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Auteur : Füruzan
Illustrateur : Sébastien Pignon
Traducteur : Elif Deniz | Pierre Vincent
Date de saisie : 15/12/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France
Collection : D'un lieu l'autre
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782358480086
GENCOD : 9782358480086
Sorti le : 17/11/2010
Dès la parution à Istanbul en 1971, de son premier recueil, Pensionnaire d'État, aussitôt couronné par le prestigieux Prix Sait Faik, la critique salue «l'événement Füruzan», autrement dit le surgissement d'une nouvelliste-née. Pourtant, Füruzan ne fait que «raconter à voix basse les petites aventures des petites gens».
Mais il y a son pointillisme dépourvu d'effets, son art de suggérer, sa langue aux registres étendus qui disent l'origine de ses personnages. Une langue portée par des voix intérieures, généralement de femmes, qui n'ont souvent que la langue pour maison. On entend une palpitation, une mélancolie. On entre dans l'intimité de la Turquie moderne. On découvre un écrivain singulier, et majeur.
Füruzan qui vit à Istanbul où elle est née, est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de romans. Elle a également signé des essais, des pièces de théâtre, un recueil de poésies et un film. Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits dans différentes langues. Seules certaines de ses nouvelles avaient été jusqu'ici traduites en français..
Extrait de la présentation
«L'événement Füruzan»
En 1971 paraît le premier livre de la jeune Füruzan, Pensionnaire d'État. C'est un recueil de nouvelles. Certes, Sait Faik et quelques autres auteurs de la modernité littéraire turque ont, à partir des années 40, ouvert la voie au genre de la nouvelle. Mais c'est la poésie qui recueille le plus grand écho, avec, pour figures de proue, Nâzim Hikmet et, moins traduit en Occident, Orhan Veli. De son côté, Yasar Kemal publie ses fresques épiques qui, en même temps que ses fameux reportages, disent la vie des humbles et trouvent un large public. Et le roman à la manière occidentale trace un sillon qui ne cessera de s'élargir. Aussi un recueil de nouvelles, dû qui plus est à une femme inconnue, a-t-il peu de chances, d'emblée, d'attirer l'attention.
Pourtant, un critique littéraire salue «l'événement Füruzan» peu après la sortie de Pensionnaire d'État, que couronne de surcroît aussitôt le Prix Sait Faik, déjà prestigieux, de la nouvelle.
«C'est un fait d'autant plus inhabituel que Füruzan ne parle pas de choses extraordinaires, notait l'écrivain et critique Tahsin Yücel dans un livre qui lui a été récemment consacré. Au contraire, elle raconte à voix basse les petites aventures des petites gens en s'adressant uniquement à vous.» Mais il y a son style, enchaîne-t-il : «Sa nouvelle donne parfois l'impression de ne former qu'une seule phrase.» Un style pointilliste dépourvu d'effets et de ruptures, des phrases courtes, des retours à la ligne incessants, le verbe être omniprésent, un art de suggérer par touches, jamais de démontrer. Prennent ainsi corps des personnages marginaux ou déclassés, surtout féminins, souvent jeunes. Et moins des événements que des situations, des instants plutôt, on entend une palpitation, une petite musique, mélancolique.
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