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Auteur : Maëlle Fierpied
Date de saisie : 15/11/2010
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France
Collection : Médium poche
Prix : 12.50 € / 81.99 F
ISBN : 9782211203197
GENCOD : 9782211203197
Sorti le : 05/11/2010
Il y a les penseurs et il y a les voleurs. Mélusine et Tristan sont des penseurs, ils peuvent lire dans les esprits. Framboise quant à elle, est une voleuse, ou plutôt, une télékinésiste. Isolés, ils sont victimes de leur don.
Mais grâces soient rendues aux puissances supérieures, l'Université Invisible recueille ces oisillons perdus et leur apprend à utiliser au mieux leurs capacités. Malheureusement, ce n'est jamais aussi simple...
Dans un premier temps, il y a la méthode de recrutement quelque peu sujette à caution : en effet, les enfants sont enlevés à leur famille à qui "on" efface soigneusement tout souvenir de leur existence. Même en les croisant dans la rue, leur propre mère ne les reconnaîtrait pas. Le cauchemar de tous les enfants !
Et au fil du roman, de semblables révélations viennent éclairer sous autre jour cette vénérable institution créée, assure-t-on aux enfants, dans l'unique but de les aider.
Mais qu'est ce qui a déclenché cette mystérieuse guerre ? Qui sont Dante, Averroès et Moustafa ou plutôt, que sont-ils ?
Le lecteur le découvrira au fil du livre, en suivant les aventures de Mélusine, Framboise et Tristan, trois jeunes gens aussi perdus que bien décidés à ne pas se laisser mener sans rien dire.
Roman très bien construit, ce livre, en plus de nous embarquer dans une folle aventure, montre combien il est important de toujours garder un esprit critique bien affûté !
Imaginez.
La tête des gens est pour vous comme une chambre dans laquelle vous vous promenez naturellement, au milieu de pensées secrètes et d'ogres aux dents de cisaille. Vous vous appelez Mélusine. Vous écoutez dans les têtes.
La malchance vous poursuit depuis votre naissance. Tout bascule sans cesse dans la poisse. D'ailleurs, vous venez d'être enlevée par un vampire. Votre prénom est Framboise. Vous savez déplacer les objets par la pensée.
Vous n'avez pas de famille, plus de mémoire. Votre terrain de jeu est une gare où vous dérobez les portefeuilles. On vous appelle Décembre, mais votre vrai prénom est Tristan. Vous êtes télépathe.
Arrêtez d'imaginer. L'Université invisible vient de vous kidnapper. Cette organisation secrète s'intéresse à vos dons uniques, magiques, terribles. Pour les perfectionner, elle vous embarque sur une île mystérieuse. Désormais, votre présent et votre avenir sont ici. Car, bientôt, dans le monde d'En Bas, plus personne ne se souviendra de vous.
Née en 1977, Maëlle Fierpied a passé son enfance en Normandie "au milieu des vaches et des pommes". Elle a fait des études de Lettres modernes et de sciences du langage. Pendant six ans, elle a travaillé dans une librairie jeunesse. Passionnée de langage, elle collectionne, dans de petits carnets, des mots rares et inconnus. Elle collectionne, amasse, emmagasine les mots et les idées de romans. Elle écrit en rêves puisque dans ces temps-là "tout s'éclaire". Et à ses heures perdues, elle aime pratiquer un hockey spécial : "J'ai beau paraître intellectuelle, je suis aussi une férue de hockey sur gazon."
Du plus loin qu'il m'en souvienne
De ma naissance, je ne me rappelle rien. Le trou noir. Mais du plus loin qu'il m'en souvienne, il me semble avoir grandi en symbiose avec maman. Ce que je garde en mémoire : maman était heureuse et je riais de bonheur, maman avait peur et j'allais me réfugier dans un coin de ma chambre.
Nous n'avions presque jamais échangé de paroles. Ce que je cherche à expliquer, c'est qu'on ne communiquait pas par la voix. Je grandissais imprégnée des sensations, des émotions de maman. Un amour qui n'avait pas besoin d'être dit puisqu'il était matériellement présent, comme une source de chaleur qui irradiait de maman... et de papa.
Il ne faut pas croire que je n'aimais pas mon père. Au contraire. Le lien qui nous unissait était simplement différent. J'avais grandi au sein de maman et je me sentais donc comme une extension d'elle-même. Si maman était la terre sur laquelle j'évoluais, papa était le soleil qui nous réchauffait toutes les deux. Il m'apportait un amour plus distant mais aussi profond que celui de maman.
Pourtant, au bout de trois ans d'une entente parfaite, un brusque changement s'opéra : maman commença à s'effacer tandis que papa ne dirigeait plus seulement ses rayons vers moi, mais vers cette autre chose qui prenait de la place au fil des mois et me bousculait pour s'interposer entre maman et moi. D'ailleurs, même son ventre en faisait les frais. Je ne pouvais plus me serrer contre elle sans rencontrer une bulle de peau qui ne cessait de gonfler et d'ériger une barrière entre moi et cet endroit si chaud entre ses deux seins où j'entendais battre son coeur.
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