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.. Le bureau des objets trouvés

Couverture du livre Le bureau des objets trouvés

Auteur : Siegfried Lenz

Traducteur : Frédéric Weinmann

Date de saisie : 05/01/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Collection : Pavillons

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-221-10609-9

GENCOD : 9782221106099

Sorti le : 18/11/2010

Attention : ne surtout pas lire la quatrième de couverture qui a pris le parti de vous raconter ce qui se passe 20 pages avant la fin du livre !

... enfin, vous pouvez lire en vous arrêtant avant les quatre dernières lignes, mais ne gâchez pas votre plaisir à la lecture de cette histoire pas comme les autres !

Henry Neff, 24 ans, est heureux d'aller travailler au bureau des objets trouvés, lui qui aurait pu obtenir une place plus élevée dans le réseau des chemins de fer allemand grâce à son oncle. Mais on va tout de suite se rendre compte que la seule ambition de ce curieux jeune homme, c'est le bonheur tout simplement.

Ravi de retrouver le propriétaire d'une sacoche en peau de bête, il la restitue lui-même à son propriétaire, Fédor Lagutin, jeune mathématicien venu de l'Oural avec lequel il va rapidement se lier d'amitié.

Suivent le récit des débuts du jeune homme dans son métier, la description de ses relations avec sa soeur, avec Lagutin, avec ses collègues de travail, le tout avec un style original qui se lit comme un petit conte et donne à réfléchir aux relations humaines, l'air de rien...


Ah, le bureau des objets trouvés !
Voilà un titre qui m'a interpellée ! Ça ne vous a jamais fait fantasmer vous ce genre d'endroits : bureau des objets trouvés, archives, réserves et autres lieux qui pourraient receler tellement de trésors ? Oui, mais après le titre qu'est-ce qu'il y a dans ce livre ? La réponse est : un roman à la hauteur de ses promesses : une mine de trésors !
Henry Neff, jeune homme de vingt-quatre ans, se retrouve au bureau des objets trouvés d'une gare. Il a pourtant une famille bien placée qui pourrait lui ouvrir de nombreuses portes, mais Henry préfère une vie calme, sans ambition, sans véritable projet, envisageant même à un moment se mettre en "préretraite" ! Cependant, il réussi à faire de cette vie paisible une vie pleine de surprises, de rebondissements, de rencontres et de petites merveilles. Il faut dire qu'Henry est un homme plein d'imagination, créatif, curieux, parfois un peu candide, en tout cas émerveillé et étonné de tout ce qui l'entoure ! Il imagine à longueur de journée à qui peuvent appartenir les objets qui lui sont ramenés, comment ils ont pu être perdus. Et il met un point d'honneur à tenter de retrouver à tout prix les propriétaires de ces biens, l'amenant à faire des rencontres originales et notamment celle de Fédor Lagutin, chercheur en mathématique originaire de l'Oural invité en Allemagne pour participer à un séminaire. Cependant, si des personnes comme Henry sont ravies de rencontrer des étrangers, ce n'est pas le cas de tout le monde et Fédor va vite être confronté à des remarques ou des gestes hostiles voir haineux. Henry en constatant ces réactions prend conscience de la réalité de la nature humaine, ce qui le fera sortir de sa tranquillité cotonneuse.
Un roman riche et malgré la gravité de certains thèmes abordés, très léger et distrayant ! Vraiment original !


  • Les présentations des éditeurs : 27/01/2011

Henry Neff, vingt-quatre ans, veut vivre à la marge, ne pas s'impliquer. Refusant la belle carrière qui l'attend, il demande sa mutation au bureau des objets trouvés de la compagnie des chemins de fer. Le dépôt de la gare, encombré d'articles venus de tous les horizons ferroviaires, est pour Henry un merveilleux théâtre de l'imaginaire. S'improvisant metteur en scène, il invente mille saynètes avec les propriétaires désireux de récupérer leur bien. Bientôt, Henry se lie d'amitié avec l'un d'entre eux, un jeune chercheur en mathématiques originaire de l'Oural, Fédor Lagutin. D'une politesse exquise et d'une délicatesse extrême, Fédor ne connaît des conflits que les joutes intellectuelles entre savants. Lorsqu'il subit l'agression haineuse d'un groupe de motards et les commentaires racistes de ses voisins, il ne comprend pas. Blessé, il choisit de quitter l'Allemagne et de rentrer chez lui. La tranquillité aveugle d'Henry vole alors en éclats.

