique). Sans oublier la cocasserie des situations. Carlos Salem dit qu'il "écrit des histoires tristes qui font rire les lecteurs". Et c'est sans doute ce mélange (rire pour ne pas pleurer) qui fait de Nager sans se mouiller un livre à part.
Un excellent polar. Un excellent livre.
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Juanito Pérez Pérez, bientôt quadragénaire, timide et divorcé, est cadre supérieur dans une multinationale. Mais il est aussi Numéro Trois, un redoutable tueur à gages qui ne s'est jamais posé de questions sur son métier. Jusqu'à ce jour. Au cours des premières vacances qu'il passe seul avec ses enfants, il devra remplir un contrat de dernière minute : surveiller une future victime dans un camping de nudistes sur la côte sud de l'Espagne.
Là, Juanito/Numéro Trois va découvrir que rien n'est ce que l'on croit. Nu face à la vie et nu face à la mort, il rencontrera son ex-femme et son nouvel amoureux, un ami d'enfance à qui il a volé un et une jambe, un policier atypique qui a plusieurs fois croisé sa route, un rival au sein de sa propre Entreprise qui est peut-être là pour l'exécuter ainsi que sa famille, et une mystérieuse jeune fille qui va le pousser à affronter les dangers de l'amour.
Entre l'urgence de sauver les siens et le besoin de comprendre, le protagoniste sent que l'heure est arrivée de choisir qui il veut être, s'il survit. Et que, comme disait toujours son vieux maître, "il est impossible de nager sans se mouiller".
Carlos Salem est né en 1959 à Buenos Aires mais vit à Madrid depuis plus de vingt ans. Après Aller simple (Moisson rouge 2009 : Actes Sud, Babel noir 2010). Nager sans se mouiller est son deuxième roman.
Les miroirs de l'ascenseur nous répètent à l'infini et créent une multitude de clones à partir des quatre personnes qui l'occupent. C'est un ascenseur moderne, comme l'immeuble, et il y a un instant, quand nous sommes montés, l'homme au complet bleu et moi, au quatorzième étage, ces images m'ont rappelé un truc de fête foraine, un truc cruel, car, au lieu de nous déformer, l'excellente qualité optique des miroirs nous renvoie une parfaite image de nous-mêmes. Et ça fait mal.
Au douzième étage, la cabine s'est arrêtée et la femme et sa photocopie en réduction sont entrées, la même arrogance en deux tailles différentes. La Mère (parce que c'était une Mère avec majuscule) explique à sa fille ce qu'elle doit et ne doit pas faire quand elles viennent voir papa dans son bureau. Elle allonge le mot bureau après m'avoir regardé, car ce qu'elle voit confirme ma condition de sous-fifre probable du respectable papa. Elle voit un homme approchant de la quarantaine, moustache anachronique et cheveux plaqués pour cacher une éventuelle calvitie. Un homme un peu voûté, comme s'il attendait le prochain coup ou se remettait du dernier.
Pas pathétique.
Juste banal.
Un homme qui aurait pu être pas mal si au lieu de cette expression bovine et bonasse il avait montré un peu plus de fierté, une pointe d'ambition, une étincelle de gaieté.
Je porte un complet gris pas trop usé encore. En fait, je ne l'ai mis qu'une douzaine de fois. Mais on voit bien que, comme moi, il s'est prématurément affaissé. Pour cette raison, la Mère, qui s'écrie que la petite a oublié quelque chose dans le bureau de papa, me regarde comme si elle se disait que ma fatigue médiocre d'employé probable d'une de ces entreprises n'est rien en comparaison de ce que doit accomplir une Mère. Je n'entends pas ce qu'elle dit, mais l'homme au complet bleu, l'autre homme, hoche la tête d'un air chevaleresque et arrête l'ascenseur d'un geste qui dépend moins de son doigt sur le bouton, que de l'autorité qui en émane. Puis, il l'actionne à nouveau et nous remontons.
Il ne m'a pas consulté.
Ce n'est pas la peine.
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