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Auteur : Insa Sané
Date de saisie : 02/12/2010
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Ed. Sarbacane, Paris, France
Collection : Exprim'
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-84865-422-5
GENCOD : 9782848654225
Sorti le : 03/11/2010
C'est un curieux djinn qui a du se pencher sur le berceau d'Insa Sané. Le garçon est musicien, comédien, écrivain. Artiste à tout crin et avec quel brio. Un gars qui a du, môme, croquer du Hugo pour la chronique sociale, du Shakespeare pour la dramaturgie et une pointe de Queneau pour les mots.
L'écriture d'Insa Sané est chaloupée et rugueuse, ciselée et cadencée. Le phrasé est poétique et les mots ont la gouaille de Sarcelles. Une écriture qui vous harponne pour ne plus vous lâcher, qui vous entourloupe, obsédante comme une ritournelle, avant de vous laisser à terre, anéanti et comblé.
Sa comédie urbaine (débutée avec Sarcelles-Dakar, puis du Plomb dans le crane, Gueule de bois et aujourd'hui Daddy est mort) est multiple, engagée, foisonnante. Ses personnages, des gamins trop facilement estampillés «jeunes de banlieue», des couards, des barges, des braves, des fleurs de bitume cabossées qui rêvent d'une place au soleil à l'ombre des tours de béton.
Alors si vous n'avez jamais lu un roman d'Insa Sané, vous êtes sacrément en veine parce que ça vous fait quatre romans à dévorer (attention à l'addiction) et un écrivain talentueux à l'extrême à découvrir... alors souriez..."une histoire devrait toujours commencer par un sourire d'au moins trente deux dents. Un sourire comme seule la rue, au coin d'un de ses plis, peut t'en offrir parfois ".
(Et pour la bande son : écoutez Insa Sané et le Soul Slam Band et particulièrement "Immigrés")
1) Qui êtes-vous ? !
L'auteur.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La Commune de Paris au 21e siècle.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
" (...) Oui, une histoire devrait toujours commencer par un sourire d'au moins trente-deux dents. Un sourire comme seule la rue, au coin d'un de ses plis, peut t'en offrir parfois. "
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Strange fruit de Billie Holiday.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une aventure.
"À 20 ans, on est bête et méchant. À 20 ans, on ne s'imagine pas 20 ans plus tard, tu me le feras pas croire. Parfois, on rêve de carrosses, changer les baffes en caresses ; pour un J'te jure, je t'aime, on se déboutonne. Ouais, c'est l'amour monotone quand on a 20 printemps d'automne."
1995, Sarcelles. Tandis que Djiraël s'envole pour Dakar, son pote Daddy a du pain sur le bitume : à 20 ans, il va être père. Alors faut qu'il assure, et pour ça il a un plan... et un mystère à percer : l'identité de son géniteur. Un mystère qui va lui coûter la vie.
Sa mort provoque une impitoyable guerre de quartiers entre Parisiens et banlieusards, où Djiraël, à peine rentré de Dakar, est entraîné, avec toute sa bande de potes. Dans le clash se croisent histoires d'amour et serments d'amitié, cris de rage et larmes de joie... Tout ce qui nous tient vivants quand le quotidien nous fait la gueule.
Explosif, ogresque, détonant, un roman d'exception... comme toujours avec Insa Sané. La suite de Sarcelles-Dakar !
Insa Sané est écrivain, slameur et comédien. Daddy est mort... est le 4e volet de la «Comédie Urbaine» amorcée avec Sarcelles-Dakar, puis Du plomb dans le crâne et Gueule de bois, qui l'ont imposé comme un auteur majeur de sa génération.
Ceux qui ne connaissent pas encore Insa Sané ont beaucoup de chance. Ils ont devant eux le plaisir de la découverte des trois premiers volumes de son extraordinaire «comédie urbaine» : Sarcelles-Dakar, Du plomb dans le crâne et Gueule de bois. Les fans se réjouiront aussi : le quatrième épisode, Daddy est mort, qui vient de paraître, est encore meilleur...
Et l'on admire, une fois de plus, la beauté de la langue, son rythme, sa musique, cette manière si fertile de bousculer le français sous les coups de boutoir du vocabulaire des cités. On en sort comme d'une averse d'orage : lessivé et à neuf.
TONTON BLACK JACKET
(Feat. PAULINE)
Black Merda, That's The Way It Goes
À vrai dire, mon ami, je ne sais pas si ces événements se sont déroulés exactement de la manière dont je te les raconte ; peut-être que j'en rajoute ou peut-être que par pudeur, je ne t'en dis pas assez. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont bouleversé à jamais la vision du monde et le destin des personnages qui vont suivre. Ce qui est sûr aussi, c'est qu'une histoire devrait toujours commencer par un sourire d'au moins trente-deux dents. Un sourire comme seule la rue, au coin d'un de ses plis, peut t'en offrir parfois.
Comment ? Tu ne vois pas de quoi je parle ?... C'est que tu ne t'es jamais retrouvé, un jour sans fin d'automne, dans le métro parisien. T'es assis sur ton strapontin à compter le nombre d'arrêts qui te séparent de ta destination finale, en te demandant ce que tu peux bien foutre six pieds sous terre ; et soudain, quelqu'un, que tu ne connais pas, qui ne te connaît pas, t'offre une parenthèse de trente quenottes et plus. Tu le regardes, limite hébété. Tu te retournes, convaincu que ce présent ne t'était pas destiné. Seulement, si. C'est une spéciale dédicace. Et ça te fait tout drôle. L'espace d'une seconde, pour un instant seulement, tu te dis que la vie vaut la peine d'être vécue, même dans ce gouffre infernal. Parce qu'un sourire, c'est souvent tout ce qui nous tient vivant quand le quotidien nous fait la gueule.
Oh, oui ! Et tant pis si ces lèvres ne sont pas celles, pulpeuses, de la bimbo à forte poitrine dont t'as toujours rêvé ! Tant pis si ce type a la couleur du Tiers-Monde, ou bien celle du côté du périph' où tu ne mettras jamais les pieds, ou même le costume de l'enfoiré qui spécule à la bourse tes lendemains incertains ! Tant pis. Ce sourire, c'est le feu de cheminée d'un chalet solitaire. C'est une gourde enflée d'eau de source au milieu des dunes du Sahara. Ce sourire a quelque chose de si fort et plein que tu voudrais dire tu à ce quelqu'un ; parce qu'on dit «tu» à tous ceux qu'on aime. On dit «tu» à tous ceux qui s'aiment.
A vrai dire, l'ami... le sourire, c'est le vrai héros de cette histoire.
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