Siegfried Lenz naît le 17 mars 1926, en Prusse-Orientale, dans l'actuelle Pologne. À l'âge de treize ans, il est inscrit aux Jeunesses hitlériennes et, en 1943, il se voit contraint d'interrompre ses études pour s'engager dans la marine nationale. Sommé de participer à l'exécution d'un de ses camarades, il déserte et se réfugie au Danemark. À la fin de la guerre, il est fait prisonnier par les troupes d'occupation. Très vite libéré, il devient journaliste à Die Welt, alors contrôlé par les forces britanniques. Puis il se tourne vers l'écriture. La leçon d'Allemand, paru en Allemagne en 1968, le place d'emblée aux côtés des plus grands écrivains allemands. Aux éditions Robert Laffont, il a publié La Leçon d'allemand (collection «Pavillons», 1996 et 2001 ; «Pavillons poche», 2009), Le dernier bateau (collection «Pavillons», 2001 ; «Pavillons poche», 2011) et Une minute de silence (collection «Pavillons», 2009).


  • Les courts extraits de livres : 27/01/2011

Henry Neff avait enfin découvert le bureau des objets trouvés. Il entra gaiement dans le vestibule nu où se dressait un simple pupitre noir, posa le sac en toile dont les poignées enserraient une crosse de hockey, puis salua le vieil homme qui attendait devant une large fenêtre à guillotine et appuyait - apparemment pour la nième fois - sur un bouton de sonnette. Derrière la vitre, dans la profondeur d'une pièce qu'on ne faisait que deviner, un drôle de bruit métallique retentit. Le vibreur devait coincer de temps à autre et, ensuite, frapper le timbre de manière particulièrement rapide. Au bout d'un moment, des pas qui semblaient venir de très loin s'approchèrent. Le vieil homme, vêtu de couleur sombre, avec une cravate noire sur une chemise blanche, adressa à Henry un regard soulagé. Il remua les lèvres, comme s'il répétait des mots pour s'entraîner, tâta ses poches sans trouver ce qu'il cherchait et, au moment où une silhouette sombre surgit derrière la vitre en verre dépoli, se passa la main dans les cheveux et tira sur sa cravate.
La fenêtre s'ouvrit avec force et Henry aperçut pour la première fois Bussmann, Albert Bussmann, avec son visage renfrogné et son bleu de travail trop large, plein de taches, qui semblait flotter autour de lui lorsqu'il faisait certains mouvements. Sur un regard interrogateur de l'employé, Henry désigna le vieil homme - ce monsieur était avant moi -, s'appuya contre le pupitre et observa avec une curiosité ravie une négociation semblable à toutes celles qu'il mènerait sans doute bientôt lui-même - il avait presque l'impression de devoir assister, juste avant son entretien d'embauché, à une séance de travaux pratiques.
Le vieil homme déclara avoir perdu son porte-monnaie à la gare, au guichet, un porte-monnaie marron au cuir usagé et déjà un peu fendillé. Bussmann hochait la tête avec indifférence. De toute évidence, il s'agissait pour lui d'une perte quelconque. Il demanda à peine quelques précisions. Simplement, il ne quittait pas des yeux les mains du vieil homme. Puis il se retourna sans un mot et se dirigea vers une armoire métallique, l'armoire des objets de valeur, qu'il ouvrit au moyen de deux clés. Par-dessus son épaule, Henry le vit s'affairer, prendre quelque chose, le tripoter, puis le reposer avant de se décider finalement pour un objet qu'il glissa dans la grande poche de son bleu de travail. Il se garda bien de montrer s'il avait trouvé le porte-monnaie disparu et demanda juste quel monogramme il présentait. Surpris, le vieil homme demanda en retour :
- Un monogramme ? Quel genre de monogramme ?


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