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.. Apaiser la poussière

Couverture du livre Apaiser la poussière

Auteur : Tabish Khair

Traducteur : Blandine Longre

Date de saisie : 24/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : les Ed. du Sonneur, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-916136-29-5

GENCOD : 9782916136295

Sorti le : 15/10/2010

Embarqués dans un bus au coeur d'un État du nord de l'Inde, en compagnie du revêche et attentif conducteur Mandal Singh, plusieurs passagers vont être confrontés à un évènement inattendu.

Et ces vies que l'on suit dans leurs trajets, leurs passés, leurs pensées, sont autant de destins indiens pris dans l'engrenage du changement de la société contemporaine de ce pays.

Le texte est doux et sensible, la chute singulière et tellement indienne.

C'est un petit bijou.


  • Les présentations des éditeurs : 21/05/2011

Apaiser la poussière Mieux que les sahabs, les bibis ou les babus, c'était les domestiques qui connaissaient la disposition des deux maisons où j'ai grandi, leur géographie improvisée, leur histoire opaque, la multiplicité de leurs voix - celle du zénith, rideaux tirés, et celle du soir, embrumée. Car, davantage que leurs maîtres, les domestiques étaient les sages-femmes qui avaient donné naissance aux deux maisons berçant nos vies. Et toutes deux avaient grandi, puis s'étaient ratatinées avec eux. Pourtant, leurs propriétaires eux aussi les avaient soigneusement bâties : non seulement avec les matériaux dont ils disposaient, mais encore avec leurs rêves, leurs espoirs et leurs excentricités. Le souffle des maîtres, des maîtresses et des domestiques servait de piliers aux deux maisons qui avaient été notre chez-nous de l'enfance à l'adolescence ; comme le dit l'adage, on bâtit une maison avec des briques, mais un chez-soi avec du souffle. Je traverse l'une des maisons - la blanche - à pas prudents, feutrés. La poussière de mon histoire pèse lourdement sur l'endroit. Je ne veux pas troubler ces couches bien visibles de temps accumulé. Pour moi, cette maison sera toujours Ammi ké yahan. Chez Ammi. La maison d'Ammi. Bien qu'elle fût bâtie par son époux, mon grand-père.

Poète, romancier, journaliste, critique littéraire, Tabish Khair est professeur de littérature à l'université d'Aarhus, au Danemark. Né à Gaya, dans le Bihar en 1966, il a publié son premier recueil de poèmes, Where Parallel Lines Meet, en 2000 chez Penguin. Apaiser la poussière (The Bus Stopped) publié par Picador en 2004, est son premier roman. Il fut sélectionné pour le Encore Award, prix décerné par la Société britannique des Auteurs. Le deuxième, intitulé Filming : A Love Story, a paru chez le même éditeur en 2007. Harper Collins a publié en juin 2010 son nouveau recueil de poèmes, Man of Glass, ainsi que son troisième roman, The Thing about Thugs, qui se situe dans le Londres victorien. Il collabore régulièrement à divers journaux et magazines britanniques, américains, indiens, danois... tels The Guardian, Outlook India, Times of India, The Independent, The Wall Street Journal, etc.


  • Les courts extraits de livres : 21/05/2011

Mieux que les sahabs, les bibis ou les babus, c'était les domestiques qui connaissaient la disposition des deux maisons où j'ai grandi, leur géographie improvisée, leur histoire opaque, la multiplicité de leurs voix - celle du zénith, rideaux tirés, et celle du soir, embrumée. Car, davantage que leurs maîtres, les domestiques étaient les sages-femmes qui avaient donné naissance aux deux maisons berçant nos vies. Et toutes deux avaient grandi, puis s'étaient ratatinées avec eux.
Pourtant, leurs propriétaires eux aussi les avaient soigneusement bâties : non seulement avec les matériaux dont ils disposaient, mais encore avec leurs rêves, leurs espoirs et leurs excentricités. Le souffle des maîtres, des maîtresses et des domestiques servait de piliers aux deux maisons qui avaient été notre chez-nous de l'enfance à l'adolescence; comme le dit l'adage, on bâtit une maison avec des briques, mais un chez-soi avec du souffle.
Je traverse l'une des maisons - la blanche - à pas prudents, feutrés. La poussière de mon histoire pèse lourdement sur l'endroit. Je ne veux pas troubler ces couches bien visibles de temps accumulé. Pour moi, cette maison sera toujours Ammi ké yahan. Chez Ammi. La maison d'Ammi. Bien qu'elle fût bâtie par son époux, mon grand-père. Mais Ammi - la mère de mon père et de mes tantes, la «mère» de tous ses petits-enfants (contraignant nos mères véritables à se faire appeler amma ou mummy, des noms plus vagues) - Ammi, donc, prit la relève et réorganisa la maison au cours des années où nous y avons grandi, quand la maladie d'Alzheimer obligea son époux à vivre en chaise roulante, puis, après sept ans d'une existence comateuse, à être enterré dans le cimetière familial - un événement accueilli avec un chagrin sincère, et un soulagement qui ne le fut pas moins.


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