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Auteur : Jacques Morin
Date de saisie : 05/12/2010
Genre : Poésie
Editeur : Rhubarbe, Auxerre, France
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 9782916597362
GENCOD : 9782916597362
Sorti le : 25/11/2010
Près de 40 ans de revuisme avec Le Désespoir précisément, Le Crayon noir ou Décharge font de Jacmo une espèce de monument de la poésie française du tournant du siècle. Jacmo, c'est un personnage, presque une fiction à lui tout seul et nul ne sait bien qui il est, de quoi il vit, sinon de poésie.
Jacques Morin, qui le connaît bien, retrace ici cette épopée, sous la forme faussement rigoureuse mais délibérément décousue du dictionnaire. On y retrouvera des noms parfois oubliés mais aussi beaucoup de ceux qui tiennent aujourd'hui le haut du pavé littéraire et qui ont un jour fait leurs premières armes dans Décharge. On s'y coltinera avec le papier kraft qui passe mal en photocopie couleur, l'encre qui devient visqueuse par temps de canicule, les enveloppes à affranchir, les salons à fréquenter, les plaquettes à changer et les abonnés qui rongent leur frein en attendant le prochain numéro. Et surtout, on y lira de la poésie, urbaine, bucolique, désenchantée ou enchanteresse, revendicative ou vindicative, mais toujours sans rimes ni autre raison que d'approcher un peu le coeur des mots, là où ça vit, palpite et crépite.
Et pour finir, Jacmo vous offre son anthologie personnelle de 33 poètes contemporains.
«...L'époque est à des trouducuteries avec des poils autour. C'est comme ça parfait. Vive donc la merde. Et vous, de la Capitale, rédacteur en chef d'une si énorme littéraire revue, vous connu et reconnu d'Albi à Pigalle, vous des Ets Jean Passe Et Desmeilleurs, voilà que vous venez promettre gloire, fortune, et femmes faciles à moi plumitif primitif ! Dieu existe bien donc bordel ! Et les femmes aussi ! faciles, j'ai dit, si possible....» Pierre Autin-Grenier, septembre 1987
Auteur d'une vingtaine de recueils de poésie et de chroniques, Jacques Morin avait 18 ans en 1968. Quelques années plus tard, dans l'effervescence revuistique d'une cuisine, ou peut-être d'un bar de Saint-Germain-des-Prés, il rencontrait Jacmo. Ils ne se sont plus quittés.
ARBRES
Compagnons immobiles
On a de l'admiration
la tendresse
commisération
Ils plantent leurs racines dans la mort
seringues ténèbres
Ils quêtent leur accomplissement au ciel
C'est le grand écart tellurique/éthéré
On les aime tellement qu'on les embrasse
jusqu'à ce que leur tronc excède la tournure
ronds de sang dans l'aubier
Ce sont nos repères englués aux trottoirs
Prostrés dans les campagnes
D'arbrisseaux à ventis on les suit
Par la tempête abattus les oublie
Leur langue de bois polie par le vent
On écoute sans fin leur parole orpheline
Flammes ils embrasent les chairs
sèchent les corps cercueils
On aime leur rectitude leur noblesse
Quand tourne farandole
Chaque arbre cache sa forêt intérieure
Et le poète au soir recueille ses feuilles
Défaites
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