Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Heinrich Steinfest
Traducteur : Corinna Gepner
Date de saisie : 06/03/2011
Genre : Policiers
Editeur : Carnets nord, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 9782355360473
GENCOD : 9782355360473
Sorti le : 05/01/2011
Un cadavre est découvert dans une piscine au 28ème étage d'une résidence viennoise : déchiqueté, une jambe arrachée, l'homme semble avoir été victime d'une attaque de requins. Mais pas de quoi bouleverser l'inspecteur principal Richard Lukastic : une explication logique devrait bientôt dissiper ce qui apparaît comme un mystère irrationnel.
Solitaire, négligent dans l'enquête, hautain avec les subalternes, énigmatique et cachottier avec ses supérieurs, mais attentif au détail révélateur, musicologue et amateur du philosophe Wittgenstein, la personnalité de l'inspecteur est une des plus singulières de la littérature policière.
J'ai hésité, longtemps, je savais bien que ce serait un piège.
Je l'ai savouré, je dis bien savouré car certaines pages méritaient relecture. En effet, avec Heinrich Steinfest (que nous découvrons après l'Allemagne), il faut s'attendre à philosopher en même temps que de découvrir un polar pas comme les autres.
Comment peut-on imaginer qu'un "requin d'eau douce" tue un homme ?... en plein Vienne ?... sur un toit au 6ème étage ? !
Ce flic est étrange, philosophe, mais on s'attache à ses basques et on ne le lâche plus.
Retrouver un corps nu dans une piscine à Vienne est exceptionnelle, mais quand ce corps est déchiqueté et présente de nombreuses traces de morsures de requin, cela devient extraordinaire ! Seul indice, une prothèse auditive est retrouvée au fond de la piscine mais évidemment aucune trace du requin ! L'inspecteur Richard Lukastik n'apprécie guère la plaisanterie et prend en charge l'enquête. Cet enquêteur n'est guère apprécié de ses collègues et de sa hiérarchie, et seul son professionnalisme et ses résultats le sauvent. Autoritaire, solitaire, amoureux de sa soeur et du philosophe Wittgenstein (un de ses livres ne le quitte jamais), sûr de lui, cet homme au franc parler est bourré de certitudes et d'habitudes qu'il se refuse d'abandonner mais face à un requin, restera-t-il de marbre ? Le roman est à l'image de Lukastik, entre des dialogues vifs, ironiques, à l'humour grinçant, de nombreuses digressions complètent une intrigue particulièrement bien ficelée et originale.
Un corps flotte dans une piscine au vingt-huitième étage d'un immeuble viennois : déchiqueté et unijambiste. Une minuscule prothèse auditive gît au fond du bassin. Aucune piste sérieuse en vue. L'homme aurait été tué par un requin, ce qui ressemble plutôt à une mauvaise plaisanterie. Richard Lukastik, de la police de Vienne, prend les choses en mains. À 47 ans, l'inspecteur passe pour antipathique mais irréprochable, retors et fou. Il se déplace en Ford Mustang or mat, n'écrase jamais ses cigarettes, dîne chaque soir d'une soupe chez ses parents, n'utilise pas de gants au sens propre comme au figuré, admire le philosophe Ludwig Wittgenstein dont il a toujours un livre en poche qu'il ouvre à l'occasion à n'importe quelle page pour trouver un sens à sa journée.L'enquête est à l'image de celui qui la mène : mordante et dubitative.
Né en Australie en 1961, d'origine autrichienne mais vivant à Stuttgart Heinrich Steinfest est considéré outre-Rhin comme un auteur culte, trois fois lauréat du prix du roman policier allemand.
Né en Australie en 1961, d'origine autrichienne mais vivant à Stuttgart, Heinrich Steinfest est considéré outre-Rhin comme un auteur culte, quatre fois lauréat du prix du roman policier en Allemagne (le dernier étant son livre Mariaschwartz paru en 2008). Nervöse Fische (Requins d'eau douce) s'est vendu en Allemagne à 50 000 exemplaires.
C'est donc ce Lukastik, adorateur du Tractatus de Wittgenstein, qui file un requin pour découvrir un Figaro chez qui Hölderlin pourrait bien faire office de gâchette. Rien compris ? Normal. Ça ne se raconte pas, ça se lit, absolument, pour la fulgurance des idées de cet Autrichien nommé "le Thomas Bernhard du polar", pour la qualité littéraire et l'ironie jubilatoire des digressions.
L'homme qui était le chef leva les yeux vers le ciel. Pendant trente secondes et plus, il contempla les lourds nuages gris, leur pourtour changeant, l'étirement de petits bras et de tentacules qui s'évanouissaient aussitôt ou se détachaient pour mener, l'espace d'un instant, une existence autonome.
Avec les nuages était venu un vent frais qui soulageait la ville après quinze jours de chaleur - comme un inhalateur d'oxygène soulage celui qui étouffe. Ce matin-là, c'était une armée de ressuscites qui se rendait au travail. Une ardeur incroyable, un élan puissant allait marquer tous les faits et gestes du jour. Jour qui diviserait ce mois de juillet torride en un avant et un après. Le lendemain, en effet, allait débuter une nouvelle période de canicule, qui replongerait tout le monde dans un état d'abrutissement, mouvements au ralenti, pensées à moitié pensées.
Mais en ce jour qui avait vu le soleil se lever voilà trois heures, une fraîcheur claire et vivifiante pénétrait les cerveaux. La plupart des gens en étaient conduits à comparer leurs cogitations à une chaussure à lacet, laquelle ne montre son utilité qu'une fois lacée. Lacer une chaussure : un geste qui peut être facile ou pas.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia